SCÈNE VIII
Les PRÉCÉDENTS, FÉLIx, SOLDATS, GEÔLIER.
(On entend des cris et des piétinements dans le corridor, et les soldats entrent portant Félix dans leurs bras. Tous les prisonniers se précipitent au-devant de lui.)
Les Prisonniers.—Qu'est-ce que c’est? Qu'est-ce que c’est ? Qu'v a-t-1l ? R
Snérir.— Une attaque d’apoplexie ?.…
(On pose Félix sur un siége ; il est en proie à de violentes convulsions.)
GeÔLier .—Il est tombé de tout son long en poussant des cris effrayants. Je n'ai jamais tant eu peur de ma vie. Avez-vous entendu le bruit?
BécHarn.—Le pauvre garçon ! je ne savais pas qu’iltombât du hant mal, C'est dommage, car ce n’est pas un homme ordinaire.
Toinon.—Non, pour le sûr, c’est un homme qu'a d’la tête, gros ! quoiqu’y soit un peu facile à offusquer.….
SHéRir,—Mais il faut pourtant lui donner des secours... Qu'on
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fasse venir immédiatement le médecin de la prison. Gcôlier, allez chercher le docicur Arnoldi. (Le geôlicr sort.) |
Toinon.--- Pourquoi faire le docteur? puisqu'on va tous être pevaus.
Bécuann.—Allons au plus pressé... de l’eau! (Il lus jette de l'eau sur la figure.) Eloignez-vons, vous autres; donnez-lui de l'air. (1 lui arrose la figure er Félix revient à lui par degrés.Tout à coup il se lève et sc promène majestuensement.)
Féux (d'une voix terrible).—Mettez-vous à genoux, voilà le gouverneur ! (Personne ne bouge.) |
Toisox.—Bon, y va-t-y nous faire faire la procession, à c't'heure ?
Féuix.—Mettez-vous à genoux, vous dis-je ! (Comme personne ne bouge, il se précipite sur tous ceux qu'il peut atteindre, et les assomme à coups de poing. Le shérif, -le geôlier et les soldats s'échappent comme ils peuvent et se sauvent.)
BécuanD.—Diable ! mais il est furieux ; il a le délire ; il va certai sement en tuer quelqu'un !
l'éuix.— Ah ! mes vauriens, je vais vous. montrer, moi, à écouter le commandement. (Il recommence le même jeu ; saisit Toinon, le terrasse et veut l'étrangler.)
Toinon.—Aïe ! aïe!... ah ! Ste Anne du Nord ! aïe !.., mon capitaine !... Ne me faites pas de mal. J’sus-t-un honnête homme... j'prierai le bon Dieu pour vous... aïe! aïe!... au secours !... an meurtre !.….
(On se précipite à son secours ; Félix se laisse d'abord conduire, puis tout à coup en étend deux ou trois par terre, et lutte en désespéré.)
Féuix. — Ah! mes drôles! Ah! mes coquins! Ah! mes vauriens !... (Tous se sauvent.) Bon! essayez maintenant à regimber !... Vous allez voir à qui vous avez affaire ! Je vous avertis que j'ai reçu des leçons de Sa Majesté la Reine, qui n'a pas soi pareil pour la boxe... I] faut que les affaires changent... je ne suis pas gouverneur pour rien,et je vais vous montrer comment un officier du gouvernement sait se faire respecter... D'abord vous allez faire l'exercice... prenez vos fusils, ha !... Allez-vous obéir ? nom d’un million de biscaïens !.…
Les Prisonxiers (entre eux).—Mais il est donc devenu fou ?
Féuix.—Ah ! vous ne voulez pas obéir, hein ?..
‘Lornox.—Oui, oui, moi, je veux obéir... (A part.) Ste Anne du Nord, qu'est-ce qu'on va devenir ?... (Le guôlier entre.)