CHAPITRE VI
« TÉLÉMAQUE n
Le Télémaque eut, à l'époque de son apparition (1699), un succès prodigieux, le succès d'une satire ou d'un pamphlet, car ce fut ce sens qui lui fut donné d'abord et de tous côtés. On y vit la critique dure et malveillante de la cour et du gouvernement de Louis XIV. Cette critique flattait les instincts de rancune et de jalousie que Louis XIV provoquait en Europe, la haine des réfugiés protestants et les velléités d'opposition qui existaient en France. Télémaque fut traduit dans toutes les langues de l'Europe; et encore aujourd'hui, dans beaucoup de pays, c'est avec le Télémaque que l'on apprend le français.
Ce succès d'opposition a dû passer avec le temps. Le Télémaque est devenu alors la lecture de l'enfance, le premier roman permis à la jeunesse. Nous en avons tous été ravis à un moment quelconque; mais on ne le relit plus guère aujourd'hui à
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l'âge de la maturité. On a trop lu de romans; on est trop blasé sur les aventures romanesques et sur la peinture des passions pour -que Télcmaque excite encore un vif intérêt. Il faut le lire littérairement; et l'on y trouvera alors de grandes beautés.
Le Télémaque est une imitation de l'Odyssée d'Homère. Au lieu des voyages d'Ulysse et de ses pérégrinations à travers les mers pour revenir à Ithaque retrouver sa fidèle Pénélope, c'est l'histoire des aventures de Télémaque à la recherche de son' père Ulysse. C'était un cadre heureux pour y faire rentrer mille souvenirs des grandes épopées antiques : V Iliade, V Odyssée et Y Enéide. A chaque [)as on devait rencontrer les souvenirs de la guerre de Troie et des vers de Virgile et d'Homère. C'était aussi un cadre d'aventures qui devaient charmer et égayer l'imagination encore si peu blasée des lecteurs d'alors.
Non seulement le sujet de Télémaque est emprunté à l'antiquité, mais encore le livre est plein de souvenirs et d'imitations antiques. Les voyages de Télémaque rappellent les voyages d'Ulysse dans VOdyssée. L'île de Calypso rappelle l'île de Circé. Seulement les breuvages enivrants par lesquels Circé change en brutes les compagnons d'Ulysse sont remplacés ici par les ivresses plus séduisantes mais non moins dangereuses de l'amour. Télémaque échappe aux tentations de Calypso, comme Ulysse aux tentations de Circé. C'est encore à VOdyssée que Fénelon emprunte l'ingénieux artifice qui fait
cacher Minerve sous les traits de Mentor. Le discours de Télémaque à la déesse fait penser au discours d'Enée à Vénus en abordant en Afrique, et à celui d'Enée à Didon lorsqu'il paraît devant la reine, de même que ceux-ci d'ailleurs rappellent des discours semblables dans V Odyssée. Le récit de la tempête du l^"" chant est imité de celui de V Enéide. C'est encore à \ Enéide que Fénelon emprunte, en le développant beaucoup, l'épisode de Pygmalion. Le songe de Télémaque est une imitation des songes antiques et en particulier de celui d'Enée (2® chant de y Enéide). L'épisode d'Idoménée est un souvenir de V Odyssée et de V Enéide (3^ chant). Les combats et les jeux du l®'" chant de Télémaque rappellent les champs et les jeux du cinquième chant de V Enéide. Les énigmes sont encore un écho de l'antiquité grecque, qui aimait passionnément ce genre d'esprit. Les plaintes de Galypso sur la froideur du jeune héros font penser aux plaintes de Didon ou d'Ariane également abandonnées. La peinture de la Bétique est inspirée par les peintures de l'âge d'or dans Hésiode et dans Virgile. Les prières de Vénus suppliant Jupiter de lui sacrifier Télémaque sont un écho des prières de Junon suppliant Jupiter contre les Troyens. La fondation de la ville de Salente rappelle la fondation de Carthage dans l'jE^/ze/^e (lâchant). La république de Salente est une imitation de la République de Platon et un souvenir de vieilles constitutions idéalisées de la Crète et de Lacédémone. La peinture charmante de la vie agricole est un écho du
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célèbre morceau des Géorgiques : O fortunatos ! Les maximes sur l'éducation nous ramènent à la Cyropédie. Le bouclier de Téléraaque est une imitation du bouclier d'Achille dans Homère et du bouclier d'Enée dans VÉnéide. Nous avons déjà fait remarquer que des chants entiers sont des imitations et des traductions. Le chant sur Philoctète est une traduction de Sophocle. La description des Champs Elysées est une imitation transformée du 6° chant de VÉnéide. Il y a même des imitations plus particulières. L'entrée des Enfers est prise de Virgile (6*^ chant). Toute la description du Tartare est presque entièrement traduite. Les Champs Elysées sont aussi une imitation, mais une imitation peut-être supérieure au modèle. Il faut rappeler encore les funérailles d'Hippias, tableau très fréquent chez les anciens, par exemple celles de Patrocle et d'Hector. Nous ne signalons d'ailleurs que les parties d'une certaine étendue; mais à chaque pas on reconnaît le style, les impressions, les expressions mêmes de Virgile et d'Homère. Les épithètes homériques sont fréquentes. Les chants d'xVpollon reproduisent mille chants semblables : « Il chantait les fleurs dont le printemps se couronne... ». La séduction des bêtes sauvages rappelle Orphée dans Horace.
