LES AUTRES CHEFS
Non pas ! non pas. Il faut se retirer.
Chacun pour soi.
Chacun dans son pays.
FERKEMNAT.
Chaeun de nous doit défendre sa terre.
GHENNOS.
Bien dit ! Séparons- nous.
TOUS
Séparons -nous. Aux alleux ! aux alleux 1 Chacun dans son pays. Défendons notre terre.
Séparons-nous.
{Grande agitation.
Les chefs sont sur le point de quitter le lieu de l'assemblée.
Fervaaly immobile jusqu'alors , s'élance tout à coup au milieu d'eux.)
Arrêtez, chefs! — N'avez-vous point de honte !
Fuir le danger est- il digne de vous ?
Vos mères se sont donc livrées à des esclaves ? N'êtes- vous pas les fils des anciens héros dont j ai ouï conter les exploits de
[guerre ?
Ceux-là savaient se liguer entre eux comme des frères et mourir en riant pour Cravann.
{Les guerriers restent émus et hésitants.)
— Et que peut faire chacun de nous, seul contre l'armée innombrable de ces ennemis inconnus ?
O nobles chefs, écoutez- moi !
{Les chefs, gagnés, se rapprochent de Fervaal et Ventourent*)
Restons unis pour la défense, restons unis pour le salut commun ; marchons ensemble à la bataille et nous vaincrons les barbares noirs !