CHAPITRE VI
La Scottisch Wholesale Society limited fut enregistrée au mois d’avril 1868, son siège social était à Glascow.
1» Composition de la Wholesale écossaise.
Dans l’ensemble de son ossature, la Wholesale de Glascow ressemble beaucoup à la Fédération de Manchester, la Wholesale écossaise a été tout naturellement bâtie sur le cadre de la Fédération anglaise.
1er élément : Les sociétés coopératives. — La Wholesale anglaise ne se compose en réalité que des sociélés coopératives qui ont sollicité leur adhésion. La Wholesale écossaise comprend au contraire une double catégorie de sociétaires, elle admet pour membres toutes les sociélés enregistrées par le Registrar general, conformément aux acts de 1862 et 1876 ; ces sociétés doivent en outre ne pas vendre de boissons enivrantes, elles sont obligées d’indiquer le nombre de leurs membres et de transmettre à la Wholesale leur bilan et leurs rapports annuels (1). Les sociétés adhérentes sont actuellement au nombre de 282.
2e élément : Les employés. — A côté de cet élément, en quelque sorte normal, se trouve un élément actionnaire plus flottant, moins classique ; tout employé de la Fédération âgé de plus de 21 ans, est admis à souscrire des obligations fédérales et à prendre part à l’administration et à la direction de la société dans une mesure qui reste à déterminer (2).
La présence de ces employés sociétaires ne s’explique que par l’attitude si favorable, que la Wholesale a prise à l’égard des idées corporatives ; l’idéal qui l’inspire, est celui de la copropriété ouvrière, ou copartnership System , et à défaut, celui de la participation aux bénéfices. Le but est d’associer
(\) Jahrbuch des Verbands schweizer. Konsumvereine für 1905, p. 65.
(2) Levetus, Rev. d'Econ. politique, 1898, p. 282.
ÉCOSSE
les employés de la société, le plus étroitement possible à la direction et à la propriété delà Wholesale. Nous aurons à apprécier cette tendance dans la partie critique de notre étude.
La Wholesale comptait 5.095 ouvriers en 1904, 367 seulement d'entre eux étaient actionnaires, le nombre des employés sociétaires demeure très restreint, il est cependant supérieur à celui des coopératives affiliées qui étaient au nombre de 282 en 1906 (1). Mais la valeur des obligations souscrites par eux est incomparablement plus faible que celle des obligations souscrites par les sociétés coopératives.
Droit de vote des sociétaires. — Une différence essentielle doit être relevée dans l’attribution du nombre de voix que les deux Wholesales anglaise et écossaise accordent à leurs sociétaires. La Wholesale anglaise attribue aux sociétés adhérentes un droit de vote exactement proportionnel au nombre de leurs membres ; au contraire, la Wholesale d’Ecosse accorde aux sociétés affiliées un droit de vote à peu près proportionnel à l’importance de leurs achats à la Wholesale (2). Chaque société a en qualité de membres, droit à un suffrage ; de plus elle a droit à un deuxième suffrage, si elle achète au moins pour 25.000 francs de marchandises à la Wholesale, enfin elle obtient un suffrage supplémentaire, chaque fois quelle dépense 50.000 francs auprès de la Wholesale, en sus de la somme déjà considérée.
L’attribution du nombre des voix est pour chaque société exactement proportionnelle à l’importance de ses achats, au delà de 75.000 francs d'achats annuels.
Dans la Wholesale écossaise, il n’existe absolument aucune relation entre le droit de vote de chaque société et le nombre des parts prises par elle ou le nombre de ses membres.
(1) Catherine Webb, p. 119. Voir notre statistique n° 2, page 75.
(2) Jahrbuch für 1905, ibid., p. 66.
Toutefois le procédé employé par le magasin de gros de Glascow aboutit assez sensiblement au même résultat que le procédé de la Wholesale anglaise.