A chaque pas enfin, des comparaisons empruntées aux objets les plus simples et les plus familiers, la mort d'un jeune homme comparée à la fleur tranchée par la faux : « la déesse s'élevait au-dessus de ses compagnes, comme un grand chêne dans une forêt
au-dessus de tous les arbres qui l'environnent », tout cela est souvenir de l'antiquité.
En résumé, Fénelon a emprunté aux anciens son sujet, ses personnages et ses principaux épisodes, de nombreux détails, les songes, les chants, les tempêtes, les batailles, les jeux et les luttes, enfin les descriptions et ses comparaisons les plus fréquentes. Insistons maintenant sur quelques-uns des plus beaux ou des plus brillants épisodes.
Voici Apollon gardant les troupeaux d'Admète, et charmant les bergers par des chants délicieux. Rien de plus doux, de plus aimable, de plus musical que la description de ces chants. « Il chantait les fleurs dont le printemps se couronne, les parfums qu'il répand et la verdure qui naît sous ses pas. Puis il chantait les délicieuses nuits de l'été où les zéphyrs rafraîchissent les hommes et où la rosée désaltère la terre.... Il représentait les forêts sombres, les creux vallons, et apprit ainsi aux bergers les charmes de la vie champêtre. »
A côté de ces tableaux pleins de grâce, en voici d'autres pleins de force et de feu : « Un jour, un lion affamé vient se jeter sur mon troupeau; je n'avais que ma houlette; je m'avance hardiment; le lion hérisse sa crinière, me montre ses dents et ses griffes, ouvre une gueule sèche et enflammée; ses yeux paraissent pleins de sang et de feu; il bat ses flancs avec sa longue queue. Je le terrasse ; trois fois je l'abattis, trois fois il se releva, enfin je l'étouffai. » Sans doute il n'est pas commun de voir un homme
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étouffer un lion; mais nous sommes dans la poésie, tout près des temps héroïques, peu de temps après les exploits d'Hercule.
Les récits n'ont pas moins de brillant que les descriptions. La scène du sacrifice d'Idoménée est des plus tragiques et digne d'un peintre. On sait qu'Idoménée, comme Thésée dans Phèdre, a fait un vœu indiscret. Il a promis à Neptune, pour obtenir qu'il le sauve dans un naufrage, de lui sacrifier la première tête qui se présenterait à ses yeux. C'est son fils que ses yeux rencontrent le premier : « Il voit son fils, il recule saisi d'horreur.... Cependant le fils se jette à son cou : « 0 mon père! d'où vient cette tristesse? « Qu'ai-je fait? Vous détournez les yeux de peur de M me voir. » Idoménée avoue son vœu; il veut luimême se percer de son épée. Le vieil interprète des dieux Sophronisques essaie de le détourner de l'accomplissement d'un vœu si téméraire : « Votre promesse a été imprudente ; les dieux ne veulent pas être honorés par la cruauté ». Idoménée écoutait ce discours la tête baissée et sans répondre; la fureur était allumée dans ses yeux. Son visage pâle et défait changeait à chaque instant de couleur. Cependant son fils lui disait : « Me voici, mon père; votre fils est prêta mourir pour apaiser les dieux; n'attirez pas sur vous leur colère », Ces paroles tendres et résignées rapi)ellent celles d'Iphigénie dans la tragédie de Racine. Le sentiment chrétien a passé par là; et le sacrifice d'Idoménée fait songer au sacrifice d'Abraham.
