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Le mot a été omis

Je ne scay s'il a d'autres ordres mais il a dessein de se faire prestre bien tôt.

Sa famille est de tout temps amie de la notre et le père est mon ami part[iculi]<"'. Je uous prie de lui accorder ce qu'il demande si les choses j sont disposées [;] le filz est un homme d'esprit et de très bonnes mœurs.

J'ay mandé a M"" Guerin de preuenir M. vo[tre] grand Vicaire * pour ne pas nommer sans sauoir notre intention sans s'exposer néanmoins a uous laisser preuenir ni surprendre et que led[it] S[ieu]'' Guerin vous fasse sauoir s'il j a une vaccance[,] le nom et toute l'instruction nécessaire, siiiuant son auis vous donneres les ordres que vous jugores a propos

A Monsieur Monsieur L'abbé

Bossuet au palais Massimi

a Rome -

De la même date que cette lettre, s'en rencontre une de l'archevêque de Reims, partiellement publiée dans les éditions ^, mais à compléter fortement, en ce qui concerne les nouvelles étrangères au procès du Quiétisme.

il [Bossuet] m'a dit deuant que de partir pour Meaux qu'il vous en adresseroit a rome plusieurs exemplaires '^ par un courier extraordinaire dez que cette impression sera acheuée

1. C'était, nous l'avons vu plus haut, (p. 162, note i) l'abbé de Chateauneuf.

2. C'est la seconde des adresses rencontrées dans cette correspondance qui nous indique le domicile à Rome de l'abbé Bossuet. Cf. plus haut, p. 124 et plus bas, p. 216, 219 et 220. L'adresse extérieure portait aussi ces mots, indiquant, sans doute, la taxe à percevoir : Deub (dû) de Paris, 3i (trente et un sols sans doute).

3. Deforis, t. XIV, p. 5i3 ; Lebel, t. XLI, p. 523 ; Lâchât, t. XXX, p. 89. C'est la lettre commençant par les mots : « J'ay receu monsieur vostre lettre du 28... » Après la fin de phrase se terminant par : va paroistre, se fermait le crochet indiquant, dans la pensée de Dom Goniac, le passage à publier. Le reste, consistant en nouvelles du temps, a été omis. Nous ne donnons ici que la partie inédite. L'autographe porte, en tète : « A fontainebleau Lundy matin 10' oct. 1698 ».

II. Il s'agit de la réponse intitulée Remarque sur la Réponse, etc.

Mademoiselle fut hier fiancée dans le cabinet du roy par M le card. de Coislin [.] M le duc d'Elbeuf est porteur de la procuration de M le duc de Lorraine, ce mariage sera fait aujourd'hui dans la chapelle de S. M. ou ie m'en vas descendre pour y assister.

Madame la duchesse de Lorraine ua aujourd'huy a paris ou monsieur et madame la mènent [.] elle en partira ieudy dans les carosses du roy seruye par la maison de S. M. Mad[ame]e la princesse de Lislebonne la conduit, elle sera a bar samedy 25 de ce mois et elle y trouuera M le duc de Lorraine.

Le roy et la reine d'Angleterre sont icy de mercredy dernier, leurs Majestés y demeureront iusques au 34 de ce mois, le roy nostre maistre ne retournera a Versailles que le I3<^ novembre, iamais la cour n'a esté si grosse qu'elle l'est icy, il y fait un temps admirable.

ie vous prie de dire a d[om] Estiennot que la lettre du aS du mois passé m'a aussy esté rendu auec ce qui l'accompagnoit, et de luy faire lire celle cy qui seruira s'il vous plaist de responce à la sienne, ie suis tout a vous

l'ar. duc de Reims

La Revue Bossuet a publié une lettre d'Antoine, du 17 octobre, dont le texte est suggestif.

Paris, 77 octobre [i6]g8, vendredi

Vous reverrez enfin le sieur Mauriss[eran] * M. de M[eaux] n'a pas jugé à propos de parler encore au roi pour sa course. S'il se fait quelque chose de ce côté-là, on ne lui fera point de tort. J'ai demandé à M. Soin un mémoire de ce qu'il lui a donné pour vous l'envoyer. On lui a donné près de douze cents livres en cette, ville sans ce qu'il avoit reçu de vous. Cela ne s'est pas passé entre eux tout à un mot. Le sieur Maurisseran doit être content, on ne donne pour la course d'ici à Rome ordinairement que mille à onze cents livres.

I. Ce nom est celui du courrier. Cf. plus bas, p. 218 et 226.

LETTRES SUR LE QUIÉTISME 2l3

Vous serez content du livret ' . Je ne doute point du succès. Le caractère de M. de Cambrai y est au naturel. M. de Meaux répond parfaitement à tout.

