‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 39 sur 294 · Phelippeaux, Relation, t. I, p. 5, sqq · texte numérisé non relu

Phelippeaux, Relation, t. I, p. 5, sqq

5. Réponse à la Relation, t. III, p. 8 ; cf. d'autres témoignages favorables « d'un très grand prélat », Fénelon, Réponse inédite à Bossuet, Paris, 1901, Libr. intern., p. 12.

6. « Je vous l'ai écrit dès le commencement, dans le temps même que je n'avais point de commerce de lettres avec vous » (Mme Guyon à Fénelon, Lettre II, p. 16).

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INTRODUCTION XXXVll

qu'il prît des informations sur cette femme énigmatique, en passant à Montargis au retour de sa mission en Poitou. Tous lui avaient « marqué une haute estime de la piété de cette dame i ». Malgré tout, s'il se sentait attiré, il n'était pas conquis. Trop de choses en cette femme bizarre et imprudente effarouchaient encore ce gentilhomme de bon ton, épris d'élégance, de délicatesse, « trop accoutumé à se servir de sa raison et trop jaloux de ses petits arrangements2». Pour elle, au contraire, elle éprouvait un invincible entraînement : elle retrouvait en lui le bel inconnu mystérieux, dont elle avait rêvé huit ans auparavant, et que jusqu'ici elle avait « cherché partout sans le rencontrer 3 ». Elle sentait qu'il lui était donné ou plutôt imposé, et que « son âme était collée pour toujours à la sienne4 ». Il fallait qu'elle l'eût. Elle l'eut enfin. Ils se revirent; elle souffrit huit jours entiers ; « après quoi, elle se trouva unie à lui sans obstacle, d'une manière très pure et ineffable ». Et désormais, d'elle à lui, « il se faisait un écoulement presque continuel de Dieu B ».

La conquête était triomphale. N'était-ce pas en même temps pour Mme Guy on la confirmation de sa mission divine ? Ce prêtre d'une piété si distinguée, qui avec « autant d'esprit et de science G » ne se lais-

i. Ramsay, Vie, édit. cit., p. 26 ; Bausset, Hist. (le Fénelon, livre H, § X, édit. des Œuvres, t. X, p, 61, g. — Ramsay place cette visite à Montargis après l'entrevue de Beynes, ce qui paraît bien invraisemblable.

2. Fénelon à Mme Guyon, Lettre du 6 avril 1689, p. 102 et io3.

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