‹ Fernand suivi de Vaillance ét de RichardChapitre 25 sur 118 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

augmenter sa tristesse. Il reyint, en proie à une dévorante inquiétude, oppressé, mal à Taise, comme si Pair eMété chargé de tempêtes. L'air était frais et le ciel pur : il n'y avait d'orageux que son ccçur. En approchant de sa maison, il aperçut dans l'ombre une voiture attelée devant sa porte. Ses jambes S9 ^ dérobèrent sous lui, son front se mouilla d'une sueur ^froide. Il eut la pensée de s'enfuir. U s'enfuit en effet et ne rentra que bien avant dans la nuit; mais il ne put s'empêcher de sourire de sa terreur et de gourmandersa faiblesse, en apprenant que la voiture qui l'avaitsi fort effrayé était celle de Gaston de B..., qui, se trouvant dans le voisinage, était venu pour lui serrer la main.

Lejourquisuivitfutlejourde la délivrance. Le facteur était passé sans s'arrêter : Femand augura bien du silence de son ami et du silence d'Arabelle. En même temps il se dit qu'à cette heure sa lettre de rupture était nécessairement entre les mains de madame deEouèvres. Libre 1 il était libre! Étrange liberté, qui lui apparaissait sous les traits d'une jeune reine, et qu'il saluait chargé de nouveaux liens : image de cette autre liberté que nous ne nous lassons pas de poursuivre, et que nous croyons avoir saisie quand nous avons changé d'esclavage 1

Quoiqu'un peu mêlée de trouble et d'appréhensions, cette journée fut pour Fernaod véritablement eiichantée.I)iansraprès-midi,madamedeMondeberre et sa fille vinrent le surprendre à son gîte, a Soyez bénies mille fois! dit M. de Peveney en leur donnant la naain pour les aider à descendre de leur calèche. Votre présence ici réalise le plus doux de mes rêves ; c'est

lin bonlieurqueie n'aupaîspas osé solliciter.— Vons le devpz à votre tristesse d'hier, dît madame de Moadeberre en souriant; d'ailleurs nous avions projeté depuis longtemps de visiter votre petit royaume. — C'est le vôtre. Madame, ajouta Femand en lui baisant les doigts avec respect. » Tandis qu'ils parlaient, mademoiselle de Mondeberre était déjfa dans le jardin, courant, légère et curieuse, le long de ces allées peuplées de son image, où Pernand la suivait d'un regard charmé. Embellie par la présence de ces deux aimables créatures, sa retraite s'auinia tout à coup et prit une face nouvelle. Ce fut pour lui comme un avantgoût des félicités vers lesquelles son Ame tendait en secret; il lui sembla qu'il faisait, pour ainsi parier, uue répétition du bonheur. Ayant prié madame de Mondtberre de dîner à Peveney, il y mit tant d'insislance qu'elle consentit. Ce fut le complément de la f«ïte; jamais favori recevant sa souveraine ne tressaillit déplus de joie nideplus d'orgueil quePemand en voyantsousson toit, à sa table, tant de grâce et tant de beauté. La joie brillait aussi dans les yeus d'Alice, et madame de Mondeberre, heureuse et recueillie , parai s sait absorbée dans la contemplation de ces deux jeunes gens; car, bien qu'il eût essuyé les premiers oragesdelaTie,Fernand était encore dans tout l'éclat (le la jeunesse. Le mauvais vent des passions avait passé sur son front, comme sur son cœur, sans en altérer la pureté. Il avait conservé tout le charme du jeune âge, de même qu'il en avait encore le facile enlhousiasme et tous les généreux instincts, si biea qu'eu le voyant auprès de mademoiselle de Mondeberre, il était impossible de ne point fiancer par la

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