Tous les exemples que nous avons cités suffisent à prouver combien Télémaque est poétique quoique écrit en prose. Mais il n'est pas seulement un roman poétique, il est encore, selon l'expression de Voltaire, un roman moral, un roman d'éducation. 11 touche, non seulement à la morale, mais à la politique et à la religion. Ces trois objets y sont inséparables. Gomme il s'agit d'un prince, la morale y a presque toujours rapport à l'art de régner. En outre, comme c'est une déesse qui parle sous la figure de Mentor, elle rappelle toujours le souvenir des dieux, et dans ses discours la morale s'unit à la religion. On a sans doute reproché avec raison à Mentor son humeur prêcheuse : une déesse devrait parler d'une manière moins monotone, et débiter moins de banalités. Une telle morale pourrait facilement produire sur la jeunesse une impression contraire à celle que l'on cherche. Cependant ce qui relève cette morale, et ce qui lui donnait au temps de Fénelon une signification piquante, c'est que la malice des lecteurs y voyait une opposition secrète et une satire indirecte des mœurs et du gouvernement de Louis XIV. Ces lieux communs prennent une singulière acuité lorsqu'on les replace dans le temps et dans le milieu. Malgré toutes les dénégations de Fénelon, il n'est guère permis de douter que sa principale pensée ne fût une critique et son arrière-pensée de préparer un autre esprit de gouvernement chez le futur souverain qui était appelé à succéder à Louis XIV. C'est cet esprit de critique
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qui domine partout et même avec une certaine amertume. Sauf Sésostris, l'auteur ne nous présente en général que de mauvais rois (Bocchoris, Pygmalion, Idoménée avant sa réforme, Adraste). Il place aux Enfers la plupart des rois; et il en laisse très peu aux Champs Elysées. Toutes les critiques adressées aux rois portent particulièrement sur Louis XIV : les conquêtes, la guerre, le faste et le luxe, les flatteurs, les ministres tout-puissants et prévaricateurs (Protésilas-Louvois), le pouvoir absolu. Au spectacle d'un peuple opprimé et dépouillé par ses maîtres, il oppose la peinture idéale et utopique d'un peuple parfaitement heureux (la Bélique, Salente). Indépendamment de cet esprit de critique un peu chimérique, un peu jilatonique, inspiré par une politique de cabinet, et qui prêchait la paix, la modération, la simplicité des mœurs, la nécessité des règles, la médiocrité des impôts, il y a encore dans Télémaque, malgré ses formes païennes, une autre inspiration qui en élève la morale au-dessus de la morale des païens : c'est l'inspiration chrétienne. On peut dire que c'est cette inspiration qui anime Fénelon lorsqu'il place sans cesse la paix audessus de la guerre, doctrine si peu conforme au génie de l'antiquité, pour laquelle la gloire militaire était au-dessus de tout. C'est cette inspiration qui lui fait dire que tous les peuples sont frères liv. XIT, expression qui n'appartient qu'au christianisme ; c'est la même inspiration qui fait dire par Mentor à Télémaque que sa vertu ne vient pas de lui, mais
de quelque chose d'étranger qui était « mis en lui », allusion évidente à la doctrine de la grâce (XII). C'est au texte chrétien que pense Fénelon lorsqu'il parle de « celte lumière simple, infinie, immuable, qui se donne à tout sans se partager, de cette vérité souveraine qui éclaire tous les esprits comme le soleil éclaire le corps « (X) : n'est-ce pas là cette lumière dont parle saint Jean qui éclaire tout homme venant en ce monde [Saint Jeaii^ I, 9) ?La peinture des Enfers et des Champs Elysées est encore due à l'esprit chrétien. C'est le christianisme qui, à la place des châtiments matériels de la mythologie antique, lui suggère que le crime est à lui-même son propre châtiment (XVIII). C'est le christianisme enfin qui lui a inspiré cette admirable peinture des Champs Elysées où le bonheur tout matériel des païens est transfiguré et idéalisé, où la lumière qui enveloppe les bienheureux est plutôt « une gloire céleste qu'une lumière », une lumière a qui les nourrit, qui sort d'eux, qui y entre, qui les pénètre, s'incorpore à eux et est pour eux une source intarissable de paix et de joie », ou encore « un abîme de délices où ils sont plongés comme le poisson dans la mer ». C'est le même sentiment qui lui inspire de prêter à ces bienheureux de la pitié pour les misères humaines, mais « une pitié douce et paisible qui n'altère pas leur immuable félicité ».
Est-il nécessaire de parler du style, dont les qualités propres apparaissent d'elles-mêmes dans les pages qui précèdent? Mais il peut être utile d'en
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rassembler les principaux caractères. Le trait distinctif de ce style, dans toutes les œuvres de Fcnelon, mais surtout dans le Télémaque, c'est la grâce. Aucun écrivain français en prose ne l'égale sous ce rapport. Personne n'a peint comme lui les choses douces, aimables et naturelles. Quand il peint la nature, c'est toujours sous les traits les plus simples et les plus familiers. 11 peint d'une manière ravissante la jeunesse (portrait de Télémaque , la mort d'un jeune homme (mort d'Hippias et de Pisistrate), le séjour des bienheureux dans les Champs Élysées. La grâce ne l'abandonne jamais, même quand il s'élève à la gravité et à la grandeur, comme dans le discours d'Arcésius sur la vieillesse, où elle se joint à la plus noble mélancolie; elle se joint aussi à la plus fine métaphysique, par exemple lorsque, d'après l'Evangile de saint Jean, il peint « cette lumière simple, infinie, immuable, qui se donne à tous sans })artage ».
