‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 235 sur 294 · T. V, Lettre XLII, p. 3o/i-3o · texte numérisé non relu

T. V, Lettre XLII, p. 3o/i-3o

/». Texte de Dutoit : « tout ce que vous dites pour M. D. V. pour M. G. H s'agit, etc. » Même correction qu'au début de la lettre précédente.

5. Sur l'identification possible de ce personnage, cf. lettre précédente, p. 220, n. 2.

fii FÉNELON ET M- GUTON

Dieu, qui lui a été communiqué ; et c'est de cette sorte qu'il se trouve lié à moi. Je le trouve fort droit, mais je n'ai rien au dedans pour lui. Cependant j'ai une certaine facilité à éclaircir tout ce qu'il me demande, et d'une manière qui contente son esprit, en satisfaisant son cœur.

Je me suis souvenue tout à coup de ce que j'avais voulu vous dire f de E. *: c'est qu'elle trouve qu'il faudrait beaucoup travailler à corriger votre sécheresse, qu'elle croit être un obstacle à votre avancement. Je lui dis là-dessus ce que je pensais, qui est, qu'en violentant votre naturel, vous le rendriez encore plus sec. Il n'y a que l'oraison et l'onction de la grâce, qui le puisse corriger : à mesure que Jésus-Christ s'emparera de tout vousmême, il vous communiquera la douceur foncière, qui vient du cœur, et non d'une contrainte extérieure. Votre naturel ne se corrigera que par la perte de toute répugnance, qui sont * l'origine de cette sécheresse. L'âme abandonnée à Dieu lui doit laisser le soin de tout ce qui la concerne ; et, comme vous êtes appelé à la foi et à l'abandon le plus pur, vous êtes par conséquent appelé à l'entier oubli de vous-même, qui ne peut compatir avec l'attention pour vous corriger. L'âme, dans l'état d'abandon aveugle, ne doit plus se regarder, ni par réflexion, ni par attention à ses actions, pour se corriger de ses défauts. Elle doit laisser tout le soin de sa perfection même à celui dans lequel elle se repose, étant unie à lui par la volonté. Je pars pour la campagne après dîner. À mon retour, vous saurez ce que vous m'avez demandé4. Je crois que Dieu me donnera la facilité à cause de vous.

i . Dans l'entrevue de la veille, le jour de la Magdeleine. a. Eudoxe-Maintenon ? Cf. lettre précédente, p. 220, n. 4. 3. Sic, Il doit être tombé un membre de phrase entre répugnance et qui.

t\. Dans l'entrevue de la veille.

FENELON A M- GUYON 223

pour mettre beaucoup en peu de mots '. Ce 23 juillet 168g.

XGIII. — FÉNELON A M™ GUYON *

Je vois bien, Madame, que, pour travailler à ce qu'on appelle ordinairement perfection, il faudrait me corriger de ma sécheresse ; mais je ne vois pas qu'elle cause en moi une résistance volontaire aux mouvements que Dieu me donne, et c'est ce qui me console dans mon imperfection. J'ai de deux sortes de sécheresse : l'intérieure par rapport à l'oraison et aux choses spirituelles; l'extérieure, par rapport au commerce avec le prochain. Pour la sécheresse intérieure, je n'en suis pas en peine. Vous savez que c'est une épreuve donnée et non une imperfection volontaire. Cette épreuve sert à éprouver la foi et à faire mourir à tout ce qui n'est pas Dieu. D'ailleurs je ne me la procure jamais volontairement. Au contraire, je lis avec plaisir ce que l'on me donne. Si on cessait de me donner des choses nouvelles, je relirais celles que j'ai'déjà. Si je sentais du besoin, je demanderais secours. Mais, quand je suis en paix et que je ne sens aucun besoin, je ne demande rien, et je me contente de recevoir avec plaisir ce que Dieu, qui connaît mon besoin, quand je ne sais pas le connaître, m'envoie

i . Ce « peu de mots » de Mme Guy on formera, je crois, la Lettre XCIV, p. 228-235.

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