NOURRICE AYANT SES RÈGLES
La nourrice J... allaitait deux enfants débiles qui se. développaient rég-ulièrement ; il survint chez eux de l'érythème des fesses et une diminution de poids. On pensa que la nourrice avait ses règles; interrogée, elle le reconnut le 12 octobre. Les deux enfants souffrirent beaucoup plus que dans les cas précédents, leur santé se trouva tellement altérée qu'on dut leur donner à tous deux une autre nourrice.
Voici du reste les observations et la reproduction des deux feuilles.
N° 250. — Enfant M. L..., né en ville le 11 juillet 1895 et apporté au service des Débiles le 12 juillet, il pesait
Fig. i08.
1 280 grammes et sa température était de 36°,9. H s'était bien développé : le 11 octobre, son poids était de 2.425 grammes. Le lendemain, 12 octobre, on constatait une dimmution de 35 grammes, le poids n'était plus que de 2.390. Le 13, nouvel abaissement (2.370) ; on constata de l'érythème des fesses et
des cuisses. La nourrice (nourrice J...) avoua qu'elle avait ses règles. Le 14, le poids tomba à 2.385 pour remonter le 45 à 2.380 grammes. Comme il restait stationnaire, que l'érythème des fesses et des cuisses persistait, que l'enfant avait mauvaise mine, on le changea de nourrice. Le 20 octobre seulement l'érythème avait disparu. L'enfant quitta la Maternité le 12 novembre, il avait eu beaucoup de peine à se rétablir.
N° 293. — Enfant L. G..., né en ville le 10 août 1895, apporté le 11 août à la Maternité; il pesait 1.400 grammes et sa température rectale était de 36°, 6. Il avait beaucoup augmenté de poids, car le 11 octobre il pesait 2.180 grammes.
Fi". 109.
Ed. Oh erJin, Gr
A cette date, on fut étonné de constater chez lui de rérylhème du siège et des cuisses ; le lendemain, la courbe n'était plus ascendante, il s'était au contraire produit de la diminution (2.170 grammes). La nourrice J..., qui l'allaitait, avoua qu'elle avait ses règles. Après avoir augmenté pendant deux jours, l'enfant diminua notablement. En présence de cet abaissement du poids et de la persistance de l'érythème, on se décida, le 17 octobre, à donner une autre nourrice. Le 20 octobre, l'érythème avait disparu et l'enfant recommençait à s'ac' croître. Il atteignit le poids de 2.673 grammes, mais il fut pris de coryza, de bronchite épidémique et succomba le 14 décembre.
En résumé, nous venons de rapporter, avec courbes à l'appui, sept observations dans lesquelles un trouble survenu chez une nourrice a déterminé des modifications dans la santé des nourrissons qu elle allaitait. Gomme il s'agissait d'enfants nés avant terme, d'un poids peu considérable, absorbant par conséquent moins de liquide, chacune de ces femmes donnait le sein à plusieurs enfants. Leur condition d'enfants débiles les rendait peut-être aussi plus sensibles aux modifications survenues dans le lait de la femme qui les nourrissait. Ces sept observations se répartissent de la façon suivante.
1° Une nourrice devient souffrante; le lendemain, les trois enfants qu'elle allaitait avaient diminué de poids.
2° Une nourrice a une grande colère, ses deux nourrissons diminuent de poids ; de plus l'un d'eux, pendant un jour, a des garde-robes liquides, l'autre des garde-robes vertes et de la diarrhée. Enfin la nourrice donnait le sein à son propre enfant qui eut aussi de la diarrhée.
3° Les règles étant survenues chez une nourrice, les deux enfants qui lui étaient confiés eurent tous deux des diminutions de poids ainsi que de l'érythème du siège et des cuisses. Les accidents avaient été tels qu'on a dû donner ces enfants
à d'autres nourrices. , •
L'apparition simultanée des accidents chez plusieurs enfants, et mieux, chez tous les enfants confiés à une même femme pour les allaiter, prouve d'une façon indiscutable qu il y ava.t une véritable relation de cause à effet entre les troubles survenus chez les nourrissons et ceux apparus chez la nour-
rice.
XXXYII
Service des Enfants Débiles à la Maternité. Année 1895'.
Il existe à la Maternité un service spécial, ouvert en 1893 et réservé aux enfants nés avant terme, aux enfants en état de faiblesse congénitale, aux enfants débiles. Ce service a été confié à l'Accoucheur en chef et j'en ai pris la direction le 11 janvier 1895. Voici en quelques mots les résultats qui ont été obtenus dans ce service pendant l'année 1895.
Du 1" janvier au 31 décembre (ou mieux au 5 décembre, on verra pourquoi plus loin), 395 enfants ont été admis. Parmi ces enfants, 57 sont morts le jour même de leur entrée et 21 le lendemain. De plus, 20 autres enfants ont succombé qui avaient, au moment où ils ont été apportés, une température rectale inférieure ou égale à 32°. (Tableau A.)
Cela fait un total de 98 enfants (57 + 21 + 20) qui peuvent être considérés comme apportés non viables.
Restent 297 enfants (395 — 98 = 297). Parmi eux, 25 avaient un abaissenDent considérable de température. Le thermomètre placé dans le rectum marquait entre 32° 1 et 33" 5. Presque tous ces enfants (21) ont succombé. Nous avons cependant réussi à en conserver 4. (Tableau B.) Nous avons pu aussi sauver trois enfants qui avaient moins de 32° de tempé-
' Rapport fait à M. le Directeur général de l'Assistance publique.
rature rectale. Ce sont: n° o4, poids 2.S40, T. R. 30° ; n" 263, poids 1.290, T. R. 3r ; n° 360, poids 2.130, T. R. 31°.
Enfin dans la totalité des enfants apportés, un grand nombre (117) étaient malades. Nous en donnons le détail dans le tableau C.
TxVBLEAU A
Morls dans les 24 heures
Morts entre 24 et 48 heures
Apportés ayant moins de 32° de lempératnre et n'appartenant pas aux deux premières colonnes.
Total des non viables
Kesteut viables
Janvier . . .
Février . . .
Mars ....
Avril ....
Mai
Juin . . . .
Juillet . . • Août . . . .
Septembre .
Octobre. . . Novembre. .
Décembre. .
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Ib