INTRODUCTION LXXXI
Quiétisme ne pourra s'empêcher d'approuver, sera le type et le chef-d'œuvre de cette diplomatie spirituelle *. Les dernières lettres à la comtesse de Gramont, les lettres à la comtesse de Montberon ou à la duchesse de Mortemart auront des mots moins audacieux que celles à Mme de Maintenon. Mais il est impossible d'y découvrir la plus timide abjuration de sa pensée antérieure. Bien loin de se rallier à la « pernicieuse, insoutenable et indigne doctrine ^ » de Bossuet, il reste fidèle à celle de Mme Guyon « qu'il n'a jamais voulu condamner ^ ». Il fera plus: dans les dernières années de sa vie, il reviendra à ces premières lettres, qui ont scandalisé ses examinateurs, il les reprendra amoureusement ; et, après en avoir adouci quelques expressions, il laissera des amis sûrs les répandre dans le public en des petits recueils anonymes * pour tenter par là de reconquérir à son rêve et à Mme Guyon les âmes pieuses que sa condamnation avait détournées de lui : dernière affirmation de son innocence, dernière protestation contre le triomphe de ;< l'indigne doctrine », dernier acte de foi en son idéal et en son amie.
Que ceux donc qui ont lu les Lettres spirituelles de Fénelon, et qui ont gardé le souvenir de leur vertu consolatrice, que ceux-là sachent d'où leur est venue la parole d'apaisement.
I. A Versailles, lo mars 1696, t. VIII, p. li^Q-hôS. a. Lettre au P. Le Tellier(i7io), t. VII, p. 664, d- 665, g. 3. [Ramsay], Histoire de la vie, etc., édit. cit., p. ^7. h. Sentiments de piété. Sentiments de pénitence, Entretiens spirituels, etc. (cf. La correspondance spirituelle, etc., art. cit., p. 55, 69 et n. /»).