‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 74 sur 240 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

GLOTILDE.

Vous êtes sûr ?

ANDRÉ

Si je sais sûr 1... Et quelle autre, bon Dieu! En est-il deux pareilles I.,. Mais regardez-la donc... Ce visage, cet air de candeur et d'honnêteté ! Si c'est elle I... Dieu, si c'est elle !... Ah ! oui, c*est elle I

GLOTILDE, à part.

Oh 1... comme il Taime !

ANDRE, regardant toujours •

Mais, c'est que je ne Tavais jamais si bien vue. Elle est ravissante!... quels yeux I... Et ces petites mains I... Oh! mais voyez, voyez ces petites mains... Et quel jeu, quelle âme !.. Àh 1 eue joue comme un ange, qu'elle est!

GLOTILDE, amèrement.

Un ange?

ANDRÉ, extasié, àlafenôtre.

Avec une figure pareille!... Oh I Dieu! Il suffit de la voir!...

GLOTILDE, à elle-même, le regardant.

Un ange!... cette créature !... Et c'est pour elle que !... Il la dévore des yeux !... Ah ! non! jamais il ne m'a regardée comme celai... Et c'est cette fille I... cette fille que je ramasse! ma rivale I... ça !... Eh bien, attends, va.

Elle MÛit une plume et écrit fiérreusement, après avoir soncé." ANDRÉ, de même.

Ah ! nous parlions jeune fille I... voilà une vraie jeune fille, à la bonne heure!.. Ah! l'innocence! quel charme et quelles promesses !

GLOTILDE, debout, résolue, après avoir donné la lettre à Thérèse,

le regardant ayec ironie.

Oui, n'est-ce pas?

ANDRÉ

S'il est un amour durable au monde... et un bonheur sans réserve !... ah 1 Glotilde, il est là, sûrement t... et jamais ailleurs, du moiQ$: pour moi I

GLOTILDB, à part.

Âh ! si tu dis vrai !

ANDRE, se retournent.

Vous dites?

GLOTILDE.

Moi... mon ami, je dis... c*cst vrai !

L» piano oesM.

ANDRÉ, fermant la fenétro.

G*est fini!... Le charme est r^mpu !.^ Ai! Cloiiïde, je suis comme un fou !... jamais je n*ai rien éprouvé de tel !

U descend*.

CLOTILDE, souriant amèrement.

Merci I

ANDRÉ

Pardonnez-moi !... je ne sais plus ce que je dis... Mais c'est qu'aussi tout cela est si imprévu ! si surprenant 1... La chercher partout et la retrouver ici !... chez vous !... Mais qui est' elle, vous la connaissez ?

GLOTILDE.

Si je la connais ?... Marguerite I

ANDRE, aveQ amour.

Elle s'appelle Marguerite?

GLOTILDE.

De la Brière 1... petite noblesse de province, le père un gentilhomme campagnard est mort d'un accident de chasse, ruiné par des spéculations malheureuses!... et laissant la mère et la tille dans une situation des plus précaires I

ACTB DEUXIÈME 111

Pauvres femmes I

CLOTILDE

Elles ont yéca jusqu'ici du peu qu'il avait laissé, mais à la fia tout s'épuise, et les voilà solliciteuses !... Je les avais connues au temps de leur prospérité, et les rencontrant hier, j*ai mis à leur disposition ce. petit, lofemeni, en. me promeltant bien d'employer pour elles toiU mon crédit... que vous ne me refuserez pas... je pense I...

ANDRÉ

Ah ! mauvaise... vous me raillez I...

GISOTILDB.

Sérieusement, mon ami... Elles sont vraiment dignes d'intérêt, etbim mérilaoïtesl.,.

ANDRE, Tiremenl.

Oui... n'est-ce pas?

CLOTILDE

La fille surtout 1... Avec cette iigure 1... vous pensez bien que toutes les portes lui seraient ouvertes.

ANDRÉ

Je le crois bien ! .

CLOTILDE

Hais elles ne sont pas femmes à user de telB avantages !•• une honnêteté ! une rigueur qui va même jusqu'à l'excès !

ANDRÉ

Vous m'enchantez !

GLOTILBB.

Deux provinciales, pour tout dire I... un peu dévotes, un peu prudes I et dont la timidité passe toute croyance !

ANDRÉ

Mais tout cela est délicieux!... Talents... beauté, vertu!... mais c'est un trésor que cette fille-là !•••

CLOTILDE

Vous en jugerez mieux à riastani.

ANDRE

Gomment ?

CLOTILDE

Elle dine avec moi... el la voici !...

ANDRÉ, suffoqaé.

Âh I... comme cela ! sans me prévenir !..•

SCËNE XIII Les MÊMES, FERNANDE, THÉRÈSE*.

CLOTILDE, à Feitiande.

Gomment... senle?...

&la mère est tellemcni fatiguôo, madame, qu'elle vous prie de l'excuser si elle n'accepte que pour moi votre bonae invitation, dont je suis vraiment bien confuse !

• CLOTILDE

Je lui suis fort reconnaissante, mon enfant, de sa bonne grâce à se priver de sa fille en ma faveur ! — Thérèse.... vous \ous mettrez aux ordres de madame de la Brière, que l'on servira chez elle I...

Thérèse sort.

Ah! madame, tant de bontés!...

CLOTILDE

Mon enfant ! vous m'êtes confiée ce soir pour faire toutes * André, ClotildO; Feroande, Thérèse.

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