Dans la lettre précédente, à laquelle celle-ci répond
116 FENELON ET M"*' GUYON
Funion' simple, générale, qui ne forme nulle espèce ^r parce qu'elle subsiste en Dieu. Je vous trouve en Dieu^ et Dieu en vous. Plus je suis unie à Dieu, plus je voustrouve en lui. Ce qui me paraît plus marqué est que quelquefois il se fait en moi un réveil, comme si mon âme se répandait plus abondamment dans la vôtre ^, et comme si elle tirait la vôtre à une parfaite unité ; et cela d'une manière aussi pure que nue.
Gomment n'auriez-vous pas de doute sur moi, qui eit aurais infiniment moi-même, si je pouvais réfléchir!^ Lorsqu'il m'en est venu, ils se sont évanouis quelquefoispar une lumière qui me faisait comprendre que Dieu prenait plaisir de se glorifier dans les sujets les plus faibles et les plus défectueux, afin que la force n'en fût pasattribuée à l'homme, mais à lui seul ; mais le plus souvent tout se perd dans une entière indiflerence de tout ce qui me regarde. Je suis contente de servir aux desseins de Dieu en sa manière ; après quoi il fera de moi ce qu'il lui plaira : ce n'est plus mon affaire.
Hier il me vint quelque pensée sur ce que je me trouvais dans la disposition que je vous ai marquée, si je ne me la procurais peut-être pas. Gela me paraissait impossible» sans savoir pourquoi. J'eus la pensée que, si c'était l'esprit de Dieu qui produisait cela en moi, une personne qui est bien à Dieu et qui était présente, en ressentit les effets^ sans rien marquer de ce que je pensais. Aussitôt cette personne entra dans une profonde paix, et me dit. sans savoir ce que j'avais pensé, qu'elle goûtait auprès de moi quelque chose de divin. Je ne vous mande ces choses que par fidélité, sans prétendre que vous vous arrêtiez à rien, car Notre-Seigneur me fait cette miséricorde, que je ne
uge de rien de tout ce qui me regarde : mais je fais-