‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 96 sur 350 · Cf. Lettres des 7 juin et la juillet 1O89. p. 163 et log · texte numérisé non relu

Cf. Lettres des 7 juin et la juillet 1O89. p. 163 et log

I,. SureeKe conMrurlion. Cl. i.eltrcs CX\1\, p. .lijetn. 1.

lui, que je suivisse ses conseils et lui demandasse les choses; qu'il fût Phéritier de ce que Dieu m'a fait écrire, qu'il la corrigeât et brûlât même*, ce que je ne crois pas qu'il fasse, enfin que je lui laissasse absolument (sic). Je me suis contentée de lui proposer, mais, voyant qu'il y avait quelque répugnance, j'ai attendu le temps de Dieu, qui saura bien le disposer, selon qu'il me fait connaître qu'il veut les choses. Dieu me donna cette simplicité à son égard, de lui écrire selon le mouvement qu'il m'en donne, quoique je sache qu'ayant autant d'esprit et de science qu'il en a, il ne peut trouver dans mes expressions et dans ce que je lui écris que des pauvretés. Mais tout cela ne me met pas en peine ; je n'y peux faire d'attention, et il saura discerner ce qui est de Dieu d'avec ce qui est de ma pauvreté ; la petitesse qu'il exercera, me supportant, étant fort agréable à Dieu, et fait que ce qui est de Dieu a toujours son effet, quoique non toujours aperçu. Juin 89^.

Quelque^ union que j'aie eue pour le père L [a] C [ombe] * j'avoue que celle que j'ai pour M. L. '^ est

I. Cf. plus loin, Lettres I, p. i3 et LXXXIV, p. aoa. 3. Juin 8g a été ajouté de la main de Mme Guyon. C'est la date, où a été rédigée cette partie de- la Vie.

3 . Ce paragraphe est sans doute un peu postérieur aux précédents : l'écriture en est différente.

4. Depuis 1 671, le P. François Lacombe, barnabite, avait été le compagnon de voyage, le directeur et l'ami de Mme Guyon. On prétendait même qu'il. avait été pour elle quelque chose de plus. H était enfermé par ordre du Roi depuis 1G87 ; cf. Phelippeaur, loc. cit., I, p. 39. Bossuet a utilisé ce passage dans sa Relation : cf. plus haut, p. 3 et n. 6.

5. M. L. a été écrit dans l'interligne par Mme Guyon. La copie porte N.

rN

éprouvée'. Il en est de même pour ce que je souffre pour lui. Cette diirérence ne peut jamais tomber que sous rexpérience. Je crois que Dieu me l'a donné de cette sorte, pour l'exercer et le faire mourir par l'opposition de son naturel ; aussi vois-je clairement qu'il ne sera point exercé par les fortes croix ', son état étant uni et non sujet aux alternatives de douleurs et de joie. Il faut donc détruire sa propre sagesse dans tous les endroits où elle se retranche ; et c'est à quoi il me parait que Dieu me destine. II. me semble^ qu'il m'a choisie en ce siècle, pour détruire la raison humaine et faire régner la sagesse de Dieu par le débris de la

I. FcneloD fail allusion à celle préférence de Mme Gujon pour lui dans une lettre !t i'obbè de Cbanterac du il leplcmbre iCgS (t. IX. p. 533, d).

1. « Vous ne serei poinl conduit par les fortes croii. n (Lattre de Mme Guyon à Fénelan du i5 juin i68g) : cf. plus' loin, p. l^3.

î. Boasuel a condensé cette deniièrc page daag une citation de sa Helalla- (n, % lî. èdil. cit.. t. XX, p. 37) : « Il m'» semblé, dit-elle.

pour iUblir la sagesse de Dieu par la destruction de la sagesse du monde ; il établira les cordes de son empire en mol. et les nations reconnaîtront sa puissance. Son esprit lera répandu en toute chair ; on chantera le cantique de l'Agneau comme vierge, et eeui qui I« chanteront seront eeui qui seront parfailoment désappropriés ; ci que je lierai sera Lo, ce que je délierai sera délié. Je suis cette pierre fichée parla croii sainte, [cjelce parles architectes: elle reste que j'ai lu à M. l'abbé de Fénelon, 11 sait bien ccui qui assistaient à la conférence, el que c'était lui seul que je regardais, n M"" Gujon avait essayé en vain d'expliquer ce passage à Bossuet : a Je lui ai cclairci l'article de litr et dHïir, qui consistait en une autorité intérieure pour tirer les imea peinéea de leur peine, ete. » (Lettre inédite au duc de Chevreuse du i" septembre i6g&, mss. do Saint- Sulpice. I" Recueil Chevreuss, p. g'j) ; cf. plus haut, p, 3 cl n, J.

sagesse humaine et de la propre raison. Le Seigneur fera un jour éclater sa miséricorde ; il établira les cordes de son empire en moi, et les nations reconnaîtront sa puissance souveraine. Son esprit sera répandu en toute chair ; mes fils et mes filles prophétiseront, et le Seigneur mettra en eux ses délices. C'est moi, c'est moi qui chanterai du milieu de ma faiblesse et de ma bassesse le cantique de l'Agneau, qui n'est chanté que des vierges qui le suivent partout ; et il ne regarde comme vierges, que ceux dont le cœur est parfaitement désapproprié. Tout le reste lui est en abomination. Oui, je serai en lui dominatrice de ceux qui dominent; et ceux qui ne sont assujettis pour quoi que ce soit, seront assujettis en moi par la force de son autorité divine, dont ils ne pourront jamais se séparer, sans se séparer de Dieu même : ce que je lierai sera lié; ce que je délierai sera délié; et je suis cette pierre fichée par la croix, rejetée par tous les architectes, qui sont les forts et les savants, qui ne l'admettent jamais, mais qui servira cependant à l'angle de l'édifice intérieur, que le Seigneur s'est choisi pour composer cette Jérusalem descendue du Ciel, pompeuse et triomphante, comme une épouse qui sort de son lit nuptial.

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