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TONNES

H(COTTAGCES

La Villa du Prince et de la Princesse d’Essling à Nice

(Villa Masséna)

à Le

’EsT au fond de la baie des Anges, entre

la promenade des Anglais et la ruc

de France, que le prince d’Essling a

fait construire ce palais digne de la grandeur

de son nom glorieux. L’imposante construction à deux étages, de forme

rectangulaire, avec deux courtes ailes, assez en retrait pour faire ressortir

la majesté du corps de bâtiment principal, sans l’alourdir, est d’une archi-

tecture simple et sévère, où les grandes loggias à colonnes perchées, du

second étage viennent mettre comme un sourire, en rappelant que l’on est dans le pays du soleil et de l'éternel printemps.

Entre la villa et la promenade, s’étend un vaste jardin dont les allées dé-

AVR ERTEQ

Le Hazc.

crivent de gracieux contours, entourant de vertes pelouses sur lesquelles ondulent capricieusement, parmi les arbustes exotiques les plus variés, d’étroites plate-bandes diaprées et odorantes. D'abord en plaine, auprès de l'habitation, il se relève vers la mer, par une pente assez forte, jusqu’à la terrasse, barrée de balustres blancs, qui abrite les massifs contre les regards du dehors. Il étale ses merveilles devant la villa ainsi qu’un immense tableau qu’on aurait appuyé contre le fond bleu de l'horizon.

A gauche, dans un recoin formé par le mur de clôture, sous le feuillage des oliviers et des poivriers, sont disposés des bancs de marbre blanc d’un style très pur, pareils à ceux que rencontraient les regards blasés et fatigués de Pétrone quand il sortait, au petit jour, du palais de Néron.

Le rez-de-chaussée de la villa n'étant pas visible de la promenade des Anglais, son architecture paraît tronquée ; mais, du jardin, l'aspect de la façade est grandiose, et le grand péristyle demi-circulaire, qui supporte la terrasse du premier étage est d’un effet superbe, il en est de même pour le perron qui, évoluant de chaque côté de l’hémicycle, donne accès au rez-dechaussée, élevé de quelques mètres au-dessus du sol.

L'entrée de la villa Masséna est sur la rue de France; on peut presque regretter que tant de science et de goût architectural aient été dépensés dans l'édification de cette façade qui donne sur une rue étroite, où ne passent que des gens affairés, peu enclins à l'admiration. Cependant, comme de ce côté encore, un parterre formant cour d'honneur, sépare la construction de la rue, les dilettanti peuvent contempler la majesté élégante du SplesObre = ne, ©" : :

Une grille très élevée, faite de barreaux droits en fer rond, dont le haut est motivé par une lame plate dorée, sépare la rue de la cour d'honneur ; elle s'étend sur toute la longueur de l’immeuble, jusqu'au mur de clôture

i re, à le concierge. Cette loge Ôté > l’autre, à la loge du concicrg ouest d’un côté, et se termine de l'autre, : es + la | it d’ ice très incliné, bien détachée de la villa, et qui paraît micros au toit d’ardoise très incliné, aa Ai PP Pa mr copique à côté de celle-ci, est, elle-même, un cha 1e $ Pit el nt les couples de nouveaux mariés en

licité charmante. Nombreux sont 1 ) :

“pie de noces, sur la Riviera, qui seraient heureux de faire leur nid

dans une pareille chaumière. .

En nt milite la grille présente une large concavité vers la cour, et

s ccès aux rampes symétrideux grandes entrées se font face pour donner a | P symét ques, qui, en décrivant des courbes d'une belle ampleur, montent jusqu’au niveau des dalles du porche, sous lequel se trouve le portail monumental

; no avec ses fers artistement forgés et ornementés d’or.

Quatre robustes piliers, de rudes pierres de taille massives, supportent la terrasse carrée du premier étage qui eût été trop lourde pour les colonnes élancées de granit d’Ecosse, dressées au dedans du porche, et qui

i lé Ù x portent les quatre arceaux qui le plafonnent avec tant d'élégance. C’est à

Pen Cod

LE Perir SaLon.

mon avis une des parties les plus gracieuses de ce bel ensembl

Les équipages graviront la pente douce des rampes et vie de é sous les voûtes luxueuses les heureux CoMmmensaux du co 1 a

Après avoir franchi le portail, on se trouve dans une + pr or è courte, ouverte d’un côté sur la salle des gens de garde ne de ne salon d'attente des visiteurs, demandant une audience be . he se : au vestibule qui, traversant le palais dans toute sa lar ic ne se ps manger et à l’ouest sur la bibliothèque ns Le . se r da . " = 5 0 ren Den don eq, communiquent due fs parer DS Ce ci . . es Da sur le 8rand salon et les deux autres ne LU É he ui font Suite à chacune de ses extrémit :s et Parés que par de vastes baies Cintrées, formant ainsi ie

une pièce unique qui occupe toute ] : a À a par i de la villa. Partie méridionale du rez-de-chaussée

Le plafond un peu bas du belles colonnes d’ordre ioni perspective dans cette salle

vestibule et la Symétrie que, en marbre d’Algéri déjà fort longue. La dé

de deux rangées de très 6; produisent une jolie COration dont la teinte

NULS RC ICE

CRUERERT EE

(Cliché Giletta.) cc L c LA VILLA ‘ MASSÉNA ” A NICE. — La’ Façade principale.

Fr générale est très claire ; est d’une complexité extraordinaire, mais très artistique. Des frises qui s’é- 1} tendent tout autour, au-dessous du plafond, sont remplies de per- | sonnages de l'antiquité diverse- | ment groupés, dont l'apparence mouvementée est du plus curieux effet, Au milieu de ce vestibule, vivement éclairé par de grandes fenêtres, juste en face du portail, se dresse, sur un piédestal, assez élevé, entre deux hauts lampadaires écarlates, la statue de marbre blanc de Napoléon!I°, en César, sans toge.

Le prince d’Essling a voulu que les yeux de ses hôtes fussent frappés, dès d’abord, à leur entrée dans sa demeure, par les traits du grand général dont son aïeul fut le plus illustre lieutenant. Le génie de Napoléon, sa gloire, sa grandeur règnent en maîtres dans le palais où le descendantde Masséna et lagracieuse princesse d’Essling si respectueusement aimés par tous les habi-

‘ tants de Nice, recevront bientôt

. lesreprésentants des plus grandes

‘ familles de l’Europe.

C’estsous l'égide du grand Empereur qu'est placée la somptueuse habitation dans les salons de laquelle on s'attend à voir apparaître les maréchaux et les officiers aux brillants costumes, s’inclinant devant l’Impératrice Joséphine drapée dans une merveilleuse toilette transparente, tandis ques’avance verselle, pour lui baiser la main, le rusé Talleyrand, tout de noir vêtu, dissi- S \

. mulant, du mieux qu’il peut, sa disgracieuse boiterie.

« Nous voici dans le salon Empire, dont le mobilier est admirablernent riche et simple. L'artiste a su éviter avec habileté ce que le style de l’époque impériale a de criard, en donnant à la décoration et aux meubles, une teinte un peu foncée, et en ne distribuant les ornementations d’or qu’avéc parcimonie. L’acajou des trumeaux ne détonne pas'sur les frises où .s’ébattènt des danseuses antiques aux chairs rosées. La blancheur des voiles de gaze qu’elles agitent adoucit le bleu du fond. R

| La SALLE 4 MANGer.

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