‹ Fervaal: action musicale en trois actes et un prologueChapitre 17 sur 33 · LES CHEFS ET LES BARDES · texte numérisé non relu

LES CHEFS ET LES BARDES

Arfagard de retour ! Salut I salut à lui !

LENNSMOR ET LES 4 OVATES.

Rangez- VOUS donc ; recueillez ses paroles.

{La procession s'arrête et entrouvre ses rangs, livrant passage à Arfagard,

revêtu de- la robe- de pontife à large bordure écarlate. Il s* avance, majestueux et g rave y vers les chefs.)

ARFAGARD.

Illustres chefs, guerriers, soutiens de la patrie, Pendant longtemps, la valeur de vos pères, égide protectrice, a préservé Cravann

[de tout joug étranger.

Et maintenant encor, vos vaillantes poitrines forment au nord un robuste

[rempart résistant au choc du barbare.

Mais du côté du vent Cravann est menacée :

Des peuples inconnus, des peuples innombrables vont se ruer sur nos montagnes !

Je les ai vus, en mon récent voyage, Je les ai vus débordant des vallées ; Ainsi que le torrent formé par les orages, détruisant tout su-r leur passage, ils remontent vers nous !

{Les chefs, étonnés, vont pour questionner Arfagard, qyii coniinuty calme.)

Voilà pourquoi vous êtes appelés et rassemblés devant Tautel de pierre^

afin d'élire un Brenn de guerre qui devra réunir en sa puissante main toutes les forces de la patrie.

(Moment de silence,

Fcrkemnat s^avance seul au milieu du cercle,)

FERKEMNAT.

Nul mieux que Ferkemnat ne peut remplir ce poste.

GWELLKINGUBAR.

Gwellkingubar, vainqueur des barbares du Nord, doit commander à tous ! • (// se campe avec hauteur en face de V autel,)

GEYWHIR.

Sans moi, la barrière des Gwells aurait été brisée comme un fétu de paille î

(Souriant et dédaigneux, Gwellkingubar se retourne à demi vers Geywhir.)

GWELLKINGUBAR.

Ami Geywhir, trop longue est ta lance»

tu n'as jamais frappé l'ennemi que de loin...

GEYWHIR.

Ose le dire encor !

(Il s*élance sur Gwellkingubar, mais Chennos Varrêle et s avance entre eux deux.)

CHENNOS.

Ecoutez-moi :

Qui donc porta secours au Gwell dans la détresse , sinon Chennos, chef de Chinnac, suivi de ses frondeurs habiles ?

GEYWHIR.

La lance de Mazenc est souveraine !

ILBERT.

Je suis chef du pays, à moi la forte épée I

HELWRIG. BERDDRET. FERKEMNAT.

Les Helves me révèrent. De Thrann je suis le bras. Ma haute cime vous do*

mine.

PENVALD ILBERT.

Je suis la tête des forêts. Je brille au premier rang.

GWELLKINGUBAR. CHENNOS. EDWIG.

Je suis le rempart des Plus rusé que la nuit est Meilleur que moi ne Vellaves. Chennos de Chinnac. se trouva jamais.

TOUS

A moi ! à moi Tépée !

{Grande agitation parnii les chefs.

Les deux druides et les quatre ovates, faisant résonner leurs boucliers, réclament le silence )

LENNSMOR, GRYMPUIG et LES 4 OVATES.

O chefs ! tenez vos langues, le Maître parle.

ARFÂGARD.

Chacun de vous a des droits, nobles chefs, votre valeur par tous est reconnue, mais aujourd'hui, le sauveur de Cravann est désigné par un arrêt divin : Un oracle nouveau des voix de la montagne l'annonce et le proclame ainsi :

« Le chef élu, « le fils des Nuées « dont l'âme, vierge encor, à l'amour restera fermée. »

{Silence.

Ilbert, sortant de la foule des chefs, s'adresse à Arfagard,)

ILBERT.

Père, permets que ma bouche réponde :

Le dernier fils de Raidrîg, le dernier descendant des dieux a disparu voilà bien dix années, et depuis, nul ne l'a revu...

(Arfagard, sans paraître avoir entendu liberté se retourne gravement vers le second plan à gauche.)

ARFAGARD.

L'Être choisi, le Fils des Nuées dont l'âme, vierge encor, à l'amour est restée fermée,

est ici, au milieu de vous...

— Fervaal ! fils de Raidrig, prends ta place au Conseil !

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