LA PARTITION
Abordons, maintenant, l'étude thématique de la partition.
L'œuvre est entièrement construite sur une importante série de motifs conducteurs dont il importe de bien caractériser le sens et d'indiquer les nombreuses et intéressantes transformations.
Comme d'habitude, pour plus de clarté, je donnerai à chaque thème un nom particulier, le plus rapproché possible de sa signification
mérale. Il est bien entendu, en effet, que ce nom ne doit pas être pris dans une acception restreinte. Les leitmôtive ont, presque toujours, un sens très large. Il faut donc s'att
cher, moins à la lettre de la dénominati qui leur est donnée, qu'à son esprit Je n1 pas la prétention d< dans les
qui voni suivre, toutes les nations, tout les variations de chaque motif. Il me faudrait alors analyserj mesure par mesura u-
tion dé près de 100] . .1»' veux seul nt, «l'attachant aux | importants,
mettre en la main des lecteurs de ce travail un fil conducteur pouvant les guider a t: vers les méandres d'un vre qui peu! pa raiîre compliquée . au premier coup d'œil, mais qui s'éclaire bien vite, pour peu qu'on la travaille, d'une raj onnante lumière.
Fervaal n'a pas d'ouverture. Chaque a< (ulemenl précédé d'un prélude plus moins important. Celui du / ' -t ass
court. Sur un trille (*) *!<•< instruments i»ois. les altos, violoncelles «•! b is lancent, p. 1, m. 2 el suivantes, une transformation du moiii' (pii symbolis >ur gu «I»'
Fen aal. Voici »■■ ème I /•
us s i [orme principale (**), dans L'étin
l .. ii de la réducl
qu'on effel pianistique, «i r l- trille
orchestral,
("il /exem] ^"ii^ iiin- priu m* i :
inci paît- n'est pas celle de la i rition.
lante tonalité de si majeur, qui lui est presque toujours réservée,
fan J JT^rj ijrr, f PigM.ni!
Un second motif, celui de la Convoitise :
^Wr'r>rri»fo,r.ri«ri£rr*ii
spécial aux bandits sarrazins, apparaît p. 1, m. 8 et 9, aux cordes. Un autre thème est énoncé plus loin, p. 2, m. 9, par les tlûtpetite flûte et clarinettes ; c'est une forme de ce leitmotiv :
ÉË
qui s'applique à la Mission sainte. — le salut du pays, — dont Fervaal a été chargé par l'oracle. Ces trois thèmes forment la base de tout le prélude.
La première partir (A) du motif suivant :
*'iM- ,1 f
rr^tm
éclate^*, lancé par quatre trombones à l'unis son, ]>. 4, m. 2 et 3. Ce thème est le plus important de l'œuvre. C'est, en quelque sorte le motif générateur, le ur mptio, diraient les
Allemands. Il se rapporte aux puissance périeures (les Nuées) dont, d'après la légende, esl issu Fervaal. Le [ragmenl A semble plus spécialement è\ r ces puissances; le ment B, plus rythmique, plus humain, rapporte plutôt à la descendance de divines, uniquement j aniBée, à l'heure actuelle . en Fervaal, Cette phi - pp urall dans toute l'œuvre -<>us des m<>dif multiples. Un examen minutieux démonta rait même l'influence directe de cel ur h<<>nr, dans la constitution intime de bien d<*> thèm< Dans cette étude, ce motif primordial sera
désigné SOUS le nom de : \'( )rigù
Le motif Héroïque (1). ceux de la M (3), de VOrigin I . de 1
iennent dans les premières pag - du Prologue^ pendant que certains bandits s'ap m a dépouille] Fei vaal et que d'auto atinuent la lutte avec A urd. Un m
îourt , annonçant l'approche d'un >m breus upe de cavali( moment,
air -Mit une variation du motif de
Guilh qui persiste a l >menl
jusqu'à l'entrée de la jeun ame. AI..: l'orchestre entier expose le thème d forme principal»
5 4±**££fl JTJ Ifl
tout'1 pleine (l'une grâce impérative. Ce même motif subit une nouvelle transformation, p. 12, m. 8 et suiv., quand Guilhen examine, aveun vif intérêt, Fervaal évanoui et interro. Arfagard. Autre variation, p. 14, m. 2 et suiv. Un thème, destiné à jouer un grand rôle dans l'œuvre, paraît à la clarinette, accompagnant la délicate phrase de Guilhen : Blanche et douce est sa main (p. 14). C'est une phrase de tendresse, que nous dénommerons motif du Regard .
Ce leitmotiv reparait souvent , en effet , pour rappeler le premier regard échangé entre les deux jeunes gens, regard qui a été pour eux le commencement d'une sympathie qui doit, finalement, aboutir à l'amour.
Le thème de la Mission (3) revient p. 15, 16, 17 ; le fragment A de celui de Y Origine divine (4), p. 17, m. 7, 8. Page 18, au -f-j de Guilhen s'étonnant que Fervaal, qui paraît de noble race, se soit risqué, sans escorte, dans le pays, il importe de signaler la formule d'aceompagnement, curieusement dérivée du motif générateur (4). P. 18, dernières mesures el p. 10. m. 1. la clarinette basse esquisse les premières notes du thème de Craram, (12)
ou de la Patrie^ dont j«i reparlerai plus loin, quand, au premier acte, il apparaîtra da tout son développement Sup nient de thème, on trouve aux violons u variation d'un motif très important, qui sym bolise l'antique religion celtique • sei
gnement C'est le thème Druidique, que voi sons sa forme principale
Au moment où Fei \ aal reprend - ris, un violoncelle solo exhale un nouveau thème, celui de la Joie douloureux
* *^^rT^^m
1 ,e jeune homme, en revenant à la t souvienl vaguement <l destinée* R i|>p'il
du thème de la Missi . Il veut kle
ver ; trop faible, il retombe à I . ma
ux «nu aperçu Guilben, P. 22, ni. ?. i<><it il. l.i clarinette et les violoncelles exhalent les premières notes «lu thème à\ I r (11), que nous trouverons tout à l'heure complète mont épanoui . au début du 1 v ' me
page, m. 9 et suiv., un ait blé \
la flûte, ramène le motif du
il s'adr< uilhen. Son «liant
immencé sur un ton ext s1 mim<
peu. Nel et précis, le souvenir revient alors
au jeune Celte. 11 est consacré aux dieux (thème Druidique (7), à l'accompagnement), et, dans un solennel serment qu'il répète, il a maudit la Femme et a, pour jamais, renoncé à elle.
