JOSÉPHINE, LÉON
JOSÉPHINE, lui remettant la lettre. Tenez... tenez... c'est une preuve de ma confiance en vous.
LÉON, lisant. « Mademoiselle , depuis '■ que j'ai eu l'avantage de danser avec vous » au bal du Ranelagh, mes pensées et mon » amour se sont entièrement reportés sur » vous, et j'ai souhaité ardemmentde vous » les faire connaître. Je suis jeune, on me » dit aimable, la fortune m'a comblé de » ses faveurs. La bonté avec... avec... la- » quelle vous m'avez écout,é déjà, me fait " espérer que vous daignerez combler mes » désirs, en reparaissant ce soir dans ce » bal, où je n'ai eu de bonheur que par » vous. »
JOSÉPHINE. Quelle indignité!
LÉON. Vous le voyez î
JOSÉPHINE. C'est un imbécile , et le meilleur est d'en rire. .. Dépend-il de moi d'empêcher qu'un fat m'écrive?
LÉON. Non, mais il est en votre pouvoir d'éviter sa présence... dans les bals...
JOSÉPHINE. Eh ! monDieu ! faut-il donc
se rendre esclave de ridicules préjugés?... Je suis jeune, je veux voir le monde... je n'ai pas envie de m'enterrer vivante dans les quatre murs de ma chambre...
MAGASIN THEATRAL
Air : A l'âge heureux de çuatorze ans.
Pour rester dans celte prison,
Un jour viendra, trop tôt peut-être.
L'âge qui mène à la raison
De mon cœur deviendra le maître.
Jeux, bals, plaisirs, tout aura fui,
Alors naîtra rindifi'crence ;
Je vivrai près de mon mari,
Souriant.
Enfin je ferai pénitence.
Léon fait un mouvemeiU.
Allons, ne m'en veuillez pas . . j'ai tort, je suis une folle... mais vous me justifiez... vous savez qu'au fond indifiéreute pour tous ces adorateurs improvisés, je suis bonne, aimante, et que vous ferez de moi ce que vous voudrez. Tenez, voilà ma mam! Dans un an, dans huit jours, aujourd'hui même, si vous le voulez, je suis votre femme... et dites après cela que je n'ai pas de bons momens... Oufl
LÉON, avec beaucoup de chaleur. Oh I vous êtes la plus adorable des femmes.... Maintenant vous êtes à moi... rien ne peut nous séparer, et cette main que vous me donnez. . . oh 1 je vous en prie.. . laissez-moi y placer cette bague, et qu'elle soit un gage éternel de ma tendresse pour vous.
JOSÉPHINE. Je n'ai rien à refusera mon maître.
LÉON. Votre maître... jamais... votre ami, votre époux pour la vie — car vous m'aimez?
JOSÉPHINE. Non, à cette main... "Vous me disiez?..
LÉON. Que votre amour...
JOSÉPHLXE, souriant. Ah ! oui... maintenant c'est une obligation... une femme doit aimer son mari.... le code est là.... mais sans qu'il soit besoin de me le prescrire, je vous aimerai... je vous aime déjà, cela vient.... Ainsi c'est convenu..., nous nous marierons, nous nous aimerons... et
désormais nous serons raisonnables
plus de bals, de parties de plaisir, de toilettes...
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