LE BIJOU ET LA MODE RCE
E le dis, sans modestie aucune, j'ai conscience d’avoir contribué au retour de la faveur légitime dont jouit maintenant le Bijou; je reconnais avec la même franchise que ce sont les hardis novateurs qui, dédai-
gneux des critiques et des conseils timorés de toutes les heures, rompant avec les anciennes traditions, ont affirmé, pour tou- Jours, le triomphe de ce précieux et charmant auxiliaire de la parure féminine.
Les grands artistes — on peut leur donner ce nom — en créant les bijoux « style moderne » étaient assurément loin de soupçonner le succès extraordinaire qu’ils allaient remporter. Sans doute, enfiévrés par la passion de leur art, ils avaient conscience de pouvoir animer la matière de leur souffle inspiré, de forcer le dur métal à se modeler d’après la nature elle-même, à rendre son charme, ses grâces, sa poésie.
Mais pouvaient-ils penser qu'ils réaliseraient pleinement leur rève et que de cette réalisation surgirait une union intime avec la toilette féminine ? Union si puissante, union si forte que, dans les conditions courantes de la vie, il ne semble plus possible que les bijoux n’ornent pas le plus simple costume, la plus modeste toilette. Aussi quel éblouissement aux lumières des lustres! C’est alors que la femme apparaît, dans le rayonnement de sa gloire et de sa beauté, parée de ces bijoux nouveaux ; fleurs auxquelles elle donne le parfum, figures animées, allégories poétiques, idéales inspirations synthétisées par la luxuriante palette des émaux, par la diversité des ors, par les gemmes multiples.
Le Bijou s’adapte à notre état d'âme.
Il est discret et sobre avec les costumes du matin, pimpant et magnifique l’après-midi, il s’épanouit le soir dans toutes ses splendeurs. Les maîtres de la couture n’ont pas résisté au courant impérieux du style moderne; leur talent a uni ses captivantes originalités aux grâces suggestives des toilettes en une savante et complète harmonie. Et voilà que déjà le bijou les entraîne vers des créations nouvelles!
L'esprit féminin rompt ses lisières, s'élève vers l'idéal ; il ne veut plus des lourdes richesses qui, jadis, paraient la femme comme une madone d'Italie; il applaudit à leur transformation en adorables petits chefs-d’œuvre qui ponctuent son goût et ses aspirations et ajoutent à leur valeur matérielle l’inestimable séduction de l’art.
Désormais, le bijou est gai, brillant, rêveur; il se plie à toutes nos fantaisies, les comprend et les symbolise; il plane ou s'envole; gracieux, riche ou somptueux, il est toujours le charme irrésistible, le rêve poétique ou majestueux. Il importe donc aux femmes élégantes de le suivre dans sa marche radieuse. Femina réservait cette surprise à ses innombrables lectrices.
Elle commence aujourd’hui la série des reproductions qui, toujours entièrement inédites, intéresseront sans cesse ses lectrices puisque, marquées au coin de l’art le plus pur, ces œuvres seront judicieusement choisies et variées pour répondre aux désirs les plus luxueux comme aux plus simples et aux plus pratiques. | > . |
Pourquoi le dessin, si soigné soit-il, ne peut-il rendre l’impression attirante et la beauté réelle de ce peigne si artistique de Vever? Ma des-
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Peiene SIRÈNE (Vever) (voire rosé, émail et perles).
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CEINTURE souPLe (avec boucle « Les Paons »), Exécutée recemment par Beaudouin pour Mw° la duchesse de Richelieu.
cription, hélas! sera elle-même impuissante. Une sirène a trouvé au fond de la mer une perle magnifique, elle remonte au-dessus de la vague pour mieux l’admirer. Cette sirène si gracieusement cambrée est délicatement sculptée dans un ivoire aux transparences rosées; la vague, frangée de diamants est en émaux translucides, vert nuancé,
aux fines nervuresd’or.
Ce peigne est la plus splendide parure que puisse ambitionner une élégante pour orner sa coiffure nouvelle de grand dîner ou de soirée ; piquée dans les boucles ou torsades du sommet de la tête, il sera délicieusement accompagné par les boucles qui descendent gracieusement et couvrent la nuque. Dans ce léger échafaudage s'enfonce la fourche en corne d'Irlande qui supporte le brillant petit chef-d'œuvre du style moderne.
Je signalerai aussi cette ceinture souple « Les Paons », exécutée par Beaudouin pour la duchesse de Richelieu. C'est un travail exquis, tout en or vert merveilleusement ciselé. L’adaptation, tout à fait imprévue des plumes de paon, est une inspiration heureuse et les œils, qui miroitent sur la plume, rappelés par des opales superbes, ont un charme mystérieux et pénétrant.
De Fontana frères, cette palme si ténue, si légère, en pure joaillerie style moderne, d’un fin et délicat dessin. Elle fera merveille avec la coiffure nouvelle, seyante à tous les ovales, soit posée en aigrette dans les vaporeux frisons blonds, soit en diadème dans les fières coques brunes : le diamant lui-même a sa poésie lorsque l’art l’a su toucher de son aile.
Parlons, maintenant, un peu de gravure. Bien entendu, c’est au maître Vernon que nous demanderons de nous montrer ses derniers chefsd'œuvre. Nous avons trouvé chez lui cette médaille de hauteélévation dont le sentiment religieux s'adresse aux jeunes filles et peut être un souvenir cher et précis de première communion. Sans doute, plus d’une jeune femme songera à faire appliquer SNS RD RS sur son livre
d'heures cette œuvre de douce persuasion.
Nousavons vu aussi dans le même atelier une « Gallia », que le défaut de place ne nous permet pas de reproduire ici, mais qui nous a frappée par sa forte beauté et sa sereine inspiration. Peut-être d’ailleurs, aurons-nous OCCasion de reparler pluslonguement ‘de gravure.
u PREMIÈRE COMMUNION. »
Médaille de Vernon.
Vicomtesse DE RÉVILLE.
PaLME, EN Diamanrs (Fontana frères).