‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 104 sur 240 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

yes ! . . Deuxième acte : L^infidèle Orio s*amourache de Peppa ei Tépouse. . . Troisième acte : Ginevra attend Tinfidèle amant et l'amie perfide au sortir de la messe... et, armée du fusil de monsieur son père, les tue raide au seuil de Tégii^e!...

GLOTILDE.

Tous les deux?...

POMEROL.

Tous les deux !

GLOTILDE, se leTant.

A la bonne heure, voilà une femme ! — Vous avez plaidé pour elle?...

POMEROL.

Maître Lachaud n'étant pas là !...

Et alors ?

POMEROL.

Et alors (La demie sonne.) Saprisii I Ma chère I... M^is voici la demie...

GLOTILDE, redescendant. *

Dieul quel homme! soyez donc tranquille... Thérèse doit nous prévenir.

POMEROL.

Thérèse?

GLOTILDE.

Oui ! vous vous interrompez là... Cette fille m'intéresse à un point... Vous l'avez bien défendue, j'espère!.. Vous avez été éloquent, chaleureux...

POMEROL.

Sublime, tout bonnement ! — Sur le fait de l'amant massacré, il n'y avait pas grand doute I Tu me séduis , tu me quittes I Je te tue I... Toute Plie sur ce point n'avait qu'un

* Pomerol, Clotilde.

seul cri 1.. qui est bien corse el tout local. (Haussant l'épauia • les imitant.) 2V/.. — C*estrà-dire !.. Dame ! Que voulez-vous, c^est tout naturel !.. Hommes ot femmes, geôliers et gendarmes... unanimes t.. Té !,,

CLOTILDE

Boni

Mais où l'affaire se gâtait, c'est à Peppa 1.. Peppa n'avait rien promis, Poppa n'avait rien juré!

CLOTILDE, vivement.

Qu'importe!.. Elle n'était donc pas coupable aussi, cette fille, de se jeter à la traverse de leur amour.

POMEROL.

Oui^ oui ; mais 1...

CLOTILDE

Ah Dieu 1 je la comprends bien, moi, votre Ginevra ! •• J'aurais tué comme elle !

POMEROL.

Peppa aussi?

CLOTILDE

C'est une rivale!... Est-ce que l'on compte avec cela !.*• Elle n'avait qu'à ne pas se trouver là !

POMEROL.

Mais c'est sauvage, ma chère, votre théorie 1

CLOTILDE

Enfin, qu'avez-vous dit au tribunal ?

POUEROL.

Oh! moi ..• (Regardant sa montre. ) YOUS SaveZ qu'ilS SerOQt

mariés !

CLOTILDE

Mais non \

AGTB TROISIÈME 159

POMEROL^

Si

GLOTILDE.

Mais non ! Allez donc! Vous avez dit ?...

POMEROJL.

Oh ! bien tout ce que Ton peut dire I (naidfiot.) Voyez, messieurs, cette malheureuse fille confiante, et séduite par celui qu'elle considèredéjà comme son mari... et trompée, quittée pour une autre!..

GLOTILDE.

Et quelle attire!..

POMEROL.

Et quelle autre!.. Tiens! c'est vrai, je TaidU!.. Sa vie brisée, son déshonneur public!.. La rage 1 Un peu de folie ! .. Elle frappe, elle tue ... Qu'est-ce que vous voulez, messieurs, elle lue!., cette femme ... œil pour œil... Te !.. je le leur ai dit : 7e !.. Ça leur a fait plaisir... Faites une loi qui punisse les séducteurs infidèles et venge les filles outragées... Et cette femme aura tort... Mais jusque-là, ne vous étonnez pas qu'elle se fasse elle-même la loi, le juge, le bourreau...

CLOTILDE

EtTeffet?..

POMEROL.

Immense!.. Renvoi en police correctionnelle... Blessures par imprudence ayant occasionné la mort t.. Cette législation fait mon bonheur ! Cinq ans de prison ! Et moi porté en triomphe!.. Je ne répondrais pas qu'à Paris ça eût le même succès I

Mais c'est une infamie, votre jugement I

POMEROL.

Oui, on devait...

GLOTILDE.

On devait l'acquiller !

POMEROL, riant.

Ahl bon...

GLOTILDE.

Ahl si la justice était rendue par des femmes 1

POHEROL.

Oui, ce serait gentil .

GLOTILDE.

Ce serait juste !,. Ab ! vos lâches voleurs d'amour y regarderaient à deux fois... Et Ton ne verrait pas ce qu'on voit; Un misérable qui se croirait déshonoré de ne pas tenir sa parole donnée à un homme, et qui s'arroge le droit de fausser les serments faits à une femme,... parce que c'est une femme .

POMEROL.

Glotilde, ma chère, vous vous exaltez!... Brisons là, et!...

Thérèse au fond.

GLOTILDE, aTeo joie. *

Thérèse!...

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