‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 182 sur 347 · Cf. Lctttre YIII, p. 3i, n · texte numérisé non relu

Cf. Lctttre YIII, p. 3i, n

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l'I naturelles, sans nulle allectation. Il le (ail pour augmenter voire foi et votre abandon ; el c'est ce que fait ce réveil ', que vous a causé ce que j'ai fait sans y penser. C'est assez la conduite de Dieu sur les ànics, qu'il choi- >it aussi singulièrement qu'il a fait la vôtre, que de les laisser en l'air, sans appui, parce que rien ne décide chez elles que le moment de la Providence, exécutrice des volontés de Dieu.

Il n'en est pas de même des âmes de lumières. Elles Aoient de loin ce que Dieu veut d'elles ; puis, elles travaillent el bâtissent sur la certitude qu'elles ont, pour réussir dans ce qu'elles croient cjue Dieu veut d'elles. Il en est autrement de vous. Dieu vous cache ses desseins, pour vous ôter le soin et l'occupation d'une chose, à laquelle vous ne pouvez contribuer qu'en mourant incessamment.

Vous éprouvez les commencements des ruses de la na- Inre, pour se soutenir en toutes choses. Vous en verrez bien d'autres à la suite ; mais elle ne gagnera guère avec vous, si vous laissez tout arracher à Dieu-, et si vous demeurez délaissé, comme vous faites, sans soin, ni souci de vous-même. Dieu est plus glorifié d'un renoncement égal à celui-là, c{ue de tous les miracles possibles et de toutes les actions les plus éclatantes.

Je goûte votre cœur dune manière que je ne vous puis exprimer, et j'y trouve une convenance entière. 0 que vous êtes bien, et que le bras qui vous porte est puissant ! Il faut laisser tomber vos défauts, lorsque l'on vous les montre, sans sortir de votre immobilité foncière, pas même par un désaveu \ Ce que je dis est hardi : cepen-

1. Cf. Lellro XI-VII. p. laS; « Une ccriainc sonsibiliti; rém/Zét' sur cette matière. »

2. Sur cette construction, cf. fragment d'aulohiographie, p. i et n. 2, Lettre XLI, p. loiS et n. 2.

3. C'est la maxime quiétistc, que l'on a fléjà si souvent rencontrée dans CCS lettres, mais poussée cette fois à son extrême limite.

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dant c'est votre état. Diou no vous montre jamais une tante passée, pour vous porter à y remédier ; mais il le fait, coniinc un jardinier habile, qui montre à son enfant les mauvaises herbes, sans lui |iermettre de les arracher : il le veut faire lui-même; et, ce c|ui vous surprendra dans la suite, c'est que, lorsque Dieu vous fera voir des défauts plus intérieurs, il ne vous les fera voir, aussi bien que les appuis de la nature, qu'en les arrachant. Vous êtes le jardin de l'Époux, dont il estinliniment jaloux, et si jaloux qu'il ne voudrait pas que nous missiez la main à l'œuvre. Tout ce qu'il vous permet, c'est de voir avec une complaisance d'amour, (|u'il le regarde seul, et le plaisir qu'd prend, sans penser à vous, ni à votre avantage. Vous pouvez prétendre à tout, sans prétendre à rien. Celui qui vous défraie est plus que suffisant pour tout. Dans l'état où vous êtes, tout sert h vous détruire et à vous faire mourir '.

J'ai manqué de simplicité, ne vous ayant pas n)andé positivement que mon enflure ^ n'était nullement à craindre. Je suis tellement à Nolre-SeiiJ'neur mal»ré toutes mes misères, et il prend un soin si particulier de moi, que, si je pouvais prendre ([uelque intérêt à ce qui me touche, je mourrais de reconnaissance': et il me semble que Dieu est tellement l'àme de mon àmc, et la vie de ma vie, que je n'ai plus d'autre àme que lui. 11

1. Cette lettre, étant la réponse à la I^ettrc XLVII, doit l'Ire des premiers jours do mai.

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