I. Strowski, op. c, p
nable de toutes ces choses; il veut seulement qu*on n*en fasse pas son Dieu et sa béatitude, mais qu'on en use suivant son ordre et pour tendre vers lui...
a Le précepte de Tamour, loin d'être une surcharge au-dessus de tous les autres préceptes, est, au contraire, ce qui rend tous les autres doux et légers. Ce qu'on fait par crainte et sans amour, est toujours ennuyeux, dur, pénible, accablant. Ce qu'on Élit par amour, par persuasion, par volonté pleinement libre, quelque rude qu'il soit aux sens, devient toujours doux. L'envie de plaire à Dieu qu'on aime fait que, si on souflFre, on aime à souffrir : la souflfrance qu*on aime n'est plus une souffrance... Cet amour règle et anime tous les autres amours que nous devons aux créatures. Nous n'aimons jamais tant notre prochain, que quand nous l'aimons pour Dieu et de son amour. Quand nous aimons les hommes hors de Dieu, nous ne les aimons que pour nous-mêmes. C'est toujours, ou notre intérêt grossier, ou notre intérêt subtil et déguisé, que nous cherchons en eux... Aimer autrui pour soi, c'est l'aimer bien imparfaitement; c'est plutôt amour-propre que vraie amitié...
« Une âme, qui serait bien à Dieu, ne serait plus desséchée et resserrée par les délicatesses et les inégalités de l'amour-propre : n'aimant que pour Dieu, elle aimerait comme Dieu, d'un amour admirable; car Dieu est amour, comme dit saint Jean ' : ses entrailles seraient une source inépuisable d'eau vive,