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Fénélon

Les difierentes études ici réunies, parues à des dates diverses, depuis une quinzaine d'années, au hasard des découvertes et des circonstances, tirent leur unité non seulement de la physionomie toujours vivante de Fénelon, mais surtout de l'ensemble convergent des détails historiques rassemblés sur sa vie et son caractère. Deux aspects surtout nous y sont révélés: son rôle presque inconnu de prédicateur et en particulier l'épisode, capital dans sa carrière, de la condamnation de son livre des Maximes des Saints.

L'appel à la Bibliographie critique de Fénelon, placé, par la nature même du sujet, en tète des autres articles, reparaît sans changement aucun. Ce fut un pur projet, qui, n'ayant eu jusqu'ici ni écho, ni commencement d'exécution, doit être proposé dans les mêmes termes, avec le caractère actuel et pressant que lui donne l'approche du second centenaire de la mort de Fénelon.

Malgré plusieurs recherches sur les sermons de Fénelon, l'étude de la carrière oratoire de ce novateur en éloquence religieuse semble avoir fait peu de progrès. Raison

de plus pour grouper les trop rares et menues découvertes relatives à des souvenirs, par malheur assez vagues, de sa prédication soit à Paris, soit dans son diocèse.

Plus abondante, la série des textes inédits qui se rapportent à l'histoire, toujours ouverte, du Quiétisme, tient une place considérable dans la biographie et la psychologie de Fénelon. Il importait donc de compléter par de nouvelles lettres publiées d'abord par la Revue Bossuet, et par quatre lettres inédites que m'a communiquées M. l'abbé Ch. Urbain, la correspondance d'Antoine Bossuet avec son fds, le neveu de l'évèque, agent si passionné de la poursuite entreprise à Rome, de la condamnation des Maximes des saints. Ces Lettres sur le Quiétisme nous font entrer plus profondément dans l'histoire du procès de Fénelon. Là nous sont relatées les intrigues de Rome et de Paris, et l'entourage de Bossuet s'y peint au jour le jour. Le zèle passionné et l'acharnement qui animait les « familiers » deTévêque de Meaux contre l'archevêque de Cambrai, s'y étale avec complaisance et nous décrit, dans le détail le plus minutieux, les péripéties du fameux duel dénoué par le bref qu'Innocent XII accorda aux importunités de Louis XIV '.

Le complément naturel de cette enquête sur les dessous, parfois étranges, de la campagne antiquiétiste, menée à

I. On trouve aux bureaux de la Reviie Documents d'Histoire (rue Lacipède, i5, Paris v<;) les deux textes inédits de Fénelon, absents de toutes les éditions, que j'ai eu occasion de découvrir, à savoir: i" Un Projet de Commanaaté. publié pour la première fois dans les Etudes du 20 octobre igo3, où se reflètent tout ensemble l'esprit novateur, hardi, et l'esprit pratique, presque positif qui voisinaient chez lui sans se confondre ; 2" L'extrait de la Revue de Philosophie, publié en tgoi, d'après les manuscrits de la Bibliothèque nationale qui nous révèle un nouvel aspect de Fénelon métaphysicien, un des fragments les plus intéressants des Œuvres inédites de l'archevêque de Cambrai.

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