‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 293 sur 350 · I. Sur cet emploi de ici, cf. Lettre XXI, p. 66 et n. i · texte numérisé non relu

I. Sur cet emploi de ici, cf. Lettre XXI, p. 66 et n. i

3. Ceci répond à la demande qu'avait faite Fcnelon dans sa Lettre du 3i août ; cf. p. 271.

3. Féneloa s'assimilera toutes ces idées et les développera dans une lettre à Mme de Maintenon (= Instructions, XXVII, t. VI, p. i3i-3)

/i. Je n'ai pu découvrir quels amis Mme Gujon avait à Saint- Quenti»» .

Je suis si certaine de son soin sur vous, que je n'en puis douter. Il ne veut de vous rien autre chose, sinon que vous soyez bien petit, très dépendant de lui, et que vous le suiviez inviolablement, quoiqu'il en coule, par les routes intérieures et les mouvements qu'il inspire luimême. La fidélité à suivre ceux qui sont fort aperçus vous éclairera et vous stylera pour ceux que leur extrême délicatesse rend presque imperceptibles. Vous ressentirez encore du temps la peine de l'humiliation que causent les fautes, surtout dans le poste où vous êtes. Mais

. accoutumez- vous d'y être immobile, et de ne point mettre la main à l'Arche comme Oza*, quand même vous la verriez chanceler; car, quoique ce fût une bonne œuvre pour un autre, elle ne vaut rien pour vous, que Dieu veut entièrement passif. Gela fait beaucoup mourir. Cependant, quelques fautes dans lesquelles vous puissiez être tombé, il ne faut par aucune activité auprès de Dieu vous remettre bienaveclui, ni avec les créatures, à moins que la charité du prochain n'y fût intéressée ; mais souvenez-vous de laisser tomber - tous les mouvements de la nature, qui, sous les prétextes les plus justes du monde, veut toujours raccommoder ce qui est gâté. Plus l'on est actif, plus il faut agir

* activement, mais plus l'on devient simple, plus il faut remédier à ses maux simplement ; mais, lorsqu'on est passif, il faut rester comme mort, sans la moindre action, quoique l'on se sente piquer. Ceci est très dillicile pour la pratique, demande beaucoup de mort et de fidélité, mais c'est aussi d'une grande pureté, et la seule pureté en peut découvrir l'extrême pureté et la profondeur de la mort. Votre cœur est trop à Dieu, pour se laisser gagner au plaisir de l'élévation. Il se laisserait plutôt pénétrer de la douleur que de la joie ; vous pouvez

I . Texte de Dutoit : Ufa (sic) ; mais Tallusion est certaine au récit des Rois, II, m, 6.

a. Sur cette formule, cf. Lettre VIII, p. 3i et n. a.

réprouver par vos fautes, qui entrent plus que les avantages. Cependant je vous assure que ceux-ci seront poussés à cause des desseins de Dieu sur vous, qui veut que vous soyez une lampe ardente et luisante * , jusqu'à ce qu*il l'éleigne lui-même, pour la rallumer de nouveau d'un feu qui ne s'éteindra jamais.

Je ne réponds rien sur le mariage ^ : M[adame] de C[hevreuse] vous aura tout dit. Tout ce que je vous puis dire, tant que la fille a été à moi, j'ai dil et faitce que j'ai cru devoir. Dès que par son mariage elle a été à un autre, je me suis sentie dépouillée de tout ce qui la regardait pour l'extérieur, sans qu'il me soit possible d'y prendre aucune part. Je ne sais si vous me comprenez ^.

Je vous assure que l'on ne peut être plus unie à vous que je le suis*. Dieu qui le fait, le continue et l'augmente même avec bien de la douleur. Il n'y a personne à qui Notre-Seigneur me tienne comme pour vous. Vous êtes selon ses desseins. Je vois souvent avec une complaisance infinie l'amour qu'il vous porte, et comme il vous a choisi entre tant d'autres, pour être l'objet de ses complaisances. H a fait et fera en vous de grandes choses °, mais il ne regarde en vous que votre petitesse et votre docdité à le suivre, quoiqu'il en puisse coûter. Ce sera, dans les autres, la violence qu'ils se feront, qui ravira le ciel; mais en vous, la petitesse et la docilité, la faiblesse même ravira le cœur de Dieu. Si je pouvais

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