‹ Favras; épisode de 1789, en trois actes;Chapitre 39 sur 53 · M8 HAMOT · texte numérisé non relu

M8 HAMOT

La garde nationale ! Nous sommes sauvés, et force restera à la loi !

( Murmures des séditieux qui sont obliges de renoncer à leur

dessein. )

THÉROIGNE

La garde nationale n'en fait jamais d'autre*,.

MOREL

C'est vrai j on ne peut pas avoir un moment de satisfaction avec elle. ( Le lieutenant criminel se couvre. )

Me HAMOT.

Silence ! silence! laissez prononcer le jugement. LE LIEUTENANT CRIMINEL, couvert , et après (/ue les juges se sont assis.

« De par le Roi : le Châtelet de Paris , légalement assemblé » en sa chambre criminelle , déclare Thomas Mahi , marquis > de Kavras. . . »

Ecoutez.

Mme DE FAVRAS , à part.

Mon dieu!

LE lieutenant criminel, continuant d'une voix altérée.

« Atteint et convaincu du crime de haute trahison. . . En ré- » paralion de quoi, ladite Chamhre le condamne à faire amende » honorable à la porte de la Cathe'drale, en chemise , pieds » nuds , et portant en la main droite une torche de cire » jaune. . . *

Mma DE FAVRAS , pâlissant.

Ah!

LE lieutenant criminel , d'une voix plus émue encore.

« A être de là conduit en Grève et attache' à un gibet dressé » à cet effet. . . jusqu'à ce que mort s'en suive. »

Mmo DE FAVRAS.

La mort! quoi , la mort à un innocent!

J'accepte votre arrrê£, Messieurs... et je le subirai avec résignation, puisque vous le croyez utile au bonheur et à In tranquillité de mon pays; mais je ne suis point coupable. Que Dieu et votre conscience vous pardonnent comme je le fais moi-même !

Mme DE favras, se jetant dans ses bras.

Ah! mon ami, mon ami!... Quoi! je vous verrais mourir!. . .

FAVRAS, la pressant dans ses bras avec la plus vive tendresse. / O vous, qui avez fait tout mon bonheur. . . toute ma consolation en cette v'r ' . . . il en est une autre où nous nous reverrons ! "Votre souvenir, votre image chérie me suivront jusqu'au moment fatal. { Pleurant malgré lui. ) Eloignez-vous de cette scène d'horreur. Votre vue pourrait m'affaiblir. . . et j'aurai besoin de tout mon courage. . . Adieu. . .

Mme DE FAVRAS.

Je ne vous quitte pas. . . Non , jamais, jamais!. . .

FAVRAS , sanglottant.

Il le faut! il le faut!... Adieu!

( /iprès l'avoir de nouveau embrassée , il se n.ctà la disposition de DEUX GARDES de la maréchaussée qui se sont avancés. )

Mme de favras , av ec désespoir.

' Mon dieu! mon dieu! Arrêtez! je veux le suivre, je veux

qu'on m'assassine avec lui ! ■ ( On emmène Favras. )

LE peuple , insultant Favras qui garde sa digirité.

Bravo! bravo!

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