‹ Ferdinand Rapédius de Berg. Mémoires et documents pour servir à l'histoire de la révolution brabançonneChapitre 2 sur 102 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans les temp» de trouUes et de réfolntion , ce ne sont pas les hommes les pins distmgoés par kar mérite^ les pins recommandaUes par leurs actions, dont les noms passent avec édat à la postérité. La gloire on phrtôt la célébrité est ponr les agitateurs, ks tribnns, ponr cenx qni flattent et excitent les passions populaires. Mais Thomme consciencienx, llionnne qni, déroné anx véritables intérêts du pajfs , sait faire abstraction de sa personne , et dédaigne les applandissem^dts de la multitude , eût*il r^Mlu les plus éminents senriçes à sa patrie, dit-il ouvert la voie à toutes les améliorations, à tontes les réformes utâles, laisse à pdne quelques traces dans le souvenir de ses contemporains.

La révi^tion dite brùbançonMe eut cela de particulier sous ce rapport , que les véritables rëvolnticMnmres étaient les hommes du gouvernement, pt qie cenx qui excitèrent les troubles ne voilaient pas de révolution. Il en résnlta cette conséquence non moins phiénoménale, qpie lesconservatieul^, et smtout cens qu'on appellerait aujourd'hui les arriérés, les rétrogrades, furent les tribuns , les^émeiBrtîers de Fépoque, et que ce sont, pour ainsi I. 1

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dire , les seuls dont les noms nous aient été transmis par la tradition; tandis que tous 1^ partisans des réformes, ceux même qui de nos jours seraient décorés du titre d'hommes du progrès, ne parlant pas le langage des passions , ne furent pas compris du vulgaire, et partant n'eurent aucune célébrité.

Il était du nombre de ces derniers, quoique appartenant à une nuance bien distincte , celui dont nous avons entrepris de tirer le nom du profond oubli où d'importants services, une haute capacité, un noble caractère ne l'empêchèrent point de tomber. M. de Berg fut successivement substitut procureur général au conseil souverain xle Br2l>ânt> asiman ée la ville et de Fammanie de Bruxelles, intendant du cercle de Brabant et directeur général de la police des Pays-Bas, conseiller au conseil général du gouvernement des Pays-Bas, €t «sfin membre du conseil privé. Il prit, en ces diverses qualités, une part obligée à la révolution tintée par Joseph II , et ses nombreux travaux sur l'administratiofi 'publique ne 'durent pa âtre saiiB inteeMe Mr leespttiàes

* Uk mémoire «pr Tadm^ittratioB finsneiàrë de la tUie ite lispEvaiii ;'et i|n secehnd mëmaire sm^ ji'admimstratiDn de Braq^elieft elfspriasBBiôyNis de TCnuâ(fiep amx aiiMM qui Byétaàent intradiîts, kt&néût mmimefT Amman de cette demtèirè Ville, Gafttt afem taitOBlqu^il j'appliqoa è i^edierehér les vkM an sjttètàb d'artgrfriifltraftiouk élaUi ou plulôA usité, il les signala an^onieiv ftement date .pluiîeqrs rapports^ qoi, ainsi qiie les «lânoirdê ppétiftés:, mat Testés inédits.

./Que fa»s travaux de^cel faotaHoe laborieux «iênt amMAémm changements que plus tard Joseph II introduisit dans la fomo 4u gfmvwmmmu et sdvtont à l'étebUtoMMenl desittleâdances

qmr^Ki^màsm qtfe><^ Rangements, t^s qu'As fimmt x^fM^rés , éfw^of ïoî^éelapeiiaée^itdteBdntetiti^ Ûsiffttnm

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fmme.ipnmî^i^ et i^poatîiutfMH^lô d^MgwiwÉPttetoeDl^*^

PE BEJ^G. 5

que tloseph II trouva plïis expédient de çapçr î>rbf e ^e la constitution dans s^ racinç.

