ACTE TROISIÈME i
POMEROL.
Et le mardi?...
ANDRÉ, se leranU
Je tombe ici, comme la foudre, en criant à Clotilde : t J*ëpouseI... »
A la bonne heure 1... Et Clotilde?...
ANDRÉ
Ah! mon ami, une sœur ne serait pas plus tendre !... — « Mon cher André, je ne vous l'aurais pas conseillé... Il ne faut jamais conseiller ces choses-là I... Mais vous ne ferez jamais un choix qui me comble d'autant de joie I... seulement, n^allons pas trop vite... La fille est adorable, la mère est parfaite!..* Mais il y va de votre bonheur, et vous permettrez à votre amie d'apporter ici la prudence et le sang-froid dont vous ne me semblez pas capable. J'écrirai dans leur province, je m'informerai... Enfin, laissez-moi la conduite de tout ceci, et ne faites rien que je ne vous dise : Allez 1... »
POMEROL, se lerant.
Oh ! Tamitié des femmes !... Voilà 1 voilà !
ANDRÉ
J'accepte 1 — Huit jours se passent !... Les renseignements arrivent de toutes parts, et parfaits, cela va sans dire... A ma prière, Clotilde fait la demande qui est agréée... On publie les bans, nous signons le contrai... et ce matin... je l'épouse, mon cher Philippe!... je l'épouse, entends- tu I... (Le serrant dans ses bras.) Je la tiens ! Elle cst à moi ! à moi ! à moi 1...
POMEROL.
Ne m'élrangle plus, heureux homme ! Je comprends ta joie; seulement I...
ANDRÉ
Tu oses risquer un seulement /•••
poverol/
Permets !... Dans tout ça, je vois bien ta passion à toi, qu me parait féroce!... Mais elle !... Elle ! Marguerite, t'aimel-elle?
Oh I oui I
Sûrement ?
ANDRE
t»0V;BR0L.
ANDRE
Oh 1... j*ea réponds I... c'est une nRtare timide qui ne se livre guère, mais avec un regard, un mot, ce qu'elle dit!... Du reste, je parle de sa limidiié I... Et la mienne!... Je n*ai pas encore trouvé le moyen d'échanger avec elle dix paroles seul à seule... et si Glotilde n'était toujours entre nous pour animer l'entretien, je crois que nous ne saurions que nous contempler tous deux, la main dans la main !••. Je me retrouve comme à vingt ans 1 au premier amour 1... Et de fait, c^est le premier peut-être!..,
POMEROL.
Oui !... Oui !
ANDRÉ
Enân, si je t'avouais que je tremble comme un écolier, la pensée de me trouver seul tout à l'heure avec elle^ dans un coupé de chemin de fer...
POHEROL.
Ah ! vous partez ?...
ANDRÉ
Oh I oui, tu comprends I... Tout cela a été si subit !... Mon hôtel n'était pas en état de la recevoir 1... Je l'ai abandonné aux ouvriers, et me suis logé provisoirement là, sur
* Pomcrol, André.