‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 131 sur 240 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

tu les aaras toutes contre toi, et avec elles, tout ce qui est vicieux, frelaté, moisi... Tous les maris qui trompent leurs femmes, toutes les femmes qui trompent leurs maris, tous les amants qui trompent leurs amis, et toutes les farceuses qui trompent tout le monde !. Oui cette ménagerie-là aboiera, jappera et te mordra jusqu*à l'os,.. (*) Et qu'est-ce que cela te fait ? . . . Pardieu. la belle affaire !...(*) Si tu as Tapprobation d^un seul honnête homme pour balayer l'injure de trois mille adultères!..

ANDRÉ

Oh! rinjure, on la punit; mais la raillerie muette et sourde,... que lui répondre?.. (*)

POUEROL.

Tu répondras à ces jolis plaisants qu*il vaut mieux, comme toi, arracher une fille au mal, que Ty pousser comme eux !.. A cesjolies railleuses, dont les maris n*onl pas toujours payé les toilettes, que celle qui tombée remonte est plus estimable que celle qui debout s'écroule...

ANDRÉ

Oh ! donner le bras à celle qui est ma femme, et rencontrer dans la rue cet homme !...

POMEROL.

U est mort I

ANDRÉ

Ah!

POMEROL.

Je te le jure ! . . . c'est lui que Givry a tué I

C'est trop qu'il ait vécu.. . el la souillure est la même!

POMEROL.

Oh! implacable orgueil !

(*) Les parties de dialogue comprises entre astérisques peuvent être supprimées à la représentation.

ANDRÉ

i! tais-toi, tiens!... tu me demandes des vertus surhumaines 1 Ehl bien, non,, je ne les ai pasl.. Je ne suis pas ua héros, uioil... Je ne suis qu*un homme..»

POMEROL.

Faible comme les autres.». Allons doncl sois courageux et fort contre toi-même.

AJN'DRB.

Et pardonne... n'est-ce pas ? Car avec ton pardon, tu crois avoir tout dit I... Eh 1 bien oui 1... là !... Je la croi» excusable I . .. puisque lu le veux !... Je pardonne ! Sois heureux I... c'est fait!... Et oublier?... Crois- lu que j'oublierai jamais?... Le crois- tu ?... Est-ce qu'entre elle et moi, il n'y aura pas toujours cet af'fieux souvenir pour empoisonner tout?... J'en ai connu de ces généreux fous, comme toi, qui rêvaient de réhabiliter une femme !.. On ramasse la femme, on ne U, relève jamais!... Et fût-elle pour tous un ange de pureté !... elle n'est jamais pour vous que la veuve d'un aulrel... Mais enfin... tu le sais bien... tu as aimél... Rappelle-toi donc 1... Et par les maltres.ses... juge donc de réponse!...

POUEROL, passant derant lui.

Ah! ne parle pas de moi!..» J'aurais le courage que tu n'as pas!...

ANDRE

Mais vois donc d'où je tombe et mesure donc la chute !•.• Et lu veux que je l'aime encore!... Mais quand cela serait! Quand je l'aimerais toujours avec passion, avec folie I... Ah! Philippe, est-ce que ce serait l'amour d'autrefois ?... Jamais f... Jamais plus je n'aurai pour elle ce culie et cette tendresse dont on entoure celle de qui l'on y»eut se dire avec des frissons d'amoureuse joie. . . elle est mienne! . . . et toute mienne ! . . .

* André, Pomerol.

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