iï arriva néanmoins que M. de Berg fut nommé intendant di^ çejx\e de fiirabant. Les troubles de 1787 le trouvèrent dans ces fonctions. Il se vit alors placé entre les haines aveugles de l'esprit de parti et le$ intrigues de la rivalité et de Fenvie. Il se sentait la forcé de résister à cette double agression; mais un ordre du gouvernement général le contraignit à se soustraire à une animadversion qu'on avait exagérée. Joseph II, auprès (Inqnel la même cabale n'avait pas le même crédit, ne tarda point k le l'appeler en Belgique, et ce fut pour le placer dans le conseil ^^néi*al du gouvernement des Pays-Bas,

Forcé de s'expatrier de nouveau en 1789, il rentra dans son pays, avec les Autrichiens, en 1791, et siégea dans le conseil privé jusqu'en 1794. Lors de l'invasion française, il se retira à Vieille I où il mourut en 1800, à l'âge de soixante ans (*).

Peutyétre nous souMuep-nous trompé, l'avenir nous l'apprendra Ju reste; mais nous avons cru que la vie politique de cet homme devait offrir un puissant intérêt. Les événements qui émurent la Belgiq\ie vers la fin du XVIIP siècle sont encore peu coni^us, et généralenient ils sont mal appréciés. Les écrivains belj^es qyi s'en sont occupés, les ont presque tous envisagés du point de we populaire; c'est aussi aux sources populaires qu'ils ont puisé leurs renseignemept3. Nous trouvoni; 'm Foccasion d'envisager ces événements du point ^e vue de Yof^ dre public. Les écrits de M. de Berg, en nous permettant 4c le suivre dans toute sa carrière administrative , nous foùrniss^nt les moyens de jeter, en passant, un coup d'œil sur l'action du pouvoir, et de soulever un coin du rideau derrière lequel g^ murent les rouages de la machine gouvernementale.

Ce n'est pas que nous ayons pris d'avance la résolution de louer tous les actes émanés de l'autorité impériale : Jôin, de là,

(*) La pluptii da cet reiiMigMinents sont eitraits des archives de notre eicellent ami H. Th. de Jonghe. C^ ièéi k fiM^eèàct <de ce Mvahl bihKophile que nous délon^ Findication eiacte des éeriU de M. de Berg.

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nous voulons plutôt les exposer que les juger, notre but étant de rechercher la vérité, et non de faire triompher une opinion quelconque. Qr, s'il est vrai qu'on puisse juger un gouvernement par les hommes qu'il emploie, il n^est point d'hommes qu'A importe plus à l'histoire de faire connaître que les conseils et les instruments de Joseph II : car il n'en est point qui soient restés plus ignorés jusqu'à ce jour. Il semble qu'un voile tissu de préventions ait été jeté sur eux, pour les tenir indistino lement ensevelis dans une même obscurité.

M. de Berg n'était pas seulement un homme remarquable comme administrateur et comme publiciste : il l'était encore comme savant et comme littérateur. La variété de ses connaissances ne peut être comparée qu'à la variété de seâ succès académiques. Eh 1778, le 27 janvier, la Société royale de Médecine de Paris lui décernait le prix proposé par M. le duc dé Charost, pair de France, lieutenant-général des provinces de Picardie et du Boulonnais , pour un mémoire sur l'épizootie qui avait régné en 1776, dans la Flandre et l'Artois (*). Deux ans plus tard, ce n^^tait plus uHé question dé médecine, mais une question d'histoire et dé droit, qui l'occupait et qui devait lui valoir de nouvelles palmes. L'académie impériale et royale de Bruxelles ayant mis au concours cette question : t Depuis cpiand le droif romain est-il coimu dans lés Pays-Bas autrichiens ?» ce fut encore M. de Berg qui obtint le premier prix, décerné en 1782. Enfin il Alt appelé lui-même aux honneurs du fauteuil [académique, en 1784. ', ' ' ' : ' " ''..''..

C'est particulièrement dans sa correspondance écrite de|France et ^Italje, que se manifesta lé talent littéraire de Mf. de Berg. Nous nous sommes plu a en citer plusieurs fragments, qiii ferraient honneur aux écrivains français les plus estimés. Nous reigrèttons que le cadré dé cetioùvrâge nous force à restreindre retendue dé ces citations.

(*) Hi8M4redelaSociétéroyi|edeMi6(iecioe,I,pp.4ei42,elH^I»^616. ,

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