Lettre inédite du 3 mars
la prière et aux bonnes œuvres. Tant qu'elle vécut, elle dirigea sa maison avec une intelligente bonté et maintint unis ses enfants et petits-enfants. « C'était, dit Saint-Simon, un patriarche dans sa famille, qui en faisait les délices, l'union, la paix. » Elle mourut en 1732.
La duchesse de Mortemart, soeur de la duchesse de Chevreuse et de la duchesse de Beauvilliers, veuve après neuf ans de mariage, vécut avec ses vertueux beaux-frères dans une étroite liaison. Ce fut chez eux qu'elle eut occasion de connaître et d'aimer Fénelon. Après la retraite de ce dernier à Cambrai, elle continua d'entretenir des relations d'estime et de confiance. Saint-Simon nous apprend qu'elle allait même à Cambrai et qu'elle y passait plusieurs mois de suite '. Vers la fin de sa vie, elle faisait de fréquentes retraites au couvent de la Visitation de Saint-Denis, où Tune de ses filles avait fait profession; elle y occupa même une cellule dans laquelle, aux vœux près, elle menait la vie d'une religieuse et où elle mourut, le 13 février 1750.
La « bonne duchesse * » inspirait beaucoup d'estime et de confiance à Fénelon; il lui faisait confidence de ses défauts : « Pour moi, je passe ma vie à me fâcher mal à propos, à parler indiscrètement, à