ACTE PREMIER
FRÉDÉRIC
Tout ce qui est vrai!... Ça ne rate pas!... Le surlendemain... le commibsaire nous tombe-là, v'Iaot... en plein chemin de fer I... on pince madame, qui fait ses petits quinze jours de prison...
POMEROL.
Diable I...
FRÉDÉRIC
Et ces choses-là, voyez-vous, ça pose toujours mal une maison. Les voisins ont ciabaudé. Le propriétaire a donné congé, nous avons pris nos cliques et nos claques, et nous voilà ici sous un autre nom !
POMEROL.
Ah 1... ce n'est plus madame Adolphe ?
FRÉDÉRIC
Non, c'est maintenant madame Sénéchal !
POMEROL.
Ça se vaut !.. Ah çà I mais dis donc, mais c^est très-bien ici!... mâtin, quel luxel
II remonte en examinant le salon.
FRÉDÉRIC
Oui ! c'est mieux qu'aux Ternes !... Et commode I... Nous avons, là , dans le jardin , un puits mitoyen avec le chantier de démolition!... En cas d'alerlC;, cric dans le chantier, et crac dans la rue 1
POMEROL, le regardant.
Et puis une livrée, mon gaillard !
FRÉDÉRIC
Ah î dame, la maison est sur un pied !... La table d'hôte à cinq francs, sans le vin I... et nous n'admettons plus les dames qu'en toilette du soir, et les messieurs qu'en cravate blanche !... C'est monsieur de Roqueville qui a organisé tout ça !
Digiti
POMEROL.
Ah ! c'est toujours monsieur Roqueville qui mène tout ici ?
FRJSDÉRIG.
Ohl toujours !... Un homme si comme il faut!... Madame le laisse faire.
POMEROL.
Et mademoiselle Fernande, qu'est-ce qu'elle devient ?
FRÉDÉRIC
Oh! mademoiselle Fernande I monsieur sait qu'elle ne se môle de rien, elle !... Elle manque d'enlrain !
POMEROL.
Pauvre fille !
FRÉDÉRIC
^Toujours la même!... silencieuse et pas drôle! ça va même en augmentant !
POMEROL,
Je le conçois !.. Et l'on me dit qu'elle est sortie?
Depuis quatre heures.
POMEROL.
Gela me contrarie !... J'ai à lui parler I... Enfin, elle rentrera bien pour dîner!... attendons !... sept heures!... cela ne tardera pas beaucoup maintenant.
FRÉDÉRIC
Et voici déjà des dîneurs!.. M. Bracassin et mademoiselle Amanda...