La femme du conciergt de Fersen
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drois lundi ou mardi elle vouloit lavertir pour quil fut ches lui précaution inutile et qui me fa^ha Gog : vint a 6 h : El : alla au spectacle mais lui resta a la maison avec Gog : a mattendre ils sortirent a 8 1 /2 h : La Reine fut aux Italiens deux Jacobins qui voulurent sopposer aux applaudissements furent très mal traités.
<i Mar : 21. Beau très froid un pied de neige... A 6 h : je sortis je trouvai Reut : avec qui je fis tous les arrengem : pour le depart a minuit fit acheter pelisse chaussons etc. etc. Il porta a El : un billet ou javois lair de lui annoncer mon arrivée et dem : a le voir lui on me fit entrer en cachette nous jouâmes bien notre rôle il le crut. Jecrivis un billet a elle a que jetois arrivé Gog : vint elle ^ me mandoit que la rep : a ce mauvais mémoire quelle avoit envoyée a TEmp : fait par Barn : Du Port et Lameth venoit d'arriver et etoit détestable. Je pris le the et soupai avec eux je lui fis le même conte qua elle sur mon prétendu voyage. A minuit je les quittai Frantz me fit sortir par la grand porte nous ne trouv : pas Reut : ce qui m'inquiéta au bout dun 1 /4 dh il vint nous nous rendîmes a son auberge P : ce R : al Rue Croix des Petits Champs ou son hôte quoique démocrate et protestant lavait comble damitiés comme tout le monde excepte le Portier etoit couché je montai a sa chambre j'y trouvai mon petit chien Odin quil avoit ete chercher et que j'emmenai je mis toutes mes pelisses et a 1 h : nous montâmes en voiture je navois rien dans mes poches qui put me trahir ni lui cependant je n'etois pas très rassure et conmie cetoit mardi gras il avoit beaucoup de gard nat ivres cetoit aussi a cause de ce jour la que je netois pas parti la veille comme je le voulois. Reut : me conta milles choses de Paris...
« J[eudi] 23 ... a Orchies qui est un gros endroit on ne nous dit rien le postillon nous avertit que nous pouvions jetter nos cocardes a 1 L[ieu] d 'Orchies nous étions hors de France on ne nous visita pas et nous étions trop heureux d'en être dehors, a 4 h nous étions a Tournay nous y dinames bien et dans la même chambre ou nous avions couche en allant quelle différence, jecrivis un mot à Paris et a 5 1 /2 h : nous partîmes, presque tous les François en sont partis et nous vimes quon travaille aux fortifications. Le soir et la nuit fut excessivement froide les roues crioient comme en Suéde je voulois coucher a Hall mais faute de place nous allâmes a Bruxelles ou nous arrivâmes a 3 h du mat ayant extrêmement froid et surtout
pour aller se coucher sans feu ma joie fut grande davoir si bien réussi et de me trouver chés moi. »
La partie la plus intéressante de ces notes est celle qui a trait à sa visite chez Marie- Antoinette. Ce qui nous intrigue, c'est que Fersen — ou quelqu'un autre — a effacé deux mots dans son Journal. Malgré la rature, on peut deviner que les mots effacés sont : resté là. Il ressort d'ailleurs de son Journal qu'il était resté chez la Reine de 6 heures de l'après-midi du lundi jusqu'à 10 heures mardi soir. Les risques étaient trop gros, pour qu'il ait pu entrer et sortir aux Tuileries plus d'une fois.
Une explication du « chemin ordinaire », dont parle Fersen et qu'il avait pris, pour entrer aux Tuileries, nous est fourni par le passage suivant des souvenirs du comte de Saint-Priest :
« La reine voyait presque tous les jours le comte de Fersen chez elle. « Je lui en ai laissé le moyen », disait Lafayette, a en ne faisant pas garder telle issue de l'appartement par où il peut s'introduire sans être vu et dont en effet il profitait ». Qui sait, si ce ne fut pas une malice de plus pour qu'elle se donnât ce tort ? Au reste, elle avait mis le roi sur le pied d'une grande discrétion vis-à-vis d'elle. Quand il voyait quelqu'un, il se retirait, et elle n'avait à craindre de sa part aucune surprise. »
' Mais pourquoi y était-il resté 24 heures sans voir
Louis XVI ?
Pourquoi ne le vit-il pas tout de suite ? Par prudence ? Certainement non, car Marie-Antoinette était plus mal vue que le Roi, et courait des risques plus grands en acceptant une telle entrevue. Il est probable que Fersen avait d'autres raisons pour voir la Reine seule. Mais lesquelles ? Nous le devinons.
De retour à Bruxelles il écrivit à Taube :
« Je suis parti d'ici le 11 et je suis arrivé à Paris sans aucune difficulté, le 13 à six heures du soir, aucune J'ai vu LL. MM. le soir, et encore le lendemain au soir, à minuit. Je suis reparti et j'ai été obligé, pour éviter les soupçons, d'aller jusqu'à Tours, et revenir par Fontainebleau. J'étais de retour à Paris le 19,
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à six heures du soir ; je n'ai point osé aller au château. J'ai écrit pour savoir si on avait des ordres à me donner, et je suis parti le 21 à minuit ».
On voit encore ici que Fersen dissimulait à son ami Taube le vrai caractère de sa visite aux Tuileries, puisqu'il dit avoir rencontré le premier soir le Roi et la Reine, alors qu'il avouait dans son Journal qu'il s'était rendu chez la Reine par l'entrée « habituelle » et qu'il n'avait pas vu le Roi. Il dissimulait la vérité, parce que cette lettre à Taube était quasi officielle, presque un rapport, qui devait être lue par Gustave III et peut-être par d'autres. S'il pouvait parler franchement à un ami, il lui était impossible de dire publiquement la vérité. Enfin, la seule explication qu'on puisse donner de la jalousie avec laquelle Fersen tenait secrète cette première rencontre est que cette partie de sa visite avait eu un caractère exclusivement privé.
Après son retour, Fersen donna à Gustave III un résumé fidèle et détaillé de ses entretiens politiques avec le Roi et la Reine.
Ce ne fut pas sans appréhension que la famille de Fersen apprit le voyage d'Axel à Paris. A peu près au moment de son départ pour Paris, le 20 février, le feld-maréchal de Fersen écrivit à son fils Fabian :
« J'ai des fréquentes nouvelles de votre frère à Bruxelles, nous ne nous entretenons guère sur l'objet de sa mission, je sais cependant que la querelle entre l'Empereur, les princes et l'Assemblée nationale s'embrouille et s'aigrit, toute annonce une levée de bouclier et dans ce cas notre malheureuse Suéde y sera entraînée et recevra peut-être son coup de grâce \ »
Taube désapprouva fortement ce voyage de Fersen et dans une lettre à Axel, dont quelques parties sont en