‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 199 sur 240 · LE MARQUIS, FROMENTEL, VAUCLIN · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, FROMENTEL, VAUCLIN

Par Quimperlé?

MARCEL, ODTrant raibam sur la table.

Et voici le tracé que j'achevais et qui coupe en deux votre maison !

LE MARQUIS y tombant assis et saisissant lalbuia.

Ma maison ! ma maison !

VAUCLIN, courant à U table.

Un chemin de fer, ici?

FROMENTEU

Chez nous?

MARCEL*

C*est lavoie directe!

LE MARQUIS, regardant Ir tree^.

Oui, oui! regardez! c'est bien cela! la ligne noire va, vient, monte et descend! Klie serpente... elle abat... elle brise tout! Mon jardin... coupé! Mon parc, mes vieux arbres, mes beaux arbres... coupés!.. Ma maison, cette clière maison que trois générations se sont plu à agrandir, à embellir... coupée, ruinée, en poussière ! (se levant et aTeeane colère soarde.) Rieu, ils no uous laisseront Heu! Je fuis leur ville.. .—^je viens m'enfouir dans un désert, loin de leur monde nouveau quej'exècre...etlàdumoinsje me crois A. l'abri de leur infernal génie!... Mais non !••. nous laisser

* Marcel, Fromentel, Yanclin, le Marqais.

le droit de vivre, d'aimer,. de prier ^ notre guise... allons donc! 11 faut bien que leur Progrès étende ses bras jvisqu'içi, pi qu'il nous torture dans ses roues d'acier, et qu*il passe [.•• Dût-il nous broyer le coBiir.

VAUCLIN, ehercliaiil & !• palmer.

Voyons! voyons!

LE MAUQUIS.

Abl ce n'est pas encore fait! et j en jure Dieu, je le défendrai

{ûed à pied, mon dernier asile; et plutôt que de jeter au vent a cendre du foyer, vous écraserez celle du maître.

(Il Ta tomber assis à droite.) YAUCLIN,

Voyons! sapristi ! sois un homme! Du cœur!

FROMENTEL, %%vt de fiee et regardant le trace*

Tout n'est pas perdu, que diable! Il est si facile f]e mQdjfior îe tracé... ce bon jeune homme ne demande pas mieux... la ligne un peu plus 4 droite ou 4 gauche : qu'est-ce que ça lui fait? Par exemple, sur les terrains de paonsieur le ïpairei p?^r ici... là! le petit ruisseau bordé de betteraves! Ç^ q'^ fien c|e sérieux ça, un petit ruisseau et des l^etter^ve^.

MÀRCELj regardant*

Parfaitement.

FROMENTS^

D'autant que nous ne sommes pas des ingrats et que...

MARCEL, rarr«t3nt<

Monsieur Fromentel! si j'avais pu oublier un instant wif'n devoir, il ne fallait qu'une phrase pareille pour me nippelcr qu'il est tout enlier tracé dans cette ligne noire, et que ma conscience n'a plus le droit d'en sortir. Demandez à monsieur le Marquis, qui s'y connaît en fait d'honneur!

LE MARQUIS, le levant.

Vous avez raison, monsieur!... et je vous demande pardon d'avoir pu soupçonner un instant votre loyauté! Aussi bien n^est-ce pas à vous que j'ai affaire... et je pars...

VAUCLIN,

Tu pars?

LE MARQUIS

Pour Paris.

FROMENTEL

Pouf Paris?

VAUCPN*

Tu veux?.*.

AGTB DEUXIÉMB. ft

LE UÂRQUIS, trè!>-éfnn.

Ah! laisse-moî, il ne fallait pas moins pour me faire oublier un serment de trente ansl... Mais je la verrai une fois face à face leur civilisation, et je me mctlrai au courant!... Ce n'est qu'un projet, grâce à Dieu!... J'ai des fimis, des parents influents!... Je verrai! je saurai!... Et, pardieul moi aussi j'jn- Iriguerai... Allez-vous à Paris, monsieur?

MARCEL

Non, monsieur le Marquis. — Je souhaite bien sincèrement que vous puissiez faire modifier mes instructions : j'aurai l'honneur, si vous le permettez, de vous voira votre retour.

LE MARQUIS

Merci, monsieurl Adieu, Frouientel! adieu, Vauclinl

VAUCLIN, rarrêlanl.

Voyons, Laroche! voyons, la, soyons raisopn^We, morbleu Si ton roi te la demandait, ta maison, la donnerais-lu?

LE MARQUIS, avec élan.

Ah! à lui... parbleu!

V4UCLIN.

Eh bien! c'est le pays qui la demande! ^ppfle-Ja, et Yivq la Nation !

LE MARQUIS

Ah ! ce n'est pas la môme pbose, mon ami, ce n'est pas la môme chose!

VAUCLIN.

Mais, vieil entêté!...

LE MARQUIS

Ne me querelle pas!... je n'aurais pas la force de te répondre.

VAUÇLIN, lui serrant les qialns*

Alors, bon voyage!... bon voyage !

LE UARQpiS, Icès-cipn.

Je ne peux pas la quitter pour trois jours sans avoir des larmes dans les yeux! LÎt ils veulent que je la perde à jamais! Ah! nous allons bien voirl... Bourreaux Ibourrcauxl

(Il sort, Cavalier referme son albam.) FROMENTEL, pr^t à suivre le Marquis, à Marcel, avec reproche.

Quand on pense qu'il était si facile de passer par le petil ruisseau I

MARCEL, le saluant.

Et de rouler dans la boue !

(Il sort. Fromeniel hausse les épaulée et sort de son côté.) VAUCLIN, seul, passant à gauche.

Eh bienl au moins c'est un honnête homme^ celui-là t

Si LES GANACHES.

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