‹ Fervaal: action musicale en trois actes et un prologueChapitre 26 sur 33 · LES SIX CHEFS RESTÉS EN SCÈNE · texte numérisé non relu

LES SIX CHEFS RESTÉS EN SCÈNE

Guerriers I armez les clans !

[Tous les chefs sortent ,

Les guerriers répètent au loin V appel des chefs.)

TOUS LES GUERRIERS, aU loin.

Armez les clans !

Aux armes ! aux armes I

{Fervaal, seul au premier plan, s*approche d'Arfagard, resté auprès de

Vautel.

Au fond, V agitation continue.)

FF4RVAAL, à Arfagard,

Père, père, écoute-moi, celui qui doit mourir t'implore...

LA FOULE, au fond.

Armez les clans ! armez les clans I

Mourir, enfant I qui parle de mourir ?

Toi ! le Brenn élu dont le souffle sublime a rallumé les flammes du courage

dans le cœur des chefs hésitants. . • O mon Fervaal, ne parle pas de mort !

LA FOULE, au fond, A nous les armes ! à nous les épées !

PENVALD, revenant au second plan, arrête un guerrier qui se hâte vers le fond»

Toi, cours jusqu'à la ville ; Fais diriger tous les troupeaux vers la montagne.

LA FOULE, au fond, A nous les fcamées I

FERVAAL, à Arfagard.

Père, père, tu t'es trompé I Je ne suis pas l'élu» l'appelé, l'homme pur désigné par la voix de l'oracle ;

Entends-moi bien : je ne suis pas l'élu 1 car, le serment, le haut serment druidique...

je l'ai violé I

(Arfagard recule, en proie àVépouvante,)

— * J'aimai Guilhen, là-bas, bien loin...

Son haleine enivrante et douce, je l'ai aspirée à ses lèvres, son cœur, son tendre cœur, je l'ai senti palpiter sur mon cœur... A son souvenir, tout mon être tressaille encor de volupté ;

Je Taime ! Mon âme est liée à son âme, en moi, je garderai son amour à jamais !

LA FOULE, du fond.

Ordonnez les rangs î

Formez les rangs i

En guerre I en guerre ! en guerre !

(Arfagard, désespéré, étend le bras comme pour maudire : Fervaal l'arrête,)

FERVAAL, à Arfagard.

Laisse-moi terminer.

Tu as entendu la voix des Nuées :

« Seule .la Mort peut appeler la Vie ; a La nouvelle Vie naîtra de la Mort. »

Comprends-tu maintenant le sens de cet oracle ?

Esus réclame un sacrifice, et la victime sera moi i Je veux trouver la mort dans le combat qui va délivrer la Patrie !

LA FOULE

Ah î en guerre ! en guerre !

Adieu, père, pour toujours.

(Le flot de la foule armée, toujours grossissant, est rentré peu à peu ; les guerriers entourent Fervaal et le séparent d* Arfagard, qui s* appuie à V autel, chancelant, anéanti,)

LA FOULE^ en scène,

La guerre a frappé sur les boucliers.

Ho gué 1

Fervaal I Fervaal I

Ha I

La guerre a frappé sur les boucliers, au pied des montagnes sacrées.

Marchons ensemble à la bataille et frappons sur nos boucliers I

Ouvrez les portes du pays, laissez passer tous les ennemis, Ho gué I De leurs cadavres épars dressez de hauts remparts et que leur sang féconde nos champs et nos vallées !

Fervaal, Fervaal, en guerre !

En guerre !

Chefs et guerriers de la libre Cravann, voyez î Peuple, contemple !

{Tout à coup et scms transition se dissipe le brouillard, et Von distingue au fond, à travers les pins, la plaine, la ville et les lointaines montagnes éclairées magnifiquement par les rayons du soleil.)

Bélen lui*même n*est plus hostile, ses royaumes d'or et de feu ont dissipé les voiles qui nous cachaient la plaine et le mont du salut ;

, C'est le signe de la victoire !

Barde, à moi ta harpe !

{D'un brusque mouvement, Fervaal arrache la harpe des mains de son barde, et, debout sur l'autel, il chante à pleine voix le Chant prophétique»)

Ho gué ! Celtes, ho gué !

C'est le jour attendu où le Chêne celtique unissant ses rameaux, ne formant qu'un seul cœur, superbe, écrasera d'un effort héroïque

l'ennemi, frappé de stupeur.

LA FOULE

Ho gué 1 ho gué ! ho gué !

En ce jour, on verra les perfides renards

se cacher tout tremblants dans leurs sombres tanières,

et Fétranger, pliant devant nos étendards, s'enfuir bien loin de nos frontières.

FERVAAL. LA FOULE,

Ho gué ! Celtes, ho gué! Oui I oui !

C'est le jour du destin si longtemps c'est le jour,

[attendu I c'est le jour attendu I

Favorables ou non se montrent les Ho gué !

[présages, ho gué !

le vieux Chêne celtique, insensible

[aux orages, dressera son front triomphant !

FERVAAL et QUATRE CHEFS.

Ho gué I ho gué I ho gué I Ho gué ! Celtes, ho gué I

LA FOULE

C'est le jour du destin, attendu si longtemps où le Chêne celtique, insensible aux orages, dressera son front triomphant I

[L* armée est divisée en trois groupes,

Feroaal, descendu de Vautel et porté triomphalement, sort à droite avec le premier groupe, escorté des principaux chefs,)

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