Il est vraisemblable en effet que les sociétés coopératives les plus nombreuses sont celles qui réalisent les plus forts achats à la Fédération. Au demeurant le procédé du magasin de gros de Glascow est plus logique que celui de la Wholesale anglaise ; il est rationnel que l’influence de chaque société sur la Fédération soit proportionnelle à l’intérêt que cette société lui porte, c’est-à-dire au montant de ses achats auprès de la Fédération.
Les employés sociétaires jouissent d’un droit de représentation atrophié, ils envoyent un délégué à l’assemblée générale, de plus ils ont le droit de déléguer un représentant aux assemblées trimestrielles à raison de 150 employés sociétaires, 208 employés en 1897, 367 employés en 1904 étaient sociétaires, ils se faisaient donc représenter aux réunions trimestrielles par trois ou quatre délégués seulement (1).
2° Administration de la Wholesale .
L’administration de la Wholesale est confiée à un conseil d’ administration de 12 membres, élus par les sociétaires de la Fédération ; ils sont tenus de consacrer tout leur temps à l’administration de la société. Les sociétaires de la Fédération de Glasgow, comme ceux de Manchester, tiennent une assemblée générale tous les 3 mois, pour examiner la gestion des directeurs ; le vote par procuration et la délégation sont admis. Comme en toute Fédération coopérative, l’autorité souveraine appartient aux membres de la société, réunis en assemblée générale (2).
Autrefois, c’étaient les sociétés elles-mêmes, et non les individus, qui étaient élus au conseil d’administration ; Edim-
(1) Catherine Webb, p. 119.
(2) Congrès de Cremone, 1907, p. 88.
ÉCOSSE
bourg était élu contrôleur, Arbroath et Dundee, directeurs, le choix des individus était réservé aux membres de la société désignée. Ce système constituait une tentative indirecte de représentation régionale (1).
Ce système a été modifié ; aujourd’hui, tous les commissaires sont élus par les délégués, en assemblée trimestrielle, le président et le secrétaire du conseil sont même désignés directement par les assemblées trimestrielles.
3° Le capital de la Wholesale écossaise.
Le capital social est souscrit par les deux catégories différentes de sociétaires ; par les sociétés adhérentes, par ceux des employés de la Wholesale, qui ont demandé leur affiliation à la société.
a) Souscription des sociétés affiliées. — Les coopératives adhérentes sont obligées de souscrire autant d’obligations (2) qu’elles comptent elles-mêmes de membres ; chacune de ces parts sociales est de 20 shillings, soit 25 francs.
Chaque société doit tenir constamment sa souscription au niveau de son effectif. La règle est tout à fait la même en Ecosse qu’en Angleterre, la proportionnalité la plus exacte est établie entre le nombre des obligations souscrites et le nombre des membres, que comprend la société affiliée ; le montant de la souscription par membre de la coopérative affiliée est le même dans ces deux pays, une £, soit 25 fr. 22 ; la Fédération anglaise a en effet adopté en 1904 ce taux de souscription, imitant à 10 ans d’intervalle l’exemple donné par la Fédération écossaise. —
Une aussi lourde obligation n’est acceptable que dans un pays de coopération très intense, elle est la marque certaine d’un développement coopératif tout à fait remarquable.
(1) Béatrice Potter, p. 120.
(2) Sur l'emploi de ce terme « obligations », voir la note de la page 111.
L’Ecosse est effectivement le pays du globe le plus « coopératisé », il n’est aucun pays du monde qui compte un aussi grand nombre de coopérateurs que l’Ecosse, par rapport à sa population générale.
A chaque souscription d’une obligation d’une £, un versement de 1 shilling est immédiatement exigé, les bonis afférents à chaque société commencent par être employés à parfaire le montant des obligations qui ne sont pas encore intégralement payées, les obligations versées rapportent 5 0/0 d’intérêt.
