‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 170 sur 294 · Cf. Fragment d'autobiographie, p. 7 et n. 1 et · texte numérisé non relu

Cf. Fragment d'autobiographie, p. 7 et n. 1 et

aveuglément ce que je crois sa volonté, et je suis toute prête de me démettre de mes pensées, si vous, Monsieur, pour qui Notre-Seigneur me donne une confiance entière, me le disiez. Ne m'épargnez pas, lorsque vous verrez du défaut ou de la méprise : pour de la droiture, il me semble que Notre-Seigneur m'en a donné beaucoup, et une extrême simplicité, qui exclut également le retour et le propre intérêt du temps et de l'éternité.

J'eus hier une forte impression de croix : j étais au lit (car mon accès a été de a 6 heures, et j'en suis fort faible) ; tout ce que je pus faire, fut de dire avec Jésus- Christ, me voici prête à toutes vos volontés ! ne m'épargnez pas ! Il se fit en moi une nouvelle alliance avec la croix avec l'impression de ces paroles : Sponsabo te in fide et in œternum*. Je ne saurais m'empêcher de vous écrire avec la simplicité d'un enfant. Lorsque vous serez importuné de moi, dites-le moi avec une extrême simplicité. Je crois comme vous, qu'il ne serait pas à propos que j'eusse la consolation de vous voir souvent, et je vois que Notre-Seigneur supplée de loin à tout. Lorsque je vous l'ai mandé, je ne croyais pas même que cela fût faisable par rapport à vous ; je le fais par fidélité, et je reste morte, ou plutôt très indifférente au succès2. C'est à moi à vous exposer les choses dans ma simplicité, et à vous à agir selon vos vues, et suivre ce je ne sais quoi, qui vous fait embrasser les choses ou les rejeter ; pour moi, je ne suis capable que d'obéir à ce certain inconnu, qui veut aussi que je vous obéisse en mille choses. En vous écrivant même je trouve à présent ce je ne sais quoi aussi pur qu'intime, qui m'unit à vous, et qui me convainc que l'éloignement des lieux n'empêche nullement la communication des purs esprits 3. Usez-en en simpli-

iê Osée, II, 19-20.

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