‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 283 sur 350 · Ne faudrait-il pas lire : moment · texte numérisé non relu

Ne faudrait-il pas lire : moment

3. Le « petit prince » sera une des grandes espérances du parti « guyoniste ». Dans une lettre inédite du 8 novembre 169A, Mme

M"" GUYON A FENELON 261

Quoique je ne puisse peut-être plus vous écrire que rarement, soyez persuadé que mon cœur sera toujours le même pour vous. 11 sera incessamment comme une lampe allumée, qui se consumera devant le Seigneur pour votre âme ^ , qui m*est plus chère qu aucune qui soit sur la ierre. Vélernité découvrira ce que le Seigneur a fait. Je vois déjà une partie accomplie de ce que Notre-Seigneur m'a fait connaître ; et, quand le reste arrivera, je vous dirai : Nunc dimitlis. Je vous assure en Dieu même que \ vous n'êtes pas là seulement pour le petit Prince, mais \ pour le plus grand Prince du monde. Un peu de patience \ vous découvrira bien des choses. Plus vous serez faible en vous, plus vous serez fort en Dieu ; c'est en lui que je vous suis tout ce qu'il a fait. Je vous supplie que votre cœur me corresponde de loin. Je suis fort appliquée à Dieu pour vous ce matin. J'ai dit que je ne suis qu'un enfant, je ne sais point parler. Ne dis point : je suis un enfant, car tu iras partout où je t'enverrai, et tu diras tout ce que je le commanderai. Voilà ce que l'on m'a imprimé

Guyon raconte au duc de Chevreuse que le « petit prince s'offre à souffrir pour l'empire d'union ; ce sera lui qui le fera fleurir, dit-elle ; il en sera le chef, comme mon saint (saint Michel) sera son protecteur spécial »(Mss. de saint Sulpiec, I" recueil Chevreuse, p. 12C). — « Elle avait prédit, écrit Phelippeaux, que son oraison revivrait sous un enfant » , et l'on interprétait la prophétie comme se rapportant au duc de Bourgogne. Peu de temps avant l'apparition de VExplication des Maximes, Fénelon lui-même aurait fait dessiner par Silvestre, peindre par Bertin et graver par Lcclerc une estampe représentant « le duc de Bourgogne en habit de berger, la houlette à la main au milieu d'un troupeau d'animaux de toute espèce ; au bas de l'estampe étaient ces paroles d'Isaie : puer paruulus minabit eos. Mme Guyon est sans doute la nourrice, elle qui crève de grâce et en donne aux autres de sa surabondance. On prétendait représenter par ces emblèmes tous les états et toutes les passions calmées et vaincues par l'esprit d'oraison, que la prophétesse était venue apporter au monde » (Phelippeaux, loc. cit., t. I, p. 198-9) ; cf. Lettres du 3i août et du 28 septembre 1689, p. 371 et 276.

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