Les sociétés adhérentes ont souscrit autant d’obligations de la Wholesale qu’elles comptent elles-mêmes de membres ; 365.907 obligations de une £ avaient été souscrites par les coopératives écossaises à la fin de 1906.
b) Souscription des employés sociétaires. — Les employés de la Wholesale ont été admis, à partir de 1895, à devenir sociétaires de la Wholesale (1). Tout employé de la société, majeur de 21 ans, désirant devenir sociétaire est admis à souscrire au moins 5 et au plus 50 obligations de 20 shillings chacune, le capital exigé de chacun d’eux est au minimum de 125 francs. Le nombre de ces employés sociétaires a subi une augmentation très lente, ils étaient au nombre de 208, dès 1897, 2 ans après l’institution du régime nouveau ; leur nombre ne s’élevait qu’à 367, 7 ans après ; 367 ouvriers seulement parmi les 5.095 qu’employait la Fédération en 1904’ avaient adhéré à la Wholesale (2).
Cependant, la croissance du nombre de parts souscrites par eux est un peu plus rapide, ces parts étaient au nombre de 3.099, 6.481 et 12.863, à la fin de 1895, 1900 et 1906, leur valeur globale a quadruplé en 10 ans (1895 1905), cependant elles ne constituent qu’une part infime du capital total ; à la
(1) Jahrbuch des Verbands schweizer. Konsumwereine für 1905, p. 65.
(2) Catherine Webb, p. 119.
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même date, les coopératives ne s’étaient pas rendues acquéreurs de moins de 365.907 obligations.
Ces employés sociétaires ne constituent que des actionnaires tout à fait incomplets ; leur droit de vote est en effet des plus restreints, les 400 employés sociétaires que compte actuellement la Fédération, ne délèguent que 4 représentants aux assemblées générales de la société.
Les sociétés affiliées qui sont au nombre de 280 seulement disposent de la quasi-unanimité des suffrages ; les employés dits actionnaires de la Wholesale jouent donc beaucoup plutôt le rôle de bailleurs de fond que celui de sociétaires véritables, propriétaires et directeurs de la société.
Répartition des bénéfices. — La participation aux bénéfices des ouvriers et employés. — Dans l’ensemble, les différences que nous avons exposées entre les Fédérations anglaise et écossaise ne sont pas très conséquentes ; l’opposition la plus nette que l’on peut établir entre ces deux sociétés se rencontre dans le régime de répartition des bénéfices adopté par les deux Fédérations.
Contrairement à la pratique de la Fédération anglaise, la Wholesale écossaise a introduit la participation aux bénéfices dans ses statuts, dès 1870 — 2 ans seulement après la fondation de la Wholesale, — trois systèmes différents ont été tour à tour en usage (1).
a ) De 1870 à 1884, chaque employé de la Fédération avait droit à se faire payer sur le montant de son salaire, un boni double de celui qu’obtenaient les sociétés clientes sur le montant de leurs achats. En d’autres termes, les bénéfices étaient uniformément répartis entre le montant des ventes totales et le montant des salaires payés, ces derniers ayant été fictivement doublés (2).
(1) Cooperative Wholesales Societies Annual , 1904, p. 121.
(2) Catherine Webb, p. 116.
b) De 1884 à 1892, nouveau procédé de calcul de participation aux bénéfices 11 fut stipulé que ceux des employés de la Wholesale, qui n’étaient pas occupés à la production proprement dite, c’est-à-dire les agents comptables, et les employés préposés à la garde et au débit des marchandises recevraient sur leurs salaires les mêmes bonis que les sociétés clientes sur leurs achats. Les ouvriers et employés, directement occupés aux ateliers de production de la Wholesale (4.800 sur 7.000 en 1906) se partageraient intégralement le profit net réalisé dans les établissements de production.
c) Depuis 1892. ce traitement de faveur accordé aux ouvriers dits « productifs », a été aboli, on s’est rendu compte de ce qu’il y avait d’illégitime et de faux à opposer les employés préposés au débit des marchandises, à ceux qui s’occupaient de la production même des marchandises ; les uns et les autres font œuvre également utile et méritent la même rémunération. Depuis 1892, les employés des deux catégories touchent uniformément sur leurs salaires, les mêmes bonis, que les sociétés clientes sur leurs achats.
