ACTE QUATRIÈME
GLOTILDB.
Ah!... c'est plutôt Theure du réveil, vous allez voir !
ANDRÉ
Mon infamie?... Quoi?... Une rupture dont vous m*avez la première donné l'exemple ?...
Moi?... Mais c'est toi, I&che ! qui as tout brisé I... Moi ne plust*aimer!... Je t'adorais I... Et ton abandon m'a déchiré rame !...
ANDRÉ, stupéfait.
Vous!... vous qui m'avez dit?...
GLOTILDE.
Mais tu ne m'aimais plus I... Mais tu en aimais une autre, et j'en ai voulu l'aveu de ta propre bouche I... Et tu n'as pas compris que je mentais pour t'arracher la vérité... Oh I non !... Est-ce qu'il comprend?... L'œil fixé sur sa chimère, l'Ame toute pleine de cet ange qu'il a paré de toutes les vertus. .> il s'est trouvé là devant moi, ses regards sur les miens, sa main dans la mienne, et il n'a* rien deviné... cet amant de la veille,... il n'a rien vu, que sa passion pour moi rassasiée et son désir effréné d'une autre!... Et c'est quand il m'a bien torturée, foulée aux pieds!... qu'il s'écrie : Tiens, je vous ai donc fait quelque chose?...
ANDRÉ, stupéfait.
Ah! quel tissu de faussetés et de mensonges !...
GLOTILDE.
Et ce n'est pas tout!... non!... Ce n'est pas assez que celui qui m'a fait ma honte me la jette au visage ; il me restait encore un outrage à subir, et depuis que je suis là, je le dévore 1... Je ne suis pas seulement de celles qu'on n'épouse pas!... Il a découvert autre chose maintenant!... Je suis aussi de celles que l'on ne reçoit plus!.«. Et pour me faire
Digiti
oublier qu'il s^est enfui de chez moil... voilà ce qu'il a trouvé, cet homme I... C'est de me chasser ce soir de chez lui i
ANDRÉ
'Vous chasser... moi!
' GLOTILDB.
Âh! vous ne c?oyez pas, je suppose,... que je sois dupe de vos prétendues délicatesses conjugales,... et que dans voire embarras de tout à Tbeure je n'aie pas su lire tout ce que vous ne me dites pas !... Oui, ma présence ici vous choque et vous blesse!... Oui, je suis de trop dans votre maison !... Je fais tache à sa candeur nupliale !... Une femme de ma sorte ici!... Une femme qui s'est publiquement affichée... avec vous I... Ahl noii ! n'est-ce pas?... La jeune vertu de votre femme en serait trop compromise! Et son innocence aurait trop à rougir du contact de mon impudeur!
ANDRÉ
Ah ! assez, madame, assçz !...
GliOTILDE.
Oh! Dieu m'est témoin que- je suis venue ici, presque apaisée par un mois d'attente ! Tenant là votre bonheur dans la main... et me disant! L'écraserai-je?... (s'assejant.) Mais que dans cette m§ison qui devrait être mienne, à cette porte qui devrait être celle de mon appartement, je sois htmiliée à ce point au profit de celle qui tient ma place, et qui ne me vaut pas !... oh ! non! non!... C'est trop, je vous assure, et
bien décidément, j'écrase!... (André s'élance à la porte de sa femme
qu'U ferme.) C'est justc !... Fermons la porte, et, ne troublons pas son chaste sommeil !
ANDRÉ, redescendante elle froidement.
Vous écrasez?... vous écrasez quoi?
Vous avez donc bien peur que votre femme ne nous entende ?
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