‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 75 sur 294 · LXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXX INTRODUCTION

cet homme, devenu son fils d'adoption. A ceux qui, par soi-disant respect ponr une grande mémoire, voudraient ignorer cette influence féminine, non seulement l'âme de Fénelon resterait inconnue, mais encore l'esprit de sa doctrine et sa méthode de direction. Celle-ci — il faut oser le dire, — n'est que du « guyonisme » à pejne transposé ; el ce n'est pas un mince triomphe pour cette femme, que d'avoir su renouveler jusque dans son fond ce rare esprit, qui avait déjà atteint, semble-t-il, sa maturité^ et qui, par tempérament, était plus qu'aucun autre jalouse de son indépendance. Une grande lettre de l'abbé de Fénelon !, antérieure à i683, programme détaillé de vie spirituelle, adressé vraisemblablement à la duchesse de Beauvillier, nous laisse voir sa méthode primitive, avant qu'elle ait été régénérée par Mme Guyon. C'est une réglementation très minutieuse de lajournée chrétienne ; la minutie y est même poussée jusqu'au scrupule ; le nom et la pensée de Jésus-Christ y sont partout présents ; les prières vocales, la lecture méditée, l'utilisation des images matérielles pour soutenir l'esprit dans l'effort de la méditation, — toutes choses dont plus tard il fera si bon marché — , y sont mises au premier plan de la vie intérieure; l'humiliation sous toutes ses formes, même l'humiliation physique des « prosternements contre terre 2 », y est célébrée comme un moyen de salutaire purification ; l'amour et la crainte de Dieu s'y mêlent dans un sentiment de pieuse obéissance. Point de pur amour, d'indifférence au salut, de sainte liberté des enfants de Dieu. L'appela la largeur, à la souplesse,

i. T. VIII, p. /I78, d-483, g.

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