‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 102 sur 240 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

POU E R L, mettant ses gants.

Elle a raison, du resle... G*esl un speciacle amusant que les antichambres de mairie, les jours de mariage... Un grand diable de logis glacial... premier symbole!... Des plafonds d'une hauteur... qui fait rêver!.. Des sièges d'une incommodité!... on n'est pas là pour s'amuser... et de grands murs, verts et nus... un faux air de tribunal !.. on parle bas !.. on attend avec anxiété... Ya-t-on condamner les accusés au maximum de la peine !... combien de galères?... Les mères pleurent... les pères sont émus... les témoins dissimulent péniblement des tiraillements d'estomac... Pour tuer le temps, les noces se raillent entre elles!... La mariée n« 1 critique la toilelte de la mariée n° 2, qui jalouse celle du n<> 3, qui les écrase toutes deux de son mépris. . Enfin, un huissier ouvre, et vous invite... de Tair dont on dit ailleurs... « Messieurs les parents... i La grande porte se referme et engouffre un cortège !... pour le rendre, et en engloutir un autre, suivi d'un troisième I... avec la froide régularité d'une machine à confections !... Un coupe-bonheur !

CLOTILDB.

Si Georgette vous cnlendait...

POMEROL, gaiement.

Bah ! tout Français raille le mariage, se marîe^ et serait bien fâché de ne le pas faire... C'est dans le sang... Partonsnous?

GLOTILDB, allant à la cheminée.

Laissez-moi d'abord me dégourdir un peu le bout des pieds... Votre description m'a glacée.

POMEROL.

Ne nous mettons pas en retard.

GLOTILDB.

Oh! nous avons le temps... C'est pour la demie.

POMEROL.

Le quart.

CLOTILDE

Non... la demie.

POMEROL.

Alors, si j^ajoutais une petite bûche hein? Il ne va

pas, ce feu-là.

CLOTILDE, s^acsejaat sur le canapé

Faites.*,

POMEROL , accroupi, arrangeant le feu.

Ah çà I pendant que nous sommes seuls recausons un

peu de ma protégée...

CLOTILDE

POMEROL, de même.

Oui... Nous disons donc que vous lui avez trouvé une bonne place?...

CLOTILDE

Ah I si vous n'êtes pas content, vous serez bien difficile.

POMEROL.

Pauvre enfant I... tant mieux... Là, ça flambe... Et qu'estce que c'est?

CLOTILDE

Ah! voilà... Je voudrais bien... (s'interrompant.) Passez-moi donc laboi te à gants... là, sur la table.

POMEROL, allant chercher la boite.

Vous voudriez?...

CLOTILDE

C'est une gaminerie Mais je voudrais vous en faire la

surprise...

POMEROL.

Quand?

CLOTILDE

Après la messe...

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