Les employés de la Wholesale ne sont d’ailleurs autorisés à percevoir que la moitié des bonis, qui leur sont attribués : la moitié de ceux-ci est en effet obligatoirement portée à leur crédit auprès de la Wholesale et constitue un fonds spécial, le fonds des bonis empruntés, le Bonus Loan Fund, un intérêt de 3 0/0 leur est attribué sur les bonis qu’ils ont ainsi laissés à la disposition de la Wholesale.
Les salaires payés en 1906 se sont élevés à près de 8 millions ; en outre, 349.250 francs de bonis ont été attribués aux ouvriers, ces bonis équivalent pour chaque ouvrier à 4 ou 5 0/0 du montant de son salaire, ils constituent pour chaque ouvrier, un supplément fort peu appréciable de ses revenus (1).
L’obstination avec laquelle la Wholesale anglaise a tou-
[{) Congrès de Crémone, 1907, p. 88.
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jours appliqué à ses employés la participation aux bénéfices, est due en grande partie à la persévérance de M. Maxwell, le distingué président de la Wholesale écossaise, tout récemment nommé président de l’Alliance Coopérative Internationale.
Dans un discours prononcé en mai 1889, il a été amené à reconnaître lui-même l’inefficacité de cette mesure: « Les bonis ont été dispersés sans avoir fait que je sache, pour un penny de bien aux ouvriers qui les touchaient, ni à la société qui les distribuait (1). » L’exemple de la Fédération écossaise n’est pas propre à convaincre de futilité de la participation aux bénéfices.
4° Développement de la Wholesale écossaise.
Le développement de la Wholesale écossaise a été aussi rapide que celui de Wholesale anglaise. La Wholesale a été constituée, en 1868, à Glascow.
a) Nombre des sociétés affiliées (2). — Le nombre des sociétés adhérentes est toujours allé en croissant; actuellement la Wholesale comprend la presque totalité des coopératives distributives d’Ecosse, elle englobait 282 coopératives en 1906, soit 25 coopératives incorporées, et 257 coopératives distributives. A la même époque. l’Ecosse ne comptait que 284 distributives, 27 d’entre elles restaient seulement en dehors des cadres fédératifs, à la date de 1906.
b) Effectif des sociétés affdiées. — Il est difficile de savoir quelle fraction de la population coopérative comprenaient aux différentes époques les coopératives adhérentes à la Fédération ; toutefois un résultat est certain ; en 1906, la presque unanimité des coopérateurs écossais adhérait à la Fédé-
(1) Rapporté dans Béatrice Potter. p. 13t.
(2) Se reporter pour tous les développements qui vont suivre à la statistique du Royaume-Uni, n° 2, p. 75.
ration; sur une population coopérative de 373.000 coopérateurs, moins de 8 000 appartenaient à des coopératives non affiliées.
Ces résultats sont merveilleux, 97 0/0 de la population coopérative écossaise avaient fait adhésion à la Fédération, en effet les sociétés affiliées ne comptaient pas moins de 365.907 sociétaires. L’Angleterre n’atteint qu’à un pourcentage légèrement inférieur: 94 0/0; un pourcentage plus élevé qu’en Ecosse ne se rencontre en aucun pays du globe.
c) Ventes. — La première année d’exercice, en 1868, les ventes fédérales ont atteint deux millions de francs, en 1870, elle se montaient à 2 632.350 francs. Si nous consultons les chiffres de 1890 et 1906, nous constatons que les ventes étaient à cette époque 23 et 70 fois plus considérables qu’en
En 1906, la Fédération a vendu pour 178.500.000 francs de marchandises. Ces chiffres d'affaires de 61 millions 1/2 et 178 millions 1/2 représentent en 1890 et 1906, 30 0/0 et 51 0/0 du chiffre total d’affaires des coopératives distributives d’Ecosse.
