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CONCLUSION

chaque instant de sa pensée, cette préoccupation et ce sentiment de l'art qu'il y avait quelque noblesse, mais surtout quelque nouveauté à exprimer, il semble qu'on puisse cependant appliquer à Fénelon le titre de critique, synonyme d'amateur d'art, éclairé, réfléchi, en attachant à ce mot le sens même où on l'entendait à son époque. Il avait alors une acception très forte, assez voisine du sens latin.

U Amateur d'art sans avoir l'art pour profession, en fait néanmoins pro/ession^a'en occupe avec une diligente tendresse. Nous l'avons vu, en effet, exposer d'une façon très précise, la théorie artistique du xvu*^ siècle ; nous avons tâché ensuite de montrer en lui un critique informé et judicieux, singulièrement en avance sur son époque. Fénelon donne en ceci un démenti éclatant à Topinion courante, qui « s'en va répétant que la critique d'art en France date seulement de Diderot » (1). Enfin, nous avons essayé d'expliquer l'influence qu'il exerça sur l'art du xvnie siècle, par la nature même de son talent, par ses sentiments, par ses tendances, qui y trouvèrent leur prolongement et, si l'on peut dire, leur complet épanouissement.

On méconnaîtrait Fénelon, ou du moins ne le connaitrait-on pas tout entier, si l'on n'envisageait les rapports qui l'unirent à l'art. Il fut un de ces hommes, fervents du Beau, à qui nulle manifestation de la beauté ne saurait rester étrangère, qui pensent que l'on ne peut plei-

(4) Brunetière, loc. cit., p. 209.

nement chérir les lettres, si l'on ignore les arts, et qu'élargir le culte de la beauté, c'est le rendre plus absolu : u le beau ne perdroit rien de son prix, quand il seroit commun à tout le genre humain » (1).

(1) Lettre sur les Occupations, V, § 48.

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