JOSÉPHINE, LÉON
LÉON. Mademoiselle... veuillez jeter un coup d'œil sur ces papiers...
JOSÉPHINE. Votre acte de naissance... le consentement de votre père ! Vous allez donc vous marier ?
LÉON. Belle d emande ! ne vous ai-je pas dit cent fois que jn vous aimais . et que
FEMME ET MAITHESSE.
mon seul désir était de devenir votre mari ?
jOSÉPUiiME. EnefTet... Et vous êtes décidé ?..
LÉON. Oui... mais une explication est nécessaire entre nous.
JOSÉPHINE. Parlez.
LÉON. Joséphine... m'aimez-vous?
JOSÉPHINE. A'ous êtes fou !.. est-ce que je vous liais ï
LÉON. Mais ce n'est pas répondre
vous savez que depuis un an jai mis tous mes soins à vous plaire... mais votre caractère léger...
JOSÉPHINE. Encore?.... mais qu'ai-je donc fait pour vous rendre si défiant? Jouir honnêtement des amusemens de mon âge, rechercher dans le monde le bonheur , la liberté; n'aimer personne que vous, peutêtre... est-ce donc un crime à vos yeux?.. Tenez , vous êtes de ces hommes qui voyez tout en mal et qui pensez qu'une femme jeune, jolie, ne peut faire un pas sans commettre une faute, écrire deux mots sans faire un billet doux , et regarder un homme sans en être folle!.... Gaîté, plaisirs, distractions , vous désappiouvez tout, vous frondez tout... IMais vous n'avez pas vingt-cinq ans, mon cher ami, vous êtes un vieillard... Il ne vous manque que la canne à pomme d'or, la perruque poudrée et l'habit à grandes basques... mais riez donc. ..voyons, soyez aimable... une fois...
cela n'engage pas pour l'avenir Mais
non , vous vous fâchez même d'une ])lai-
santerie Eh bien ! fàchez-vous tout à
votre aise... soyez bourru , maussade , ennuyeux, et étonnez-vous après qu'on ne soit pas folle de vous.
LÉON. L'amitié que je vous porte...
JOSÉPHINE. Haissez-nioi , je vous en conjure, et dites-moi des chosts agréables.
LÉON. Yous liair ! Allons, Joséphine , parlons sérieusement... Je conseus à vous accorder que j'ai tort, puisque vousle pensez
JOSÉPHINE. Et c'est ainsi que vous gagnerez mon cœur... Les égards, la complaisance, voilà ce qu'il faut à notre sexe
Tenez , ce que vous me dites là me désarme déjà , et je suis prête à vous faire avec plaisir toutes les concessions que vous désirerez.
LÉON , souriant. \ ous n'irez plus au bal.''
JOSÉPHINE. Si... au contraire mais
avec vous, et pour vous prouver seulement
combien vous le jugez mal je veux que
vous en raffoliez avant huit jours; le meilleur ton ! la décence la plus scrupuleuse...
Et la morale... c'est comme dans un pensionnat jamais de propos hasardés, de
tléclarations offensantes... le plus grand respect, au contraire. . .
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