Toutefois il faut tenir compte de la majoration de prix, de 20 0/0 vraisemblablement que subissent les produits vendus par la Fédération, quand ils sont débités par les sociétés affiliées. On constate alors que les marchandises débitées par le magasin de gros de Glascow en 1906 représentaient en réalité 61 0/0 des 350 millions de francs de ventes totales des coopératives écossaises. Ce rapport de 61 0/0 est tout à fait remarquable ; à l’exception de la Férération danoise, qui atteint un rapport sensiblement plus élevé. la. Wholesale écossaise est la Fédération du monde qui a réalisé le plus haut degré de fédéralisation de tous les pays coopérateurs.
d) Capital social. — Le capital social de la Wholesale, effectivement versé a augmenté, de 1870 à 1890 et 1906 dans la proportion de 1 à 30 et de 1 à 42, il atteignait à la fin de 1906, la somme de 9.379.950 francs.
ÉCOSSE
L’ensemble des capitaux de la Fédération a augmenté durant les mêmes périodes, dans la proportion de 1 à 45 et de 1 à 235. On comprend aisément que la Wholesale d’Ecosse se soit trouvée littéralement encombrée de capitaux, tout autant, si ce n’est plus, que la Wholesale de Manchester.
Les capitaux de la Wholesale atteignaient à la fin de 1906 la somme de 73 millions ; à cette date, le capital-obligations effectivement versé s’élevait à la somme de 9 379.950 francs ; 9.147.675 avaient été souscrits par les sociétés adhérentes à titre d’obligations : 321 575 francs avaient été souscrits par les employés actionnaires. La Fédération possédait 53 millions de francs d’emprunt et dépôts ; enfin le fonds de réserve se montait à 6.069.300 francs, le fonds d’assurance à
La Wholesale d’Écosse n’a pas réussi à investir ces 73 millions dans ses opérations d’achat, et ses entreprises de production ; elle a dû se résoudre à placer à intérêt la majeure partie de ses capitaux ; cette simple opération de placement n’a pas laissé que de présenter bien des difficultés. La Wholesale a consenti à des distributives, des prêts importants, s’élevant en 1906 à la somme totale de 935.000 francs. Presque la moitié des capitaux de la Wholesale, 30 millions 1/2 sur 73 millions, a été prêtée à intérêt par la Wholesale à des communes ou des adminislrations publiques ; c’est dire que la moitié du capital fédéral ne reçoit pas une affectation coopérative; la Wholesale devrait considérablement étendre ses branches de production, pour y investir le montant de ses capitaux en excédent (1).
5° La production de la Wholesale .
La Wholesale écossaise a adopté un procédé de fabrication directement opposé à celui de la Wholesale anglaise ; au lieu d’éparpiller ses différents ateliers de production, sur toute la surface du pays, la Wholesale s’est appliquée à centraliser
(1) Congrès de Crémone, 1907, p. 89.
ses différentes productions, à grouper toutes ses fabriques dans la même localité, Shield hall, près de Glascow.
La Wholesale fit l’acquisition de vastes terrains à Shieldall, en 1887, 6 ans après avoir entrepris la production directe. La Fédération avait institué avant cette date 6 fabriques différentes. Ayant acheté en 1887 des terrains à Shield h a 1 1 , à 3 milles de Glascow, elle a installé, au fur et à mesure des besoins, les usines qui sont actuellement en exploitation : une gigantesque fabrique de chaussures qui a produit de 1901 à 1906, pour 29 millions de francs de chaussures, y côtoyé des manufactures de vêtements et de chemises, de manteaux et de bonneterie ; une ébénisterie, une imprimerie voisinent à côté d’une immense fabrique de confitures (10 millions de francs de confitures produites de 1901 à 1906) ; des fabriques de conserves, de brosses, de tabacs, sont également groupées autour de Shieldha 11 (1).
