ACTE QUATRIÈME
(Lisant en le faisant lire-) « MoDsieur, 00 a beau me dire que vous » savez mon triste passé, et que vous voulez bien Tdublier. . . je » n'ose pas croire à tant de bonté. La conscience dé mon in- » dignité se réveille aujourd'hui plus forte que jamais, pour » me désoler par le contraste de ce que je suis... et de ce » que je devrais être...
» De grâce, monsieur , pensez-y bien, quand il en est » temps encore : pensez qu'un jour peut venir où de cetle » bonne action il ne vous restera que le regret de l'avoir » faite! » ( Parié. ) Pauvre fille! Enfin, c'est honnêle...
» ^Fernande est descendue d'un pas pour écouter... André, ému, cesse délire » avec Pomerol, se détourne et s'accoude sur la table» la tète dans les » mains. Pomerol fait signe à Fernande de descendre, elle obéit sans compren-
» dre; il lit.) S'il VOUS Semble, au contraire, que le repentir a » pu faire de moi une autre femme,... (u passe la lettre à Fer.
9 nande, tout en continuant 'sans interruption comme s'il acheyait de lire la
» phrase) ah ! monsicur, le dévouement de toute ma vie ne » suffira pas à vous en donner la preuve.... »
FERNANDE, tremblante, et dévorant ses larmes, continue à lire, hum> blement, à distance,
« ... Je ne suis pas ce que vous pensez, monsieur, je vous » rassure. J'ai vécu au milieu de la corruption, sans m'y
» plaire«.. (André, qui a tressailli au changement de voix, pleure sileny> cieusement, en cachant son visage.) Ah ! si VOUS pOUvicz lire dans
» mon cœur, et voir combien ma faute passée est loin de moi, » à quel point je la déteste et je la pleure!.. Si réellement » vous daignez m'élever jusqu'à vous... ne me répondez pas, » monsieur, je comprendrai votre silence, et le bénirai au » fond de Tàme; sinon j'accepterai ma condamnation sans » murmure, en vous suppliant de me pardonner l'attention » que vous avez accordée trop longtemps à mon humble per- » sonne!... »
Sa voix s'éteint dans les larmes et elle achève la lettre en tombant à genoux
Digiti
ANDRÉ, yaincu.
Ah ! Marguerite ! mafemme...relève-U)i... Mais relevez- vous donc!., madame la marquise... ce nest pas là votre placent...
Il lui ouvre ses bras où elle se jette.
POHEROLi radieux.
Ah! mon brave André, val... La raison fait de beaux discours,., mais un cri du cœur... Eh ! qu'est-ce que vous voulez?.. '.Té!...
* André, Fernande, Pomerol.