‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 144 sur 294 · T. V, Lettre XIII, p. a3o-i · texte numérisé non relu

T. V, Lettre XIII, p. a3o-i

h- Fénelon avait sans doute demandé à Mme Guyon dans une lettre perdue, pourquoi elle ne donnait de l'Écriture qu'un commentaire allégorique, qu'il semble avoir médiocrement goûté ; cf. Lettre du 27 juillet 1689, p. 23i et Lettre LXVI, p. 162.

infinité de gens savants et éloquents qui écriront et qui ont écrit sur les autres sens1. Il n'est pas temps pour Monsieur [de] L[angeron]2 d'écrire : au nom de Dieu3, qu'il meure à cela ! Il viendra un temps, où il lui sera donné des déluges ; tout coûtera de source, et Dieu se servira de lui bien singulièrement. Mais il faut que tout ce qu'il a à présent de naturel,* d'acquis et d'infus- demeure dans la mort, afin de produire un germe de vie éternelle. Il est temps de se remplir sans se vider. Il viendra un autre temps, où il sera d'autant plus plein qu'il se videra davantage. J'ai un grand désir de manger la Pâque avec lui. O qu'il me tarde que cela n'arrive! J'aime tendrement N. G et vous sans distinction 6. Quand seronsnous, non seulement unis, mais un en Jésus-Christ! '.

J'ai été éveillée longtemps avant quatre heures avec une douce et suave occupation de vous en Dieu. Il me semble que l'on ne peut être unie plus intimement, selon l'état présent, que mon âme l'est à la vôtre. De-

i . Les sens autres que le sens allégorique.

2. François Andrault de Langcron, fils d'une dame d'honneur de Mme la Princesse, était né le 20 juin i658. Il avait accompagné Fcnelon dans sa mission du Poitou en 1686. Depuis lors, ils habitaient ensemble et étaient devenus de très intimes amis. Quand Fénelon sera nomme précepteur du duc de Bourgogne, il fera venir à la Gpur l'abbé de Langeron, comme lecteur des princes.

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