T. V, Lettre XXII, j.. 25i
3. C'est la répons(î à la phrase de la leltri' [iri'ccdeiite : k J'aurai quelque confusion de cela, etc. »
t\. Cf. Lettre XLI, p. 109 et n. 1.
120 FÉNEI.ON KT M OUYON
cragir sans raisonner, l'uis mon raisonncmcnl me inel en iticcrlilnde. Dien nrhumilic. Ce 22 travril 1689 '.
Je crois, Monsieur, que dans les choses qui sont iiulilférenles, vous ne devez pas attendre une pente marquée ; mais faire bonnement, sans beaucoup raisonner, ce que vous aurez à faire. Il y a certaines choses dans le train ordinaire, où il ne faut qu'aller tout uniment ; il y en a de plus de conséquence, et je ne doute poitit (|ue dans celles-ci Dieu ne vous y conduise. Je persiste à croire que vous devez tenir cette conduite de pur abandon, et ne vous point étonner si la nature et la propriété s'y glissent : cela se purifiera à la suite; et, en agissant simplement et sortant un peu de vous-même, vous éprouverez peu à peu que la grâce prendra la place de la nature ; mais, si vous continuez d'agir par la seule raison. Dieu voulant vous faire perdre celte voie, vous resterez toujours de plus en plus flottant. Il faut remarquer, que souvent la nature et la propriété ne prennent leur part de la chose, cpie lorsqu'on l'exécute, ou après que la chose est faite : c'est une misère qui dm-e autant que notre propre vie.
Il vous sera très ditTicile de ne pas prendre le parti que je vous dis ', parce que, Dieu ayant sur vous un dessein particulier, et voulant être votre principe uni-
1. Si la date donnée par Dntoit est exacte, il y aurait un intcrvnllc de i3 jours entre cette lettre et celle à laquelle elle répond, tandis que pendant la semaine sainte les lettres se succédaient quotidiennement. Le dcj)art de Mme Guyon pour la campagne en est peut-être la cause.