‹ Ferromagnétisme des alliages binaires de manganèseChapitre 20 sur 57 · RIRE · texte numérisé non relu

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200 grains pour chaque lot de poudre, les nombres du Tableau VI correspondent au maximum de la courbe en cloche obtenue. Mais une autre difficulté se présente : pour un même lot de poudre, par exemple pour celui dont les grains ont un diamètre moyen de 34,3, la courbe en cloche s’étage sur près de 1#; quelle contribution ces grains de diamètres différents apportent-ils au champ coercitif ?

Ayant mélangé deux lots de poudres de diamètres moyens 25#et 114,4, de H, respectifs : 2750 et 5000 Oe, j'ai obtenu un H, de 4100 Oe; j'ai tenu compte de ce résultat dans le tracé approximatif de la courbe.

L’extrapolation de la courbe H, — } (+) montre que, pour Mn Bi à

l’état non granulaire, H, est voisin de zéro : Mn Bi à l'état massif ne doit pas avoir de propriétés d’aimant.

Je n’ai pas vérifié cette conclusion, car je n’ai pu préparer Mn Bi à l’état massif, celui-ci se présente toujours en grains plus ou moins gros, noyés dans du bismuth, comme le mettent bien en évidence les figures 6, 7, 8. Ces grains, de diamètre variable d’un culot à l’autre, entraînent donc l'existence de champs coercitifs eux-mêmes variables d’un culot à l’autre. Mais il est peu probable qu’un changement d’allure se

produise sur la courbe H, — / Fa) pour des diamètres de grains supérieurs à 100.

Jusqu'à un diamètre de grain de 25" la variation H, — / ( 2) est linéaire, puis elle s’incurve pour tendre probablement vers une limite supérieure. De toutes les valeurs de champ coercitif mesurées jusqu’à présent, celles que j'ai déterminées pour Mn Bi sont de beaucoup les plus élevées;

ainsi, à température ordinaire, pour un diamètre de 35,3, le champ coercitif est de 12000 Oe; et, d’après la forme de la courbe H, — f (=) il doit

dépasser 15 o0o Oe pour des diamètres inférieurs à un micron. Les plus fortes valeurs jusqu'ici trouvées appartenaient aux alliages massifs Ag° Mn Al, avec çH, — 5000 Oe, Pt-Co et Pt-Fe avec respectivement pH, = 265oet 1570 Oe, enfin Fe-Ni-Al-Co-Ti avec ;H,; — 800 Oe.

24. De l'origine et de la valeur du champ coercitif. —— On peut se demander si ce champ coercitif n’est pas dû aux tensions intérieures développées par écrouissage. Trois essais sont venus infirmer cette hypothèse.

19 J'ai effectué des recuits prolongés à différentes températures, jusqu'à T — 4409 C, le champ coercitif n’a pas été modifié.

20 Si, dans la préparation de Mn Bi sous champ, avec du manganèse distillé, on prend soin de ne pas tasser les poudres, on obtient un alliage de structure granulaire. On constate que cet alliage est orienté et qu’il possède un champ coercitif d'autant plus important que les grains ayant

AARROUSES

servi à sa préparation étaient plus fins. Ce champ coercitif possède les mêmes propriétés, en particulier vis-à-vis de la température et de l’orien- . tation, que celui d’un alliage obtenu par fusion, broyage et triage. Si l'on joint à cette préparation celle que l’on peut effectuer, toujours sous champ avec et du manganèse distillé, mais en partant cette fois-ci de poudres très fortement comprimées sous plusieurs tonnes, et qui conduit à un alliage d'aspect massif orienté, mais ne possédant qu’un Champ coercitif très faible, on a ainsi apporté la preuve que l’écrouissage n'est pas la cause du champ coercitif, mais que celui-ci est inhérent à l'état divisé de la matière.

30 M. Guinier n’a constaté aucune différence entre les diagrammes X de Mn Bi préparé à basse température dans un champ et de celui obtenu par broyage et tamisage.

On peut se demander enfin si ce champ coercitif n'est pas dû à une altération de la surface des grains. La préparation de Mn Bi granulaire, à basse température, dans une ampoule scellée, vient encore infirmer cette hypothèse.

L'état divisé de l’alliage est donc le facteur nécessaire à l'existence du champ coercitif, mais d’autres facteurs influent sur sa valeur, ce sont la température et l'orientation des cristaux. Cette double influence peut se résumer, comme nous le verrons par la suite, en disant que H, est fonction de l'énergie magnétocristalline.

25. Influence de la température sur le magnétisme rémanent et le champ coercitif. — J'ai d'abord effectué cette étude en employant une poudre de MnBi formée de grains passant au tamis 350, c'est-à-dire de diamètres inférieurs ou égaux à /46P.

J’ai ensuite repris ces mesures en employant une poudre calibrée dont le diamètre des grains variait entre 46% et 34,3.

Dans les deux cas, j’ai aimanté l'échantillon dans un champ de 20000 Oe après chaque détermination de 7, et de H..

L'ampoule a été refroidie par le procédé utilisé pour l’étude de l’aimantation.

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