ACTE TROISIÈME
POMBROL.
Ici?
ANDRÉ, M leyant.
Dans ce salon, locataire de Glotîlde (Lui montrant U fenêtre.)
Là 1 là.
POMBROL, debout.
Je ne vois personne.
ANDRE
Tu la verras... (Assis.) De Clotilde, qui fait grand cas delà mère et qui les connaît depuis des années... Elle a vu Marguerite tout enfant .. Elle s'appelle Marguerite.
POMEROL.
Joli nom !... Et donc ce soir-là ?
ANDRÉ
Ah ! quelle soirée ! . . . Quel souvenir ! . . . Ah 1 Philippe 1 . . . Quand un cœur brûlé comme le mien par une de ces passions ardentes, où les sens ont plus de part que le cœur, se trouve aux prises tout à coup avec les séductions nouvelles de la pureté et de l'innocence !... ah ! mon ami, non, il n'y a pas à lutter, va !... Ce jour-là, je rentrai chez moi fou, absolument fou !... Le lendemain, un petit mot de Clotilde m'appelle!.». J^accoursl.i.. < Mon ami, me dit-elle, au point où nous en sommes... nous pouvons tout nous dire, n'est-ce pas I... Vous êtes amoureux de Marguerite comme vous ne Tavez jamais élé de personne... Et j'ai peur que vous ne vous prépariez bien du chagrin... Il ne s'agit pas ici d'une conquête plus ou moins facile à faire... Et quand vous ne seriez pas convaincu que la séduction est inutile à tenter... je me plais à croire que vous ne me feriez pas l'injure de l'essayer, dans ma propre maison, et sur une enfant sans défense, qui est de plus la fille d'une amiel... — Ahi Clotilde, pouvez-vous croire?... — Eh! bien alors, quoi?... L'épouser?... Ni sa naissance, ni
* André, Pomerol.
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sa fortune, ne sont de votre fait... concluez donc vous-même, en honnête homme que vous êtes.»
POMEHOL.
Cétait fort sagement dit !^
ANDRÉ
Et si bien d'accord avec ma propre conscience, que lui serrant la main sans répondre, je me sauvai, bien déterminé à ne plus revoir une personne qui ne pouvait être ni ma maltresse, ni ma femme, et à ne plus remettre les pieds dans ce saloD...
POMEROL.
En sorte que tu y revins le soir même?
ANDRÉ
Le soir même!...
POMEROL.
Et puis le lendemain aussi?...
ANDRÉ
Et tous les jours encore I . . .
POIIBROL.
G*e6tçaI...EtGlotilde?...
ANDRÉ
Ahl Clotilde! Une patience!... Elle me regardait aller et venir Idans ce saloo, comme une bête en cage, les yeiix tournés vers cette fenêtre!... et mç disait... <x Mais enfin, voyons, prenez un parti ! » ^
POMEROL.
Mais elle a raison, prends-lej!
ANDRÉ
Je le prends I... en me disant : a II n'y a qu\in moyen d'en finir avec cette fatale passion... » Un beau samedi soir, je pars pour la campagne, j'y reste bravement le dimanche... le lundi!...
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