II. Lettre inédite du i" septembre i6(j4 (1. c, p. gi-go
5. « Dieu lui avait donné dans sa prison, et comme le fruil de ses Iriil'uu:, un autre liomme encore plus intime que le Père La Combe ; « et quelque grande que fût son union avec ce Père, celle qu'elle « devait avoir avec le dernier était encore bien autre chose ». Sur cela ie ne veux rien deviner, et je rapporte ici seulement cet endroit de sa \ ie, pour montrer que le faux mystère se continue » (nelalion sursur le Quiétisme, Yl, § i8, édit. cit., t. XX, p. i^ig); cf. plus loin,.
FKNKLUN HT M r.UVON 3
|P- T^'.i-l' Quelques jours après ma soilic^' je lus à B|cyncs|'' chez M[adamc| de C|liarost]'% où 11 inc fut parlé de M. L". Un soir, je fus tout à coup occupée de lui avec une extrême force et douceur. Il me sembla que Notre-Seigneur me r»missait très intimement, et plus que nul autre, il me fut demandé un consentement : je le donnai; alors il me parut qu'il se fit de lui à moi comme une filiation spiriluelle. .T'eus occasion de le voir le lendeuiain ; je sentais intérieurement que cette première entrevue ne le satisfaisait point, qu'il ne me goûtait pas ; et j'éprouvais un je ne sais quoi, qui me faisait tendre à verser mon cœur dans le sien ; mais je ne trouvais pas de correspondance '', ce qui me faisait beaucoup souffrir. La nuit, je souffris extrêmement à son occasion ; nous fûmes trois lieues en carrosse ' en-
[>. i cl lo, les textes exacts auxquels Bossuct l'ail ici allusion, et p. i i, n. 3, un autre passage utilisé j)ar lui.
1. La page 789 débute par les 'lernièrcs lignes d'un paragraphe commencé à la page précédente. — Je ne conserve pas ici l'orthographe souvent fantaisiste et incertaine de la copie.
2. Après sa sorti? de la \ isitation le i3 septeudjre 1688 (Fù>, édit. cit., t. III, p. 99).
3. Bcynes, petit village sur la Mauldre, à 4 lieues à l'Ouest de Versailles. La duchesse de Cliarost y avait une maison de campagne.
If. Marie Foiicquet, fille unique du surintendant, mariée depuis il)57 à .\rinand de Bélluine, duc de Charost. Elle avait alors liH ans.
5. M. L. désigne ici Fénclon ; cf. plus loin Lettre WIX, p. --. I) n'est pas impossible (pic cet L soit ici l'initiale de Lamothe-Fénelon, et que Mme Guyon l'ait choisie de préféi'ence, comme un symbole de sa maternité spirituelle, puisqu'ellc-mème s'appelait Lamothe-Guvon.
G. Cf. Lettre II, p. 1(1, .etc.
■j. Cf. Phelippeaux, Rdalion, f. I, p. 35 : « Pour leur donner occasion de parler plus librement de dévotion, on les renvoya ensemble do Benne à Paris dans le même carrosse, avec une demoiselle de la dame. Pendant le voyage, Mme Guyon s'applitjua à lui expliquer tous
4 FÉNKLON KT M- GUYON
scnililc [7'ioJ : cela s'éclairail un |)(mi, inaisil iiY'tailpas encore comme je le souhaitais. Je souiliis huit jours entiers ; après quoi, je me trouvai unie à lui sans obstacle, et depuis ce temps, je trouve toujours que Tunion augmente d'une manière très pure et ineffable. 11 semble que mon âme ait un rapport avec la sienne entier ; et ces paroles de David pour Jonathas, cjuc son àinc était collée à celle de' David \ me paraissent être propres à cette union. Notre-Seigneur nra fait comprendre les grands desseins c[u'il a sur cette personne", et combien elle lui est chère. Je ne saurais plus rien écrire de ce qui me regarde, et je ne le ferai plus. Je porte souvent la peine des âmes, pour les en délivrera
Il me fut une fois donné a connaître que iSotre- Seigneur m'avait donné M. L. comme le fruitdemes travaux et de ma prison '. Je me trouve en lui trop bien payée de toutes mes douleurs. Avant cVy entrer, j'avais eu un de ces désirs, que je ne peux proprement appeler désirs, puisqu'ils sont hors de moi, et qu'un plus puissant que moi les opère; et je di-
les principes de sa doctrine, et lui demandant s'il comprenait ce qu'elle lui disait, et si cela entrait dans sa tête : Cela y entre, répondit Tabbé, par la porte cochère. »