Indépendamment de la grâce qui, selon La Fontaine, est plus belle encore que la beauté, il y a dans Fénelon beaucoup d'imagination, non pas, comme dans Bossuet, grande, sublime, profonde, hébraïque, mais vive, brillante, colorée, grecque. Son récit, dans les beaux endroits (combats, luttes, naufrages), est rapide, composé de traits sobres, vifs, frappants. La grâce n'exclut pas la force (par exemple dans le combat d'Adraslc et de Télémaque , ni le pathétique (le sacrilire d'Idoménée), ni le terrible la mort de Bocchoris y. Cependant son triomphe est surtout
dans la peinture des choses nobles, délicates et pures. A l'opposé des autres poètes, il a mieux réussi dans la peinture du Paradis que dans celle de l'Enfer.
En résumé, que doit-on penser de Télémaque'> Il est difficile d'y voir une œuvre de premier ordre, car ce n'est pas une œuvre de création et d'inven tion; ce n'est qu'une suite d'imitations et de souvenirs. Son plus grand charme est de nous faire revivre l'antiquité. On ne peut le mettre au rang de \ Iliade et de VÉtiéide, ni même du Paradis perdu et de la Jérusalem délivrée. Même les Martyrs de Chateaubriand, qui ne sont pas moins démodés, sont une œuvre plus originale. La peinture des deux civilisations, païenne et chrétienne, dans leurs luttes et dans leurs conflits, est d'un plus vif intérêt que la recherche d'Ulysse. Le martyre de Gymodocée est plus pathétique que les pérégrinations de Télémaque. Le style même, quoique moins sain et d'une moins bonne époque, a plus de grandeur et d'éclat. Et cependant on ne lit plus les Martyrs, mais liton beaucoup Télémaque"^ C'est le sort des chefsd'œuvre du passé, surtout dans le roman, après leur l)ériode de succès, de ne plus laisser place qu'à une froide et dédaigneuse estime. Si les tragédies n'étaient pas conservées par le théâtre, il en serait peut-être de même pour elles. Le Télémaque n'en est pas moins une œuvre d'une grande beauté; nous en avons fait ressortir les mérites : au second rang, il n'y a pas d'ouvrages classiques qui méritent mieux leur renommée.
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Devra-t-on maintenant consacrer ce jugement dur et dédaigneux de Bossuet : « ouvrage peu sérieux et peu digne d'un prêtre »? C'est là un jugement injuste; au fond Télémaque est sérieux, à moins que Ton ne condamne toutes les œuvres d'imagination. Est-il indigne d'un prêtre ? Nous n'en savons rien; nous ne savons jusqu'où peut aller le droit du prêtre à s'avancer sur le terrain de la littérature profane. Ce qui est vrai, c'est qu'à aucun degré on n'y sent l'esprit ecclésiastique ; et c'est ce qui en fait le charme. Ce que nous aimons dans Fénelon, c'est qu'il n'est pas exclusivement prêtre, c'est qu'il peut oublier pour quelque temps sa robe pour se distraire et se raconter à luimême les aventures de son jeune héros. Il a aimé les romans au point d'en faire un lui-même. Comment ne pas lui pardonner cette faiblesse? Il n'a pas craint, lui archevêque, de peindre l'amour, de le peindre deux fois, sous la forme de la volupté enivrante, et sous la forme de la grâce ingénue, dans Eucharis et dans Antiope. Pas un mot de Bossuet ne donne à supposer qu'il ait compris le charme de l'amour innocent. Il le condamne dans les tragédies, même généreux, et n'en voit jamais que ce qu'il a de charnel. Fénelon n'a pas cette défiance monacale; on voit qu'il aime les jeunes préludes d'un mariage heureux et vertueux, et n'en exclut pas la tendresse. Tout cela a quelque chose d'humain qui touche et qui captive. Le Télémaque n'est donc |)as l'œuvre d'un prêtre; mais il ne serait pas aussi touchant s'il
n'avait pas été fait par un prêtre. Nous accordons que Fénelon s'est avancé un peu loin pour un archevêque; mais nous ne l'en aimons pas moins pour cela, au contraire; et n'étant pas chargé de la censure ecclésiastique, nous l'absolvons au nom de la censure interdire.