SCENE XXIV
Les mêmes, JOSÉPHINE.
JOSÉPHINE, gaîment. Quel bruit estce là? {Bas.) Ab ! monsieur Léon .
DUROULEAU. Ne lisez pas, ou j 'éclate!
JOSÉPHINE. Quel vacarme pour une lettre I
SI"^ DUROULEAU. C'est bien à vous de plaisanter... il est pour vous sans doute, ce billet adultérin!...
JOSÉPHINE. C'est de M. Durouleau ?
ce doit être l)ien drôle; voyons...
Elle enlève la lettre à M'"'= Durouleau.
M"^ DUROULEAU. Un rapt!
JOSÉPHINE. Allons donc! écoutez
tous... ce sera plaisant.
DUROULEAU, à part. Elle m'a regardé en-dessous... Je comprends.
JOSÉPHINE , Usant. « ÎNÏademoisellc , » l'aveu que j'ose vous faire aujourd'hui » vous étonnera peut-être... mais veuillez » croire pourtant qu'il n'en restera pas » moins sincère , et n'imputez qu'à ma » timidité d'avoir caché jusqu'ici mes in- » tentions. »
M™^ DUROULEAU. Ce n'est point mon mari... c'est trop bien tourné...
JOSÉPHINE , cuniiiiuant. « Vous aurez pu » croire, sans doute, qu'une autre femme >> régnait dans mon cœur... mais détrom- »pez-vous, cliannante Agathe... »
TOUS , ]\ors Durouleau. Agathe!
JOSÉPHINE, continuant. « Vous seule le » possédez... Oui, mademoiselle, je vous » aime et vous offre aujourd'hui mon » cœur et ma main. Adolphe. » Adolphe! quelle perfidie!.,.
DUROiLEAU. Eh bien! Nina?
JOSÉPHINE , répétant la lettre. « Je n'ai » jamais aimé que vous... »
LÉON , à /igalhe. Que pensez-vous d'un tel billet'
AGATHE. Il m'étonne!
JOSÉPHINE, à elle ni-^me. Lui qui tout-
à-l'heure là me jurait. .. Oh! l e s
hommes!
AGATHE. Mais qu'as-tu donc , Joséphine? Tu parais bien tri><te?
JOSÉPUiNE. I\Ioi!... triste... et pourquoi? parce qu'on t'écrit des douceurs, des galanteries... Eh! mon Dieu! j'en ai reçu en un jour plus que tu n'en recevras en ta vie... B^lle conquête , d'ailleurs , que monsieur A'iolphfc!... un fat!... un imbécile!... A tout pr(^ndre, j'aimerais mieux le premier Venu... îM.Dti rouleau , par exemple!
DUROtiLEAU, à part. Adroiie naiveté!
JOSÉPHINE. Je te l'abandonnerai de boa
cœur... Au reste, cela fait ton affaire... C'est une nouveauté pour toi qu'une déclaration... INI. Adolphe commence... c'est généreux; cela mérite une récompense. Pauvre fille... moi triste... ah! ah î moi... ahl ah! ah! je ris... je ris... mais de si boa cœur... aliî ah! ah! {A part.) Oh! je voudrais pleurer!
DUROULEAU. Tu vois bien que tu t'emportes toujours sans raison, Nina!
M""^ DUROULEAU. J'avais tort, Alfred...
mais c'est égal!...
DUROULEAU. Excès d'amour que je pardonne! ^Allons, Viens, embrasse-moi, si cela l'amuse, et partons...
-»5jme DUROULEAU. Vous embrasscr ! . . . jamais.
DUROULEAU, à part. Autant de gagné.
ENSEMBLE