Ce qui règne partout est visiblement que M. de Cambrai n'a fait le livre des Maximes des saints que pour défendre et soutenir ceux de Mme Guyon et de Molinos, dont vous avez vu par un journal des protestants de Hollande ou d'Angleterre qu'il étoit soupçonné d'être sectateur ^.

De sermon du P. de la Rue, jésuite, que je vous ai envoyé, est mal copié. Il en a fait un autre, aux Carmes déchaussés, le jour de sainte Thérèse, que tout le monde dit qui est incomparablement plus fort sur la même matière. Votre frère a été à tous les deux.

On m'a dit qu'un minime revenu de Rome depuis peu et qui y a demeuré plus d'un an, disoit que sans la France, on croit que le livre de ÎNI. de Cambrai auroit passé à Rome. Il a nommé, entre autres zélés pour le parti, un M. l'abbé Boucher, à qui on a promis un canonicat de Cambrai.

Il y a longtemps que je vous garde un paquet pour vous ; sans cette occasion, j'aurois attendu votre retour. J'en ai brûlé cinq ou six autres ; je connois la main.

Je vous envoicrois les deux lettres pastorales de M. de Cambrai contre la dernière lettre pastorale de M. de Cliartres, si je ne croyois que vous les avez. En tous cas, tenez pour certain qu'elles sont foibles. On dit que M. de Chartres répond, et que M. de Paris a envoyé à Rome il y a quelque temps sa réponse, par notes brèves, en marge de l'écrit latin que vous avez envoyé. Je ne sais s'il les a fait voir à M. de Meaux. Ce sont toujours trois réponses et trois évêques contre un qui est en tout faux et dangereux.

M. de Meaux, non plus que M. Chasot ne m'ont point envoyé de lettres pour vous. Ils sont occupés à faire les honneurs à Mme

, I. Les Remarques sur la Réponse de M, l'Archevêque de Cambray à la Relation sur le Quiétisme (Note de la Revue Bossuei).

2. Sur celte perfide insinuation et les « preuves » dont elle s'étayait, il faut lire la page vengeresse de M. l'abbé Henri Bremond dans son beau livre Apologie pour Fénelon, Paris, Perrin, 1910. \oir surtout, p. 287 et suiv. 6i Documents d'Histoire, juinjigio, p. 291 et septembre, p. 457.

la duchesse de Lorraine qu'on appelle tout court Madame Royale M. de Meaux tint hier son synode et va demain faire une religieuse £ Faremou tiers où le P. de la Pose prêchera '.

Anisson vous envoiera un mémoire de la quantité des exemplaires ; ce sera environ cent. J'ai mandé à M. de M[eaux] qu'il avoit acccoutumé d'écrire à S. S. et à M. le cardinal Spada, il me semble. Vous y suppléerez s'il est besoin. Votre tante et votre frère vous embrassent. Ne manquez pas de nous entretenir dans les bonnes grâces de l'abbé Phylippeaux. Portez-vous bien tous deux; finissez bien vos affaires et revenez en bonne santé.

Il me semble que l'on avoit dit que vous aviez fait partir des tableaux, et plus je n'en ai plus ouï parler.

^I. de Meaux sera lundi à la cour pour donner son dernier livre au roi.

Depuis ma lettre écrite, M. Souin m'assure qu'il a payé au courrier, outre 36o livres à son arrivée 60 louis d'or présentement compris les 100 livres mentionnées au premier article de cette lettre, qui font 84o ; ce qui fait, avec ce que vous avez fourni à Rome, i^So. C'est payer grassement; ainsi ne donnez plus rien. On lui a fait espérer si le roi paye et qu'il donne davantage de lui rendre raison sur cela. Cependant ne lui donnez rien et remettez à ce que nous vous mandons. On a payé les valises ; il porte cent exemplaires, sans ce qu'on vous envoiera par la diligence de Lyon qui arrivera par le prochain ordinaire.

17 oct., à une heure après midi-.

On verra, par la lettre du 18, que Bossuet avait été retenu par les incidents de ce mariage et par son synode. Mais les affaires du Quiétisme n'en figureront pas moins assidûment dans chacune des lettres d'Antoine jusqu'au terme de cette correspondance, brusquement interrompue par sa dernière maladie, au début de l'année 169g.

A mesure que le procès se déroulait à Rome, Antoine prenait une part plus vive aux débats. Son ardeur pour le

1. Cf. Lâchât, t. XXVIII, p. 53o, et E, Griselle, De Munere pastorail' Bossuet, p. 1 1 1 (Note de la Revue BossueC).

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