‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 202 sur 254 · I. Bausset, Histoire de Fénelony IV · texte numérisé non relu

I. Bausset, Histoire de Fénelony IV

prince, destiné à régner, il dut à Fénelon de s'en corriger. Il prenait mille peines pour satisfaire son maître, en se rendant digne de la couronne par sa conduite et par ses travaux : « Il projetait une réforme générale de la société française, empreinte de Tesprit aristocratique et chrétien des ducs de Beauvilliers et de Chevreuse; il méditait Tapplication d'idées politiques et économiques conformes aux propositions de Fénelon. Il devait à ce dernier de montrer pour le peuple une àme généreuse et compatissante, de décréter Tégalité de tous les citoyens devant la loi, de soumettre à Timpôt le clergé et la noblesse, de soulager ainsi le reste de la natioa qui supportait toutes les charges du trésor, n Sous la bienfaisante influence de son illustre giiide^ p il réformait les monstrueux abus du régime financier, il régénérait Tagriculture et le commerce, devinait le grand rôle de Tindustrie et lui frayait la route. Il comprenait que la paix était la vie des sociétés et il gémissait de cette longue guerre qui ensanglantait TEurope-

tf Ces projets, mêlés à des idées chimériques, contiennent des pensées et des aspirations qui décèlent une grande âme. La vie du prince est d'ailleurs le meilleur commentaire de son système. Il ne faut pas l'oublier, il écrivait ù vingt ans, au milieu des séductions de la puissance et au pied du trône; lui qui n'avait pas souffen, il a travaillé toute sa vie à soulager ceux qui souffrent, A ce titre seulj le duc de Bourgogne mériterait un pieux souvenir. H est tombé

avant l'heure, et ce travail interrompu a quelque chose d'inachevé qui désarme et qui touche \ »

Ostendeni terris hune tantum fata, neque ultra Esse sinent*...

1. Ernest Moret, Quinze ans du règne de Louis XIV ^ II, p. 226.

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