Une minoterie a été établie en 1894 à Edimbourg, elle a réalisé une production totale de 50 millions de francs, de 1901 à 1906 ; durant le même laps de temps, la minoterie de Leith atteignait le chiffre d’affaires de 19 millions.
Une manufacture de savon à Grangemouth, une salaison de poissons à Aberdeen, une laiterie à Bladnock complètent la production de la Wholesale. Au total, la Wholesale possède 20 établissements distincts, encore que souvent contigus et groupés les uns à côté des autres.
La production totale de ces établissements a été pour 1906, de 49 millions de francs.
Ces différents établissements employaient 4.800 ouvriers, le nombre total des ouvriers ou employés occupés par la Wholesale étant de 7.000.
Ces différentes fabriques vendent en quelque sorte leurs produits à la Wholesale, selon le taux courant du marché ;
(1) 39 th. Animal Cooperative Congress ; Preston, 1907, p. 584 ; Congrès de Crémone, 1907, p. 112 ; Cenesson, p. 482; Levetus ; Rev. d'Econ. politique , avril 1898, p, 284.
écossé
elles supportent en retour tous les frais de fabrication ; en un mot, chaque fabrique balance ses comptes séparément, tout comme si elle était une entreprise privée, elle peut être constituée en perte comme en gain,
La production des coopératives incorporées et des coopératives distributives .
Les statistiques de la Coopérative Union pour 1907 font mention de 8 coopératives incorporées, affectant tout ou partie de leurs bénéfices à leurs clients, au prorata des achats. Ces 8 coopératives incorporées, toutes des boulangeries, ont fabriqué en 1906 des produits pour une valeur de 14.418.000 francs, 6 d’entre elles se composaient au total de 6.000 sociétaires ; les 2 autres coopératives étaient constituées elles mêmes par la réunion de 8 et 165 sociétés. Ces 8 coopératives employaient au total 1.379 salariés (1).
Les sociétés distributives écossaises produisent à l’heure actuelle environ 30 millions de francs de marchandises.
Le total de la production coopérative écossaise est de 94 millions de francs La Wholesale de Glascow produit la plus grande partie de ces marchandises, sa production s’est élevée à 49 millions de francs en 1906 ; les coopératives distributives peuvent revendiquer 30 millions de francs de marchandises, les coopératives incorporées 15 millions seulement.
Peu d'importance des affectations charitables des Wholesales d' Angleterre et d'Ecosse. — Les 2 Wholesales anglaises et écossaises affectent des sommes très peu importantes à des buts collectifs. La Fédération anglaise a attribué de 1893 à 1903, 280.000 francs à des insiilutions charitables ; 470 000 fr. à des ouvriers en grève ou en chômage, aux victimes des dé-
(1) Ces 8 coopératives incorporées figurent à Y Annuaire de la Coopérative Union , pour 1907, à la page 584, sous les cotes 119, 122, 124, 125, 126, 127, 128, 129.
142 DEUXIÈME PARTIE. — TITRE PREMIER. — CHAPITRE Vl
sastres de mines ou de désastres maritimes, au total, 750.000 francs ont été affectés en 10 ans par la Fédération anglaise à des buts charitables ou philanthropiques, ce qui représente un effort extrêmement faible pour un organisme aussi puissant que la Fédération anglaise (1).
La Wholesale écossaise ne s’est pas montrée beaucoup plus généreuse ; de 1893 à 1903, elle a affecté 460.000 francs à des buts d’intérêt collectif.
On est donc en droit de dire que les Wholesales anglaise et écossaise préfèrent ne détourner de leur emploi normal aucune fraction de leurs ressources, si grandes soient-elles ; elles donnent un emploi nettement coopératif à l’intégralité de leurs revenus.
(1) Catherine Webb, p. 119.