SCENE XVIli
les mêmes, TURCATI, MOREL.
TURC ATI , s' élançant et répondant en face au lieutenant criminel. (Test moi.
FAVRAS, TALON, Mme DE FAVRAS, aparté
Torcati !
LE LIEUTENANT CRIMINEL
Soldats , qu'on l'arrête!
turcati, insolemment.
On ne m'arrêtera pas !
MOREL
Ce serait très-imprudent. ( Montrant les croisées. )I1 y a de ce côté trente mille personnes, hommes et femmes, et Dieu sait quelles femmes! La voix forte, et la barbe au menton. . . On ne m'arrêtera pas, on n'a pas le droit de m'arrêter. Je viens faire des déclarations importantes et nouvelles au tribunal.
LE LIEUTENANT CRIMINEL
Il est trop tard.
TALON
Les débats sont fermés.
TURCATI.
On les r'ouvrira.
TALON
Je m'y oppose; nous céderions à la violence. La justice doit être libre.
TURCATI.
La justice doit être juste.
( Mouvement parmi les j tiges. )
Mme DE FAVRAS.
Messieurs, cet homme est notre ennemi; il vient calomnier jusqu'en votre-présence. . .
TURCATI.
Je viens avec des preuves , preuves irrécusables; et je consens à être traité en effet comme un calomniateur, si je ne dis pas la vérité.
MOREL
Moi de même. On ne peut pas être plus loyal- il n'y a pas de faute d'orthographe là-dedans.
TALON
Encore une fois , les débats sont clos; nou6 ue devons entendre personne.
( Grand h uit dehors , agitation parmi les juges. )
TtTRCATI.
Tenez, tenez , e'coutez. Le peuple ne vent pas être dupe de la complaisance des gens de robe pour la noblesse.
LE LIEUTENANT CRIMINEL , se levant.
Insolent! {Les juges V imitent.)
Mme DE FAVRAS , à part.
O mon dieu ! mon dieu !
TALON
Et nous souffrons qu'on nous insulte ainsi dans l'exercice de nos fonctions! ( A Me fdamot.) Appelez le commandant de la force armée !
turcati , s' élançant à la fenêtre , et s' adressant au peuple , que l'on voit attroupé sur le quai.
Citoyens, on rejette mon témoiguage; le tribunal prévariqne.
( Grand tumulte dehors ; on entend crier ; A mort Favras! à mort le Châtelet ! )
MOREL
La! faites donc arrêter, à présent!
TURCATi , toujours à la fenêtre.
Ou me menace de la prison, parce que j'offre des lumières pour qu'on juge selon la justice et la vérité.
Le scélérat !
VOIX, dehors.
A bas le Cbâtelelet! h mort Favras! à mort! à mort! à la lanterne!
Mme DE FAVRAS , à part.
Nous sommes perdus ! ( Elle tomba dans les bras de son mari. ) Ah! mon ami!
TURCATI, aux juges , avec effronterie.
Maintenant , Messieurs , je ne vous interromps plus ; prononcez votre sentence.
( Moment de silence; LES JUGES se concertent.)
( r7) tE lieutenant criminel , agitant sa sonnette* Reprenez vos places, Messieurs.
( les juges se rasseoient) turcati , bas à Mord.
Ah! ah! qu'est-ce qu'ils vont faire?
le lieutenant criminel.
Le tribunal , sans s'arrêter à l'inconvenance et au manque de respect dont il vient d'être usé à son e'gard , voulant surtout connaître la ve'rilé , et assurer le triomphe de la justice, ordonne que quiconque prétend avoir de nouvelles lumières à lui donner sur l'accusation portée contre Thomas Mahi , marquis de Favras, sera entendu séance tenante.
Mais, Messieurs, c'est violer toutes les règles , tons les usages reçus. Je proteste de toutes mes forces. . .
( Le tumulte du dehors couvre sa voix- )