‹ Femme et maîtresseChapitre 22 sur 44 · SCENE XX · texte numérisé non relu

SCENE XX

ADOLPHE , écrU'anf , DUROULEAU.

DLROVLEAU, (ju/o/id du tliéâtre. IMa chère moitié est dans les bras de iMoi phée, et je puis sans crainte... Allons, encore cet

étouineau impossihle d'être seuls un

moment s'il décampait vite encore

mais non , il s'installe ici comme dans un

estaminet il ne lui manque que la pipe

et la queue de billax'd.

ADOLPHE, écjwane. Oui... c'est cela...

de la passion jamais je ne fus plus éloquent... elle m'inspire tant!

DUROULEAU. Que fait-il donc? de ce

jeune homme tout m'est suspect.

Il s'avance et cherche à lire.

ADOLPHE, se levant hrusquement. Hein!

qui est là? vous êtes bien curieux.

DUROULEAU. Moi ? quelle injustice î ADOLPHE. Que faisiez-vous là ?

DUROULEAU. Rien... je regardais...

ADOLPHE, à part. Le sot!.... mais j'y

pense... voilà mon IMercure Léon d'un

côté, celui-ci de l'autre !.. bravo!., pour réussir, il faut employer tout le monde... tâchons de l'amadouer.

DUROULEAU. Il ne s'en ira pas!

ADOLPHE. Mon cher Durouleau , il faut queje vous fasse part de mes idées sur votre compte. . . vous m'avez tout l'air dun séducteur !

DUROULEAU. Ah!... [A par!.) Ce garçon-là a une pénétration...

ADOLPHE. Et c'est du côté de Joséphine que vous dirigez vos batteries... vous cherchez à lui plaire?

DUROULEAU Mais. .. je tâche. ..jetâche. .. ADOLPHE. Vous lui plaisez , je le sais, et furieusement.

DrROULEAU. Je vais rougir!

ADOLPHE. Mais VOUS avez un rival...

DUnOLLEAU. Un rival? pas possible I

ADOLPHE. D'iioniicur !.. mais un rival malhemeiix.

DUKOLi.EAU. Pauvre rival !

ADOLPHE. Et ce rival dédaigné c'est

moi !

DUnOULEAU. Je l'avais deviné!... mille pardons, mon cher collègue, si elle me préfère , mais ce n'est pas ma faute , à moi... la sympathie...

ADOLPHE. Aus>i je bais.se pavillon devant vous, et je vous cède la place.

DUROL'LEAU. Ami supérieur!

ADOLPHE. Je vous jure même d'oublier mon aiiioiir et de servir le vôtre... mais à une condiiion...

DUROULi:.AU. Dites, et je vole...

ADOLPHE. J'ai besoin de chercher ailleurs une fenune qui me console de voire concurrence. J'ai jeté les yeux sur mademoiselle Agathe, et je désirerais, par votre entremise, lui faire parvenir ce billet... mais à elle seule et sans témoins...

DUROULEAU. Laissez-uioi faire... personne ne glisse le poulet mieux que moi... la grande habitude...

ADOLPHE. Ainsi vous acceptez?

DUROULEAU. Ce sont de ces menus services qu'on se prête entre jeunes gens.

ADOLPHE, l'embrassant. Ah! VOUS êtes un jeune homme adorable, mais je réfléchis... J'ai tort peut-être de me confier à vous... vous m'avez déjà soufflé Joséphine, vous pourriez bien encore...

DUROULEAU. Oh! non! là... bien franchement... elle ne me plaît pas.

ADOLPHE , à part. Double fat î Mais hâtons-nous de revoir mon oncle... Annonçons-lui mes intentions, et je reviendrai sur-le-champ pour connaître la réponse

d'Agathe Je ne sais mais j'ai bon

espoir (/7a«/.) Adieu, mon cher Durouleau, n'oulîliez pas de lui remettre ma lettre... et surtout ne la séduisez pas!

DUROULEAU. Je ferai mon possible!

Adolphe sort.

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