Ce fragment est d'une admirable déclamation lyrique. Il est tout entier construit sur un motif
très caractéristique, le Renoncement à V amour,
solennellement affirmé par les flûtes, hautbois, clarinettes, bassons et cors.
Au moment où il va achever sa malédiction, Fervaal se tourne vers Guilhen. Il reste alors sans voix, fasciné sous le regard de la jeune fille, qui le fixe dans les yeux avec une tristesse passionnée. Il abaisse lentement le bras, puis retombe tout à coup à terre, inanimé, comme mort, alors que trois flûtes et un violon solo soupirent mélancoliquement le ten dre thème du Regard (6).
Arfagard, désespéré, se jette sur le corps de Fervaal. Sa lamentation, d'un très beau mouvement, est soutenue à l'orchestre par un dessin des instruments à cordes, issu d'un thème que nous trouverons plus tard, celui de Y Affection (17). Cette transformation, ou plutôt cette dérivation, est fort curieuse et mérita d'être signalée tout particulièrement.
L<>s premières ootea du motif de Craoann l reparaissent p. 26, m. \ el p. 27, m. 12. Quand Arfagard refu * Guilhen de la laisser emmener Fervaal en son château, le thème Druidique (?) revient en valeurs augmentées, proclamé par les bois el les cors, p. 29, m. 5; celui de la JoiedouL use (8), même page, m. 11. La suppli -n de Guilhen à Arfagard, pour décider le vieillard à la laisser soigner Fervaal : Au nom du soleil, roi du monde> <4-i une mélo lux ravissants contours, pleine d'une persu éloquence. L<> motif du Regard rit
un moment à l'accompagnement Réap] rition du thème de Guilhen (5), sous Tune
- variations, quand la jeune fille affirme qu'elle est experte en l'art deguérir. Le druide ayant céd< Fervaal est couché sui une civière, el l<i cortège se met en marché i tte
ène muette est commentée à rorchestre p les leitmotive de Guil) du R< i an
<lr l'Origine divù . en sa forme déi signalée p. 18, et <iu sa forme principale, | I . et Druidiqw Ce Prologue^ d'une char mante couleur, est l'une des pai réussies de l'œuvi
l 'n délicat prélude oui re V Il débute par une délicieuse phi
par lecor, la flûte él un violon solo. Un nouveau leitmotiv d'une grâce toute pleine de langueur se fait jour p. 36, m. 13 et suiv., confié aux premiers et seconds violons unis, avec sourdines. C'est le thème du Jardin :
Il a rapport au doux repos trouvé par Fervaal dans la demeure de Guilhen, au charme amollissant de la nature méridionale. au parfum capiteux émané des orangers et des citronniers en fleurs, à l'énervante ivres^r (jui en résulte. Les développements de ce motif font tous les frais du prélude, à la fin duquel on trouve pourtant un rappel du thème du Regard ((î). Le leitmotiv d'Amour, d'un élan très passionné, apparaît (m son entier, pour la première fois, exposé par les violons et les violoncelles, p. 38, m. 5. (>, 7.
Arfagard arrive, réveille Fervaal et l'exhorte a partir. Celui-ci résiste, séduit, sans
l'avouer encore», par la beauté de Guilhen. Les thèmes de V Origine divine f 1). du Jardin
(10), de V Amour (11). du Renoncement (9).
alignent le dialogue du jeune homme et du
vieillard. Toute la scei n laquelle le druide
rappelle à Fervaal les orij s de la religion celtique et lui dévoile les ca I - ment
qu'on lui a l'ait prononcer, est d'un intérêt musical soutenu. La monotonie, qui sembl à craindre dans ces récits exposant une théogonie, a été heureusement évitée | M. d'Indy. Un leitmotiv, d'un grand caractère, qui est chargé de d< er I«i p ij - de Cravann apparaît, chanté par les altos, -•ors ei les bassons, p, 13, m. 13 et suïi . Il avait été déjà vaguement esquissé, même | m.5et6,àlabasse, et au prologue, p. 18,
^to^ttJ î^jr rn'r tîf'f^^
Dans toutes l<i- pages qui suivent, l à dire de la p. 13 à 1 1 p. 62, i feme re^ à maintes repris i-, ainsi que ceux du R
ni n ■" VOrii \ I . 1 .
motif Druidique (7) est, lui, i imment employé, soit sous sa forme principale, s. mis des formes plus ou moins modifia
informations se trouvent p. 15, m. ^ el 11 ; p. 50, m. 9 n. 5et suii . : p. & >m. l et 10.
Un thème qni s'applique au goût pi des i îeltes pour la re, à
|»it V f » f2h\Lî^y \vtf- te^ïgZ
apparaît, transformé en valeurs augmentées, p. 44, m. 7, 8, 9, lancé par les cors. Il revient p. 63, m. (.) ol suiv.
Le passage culminant de cette longue scène, magistralement traitée, est le récit, d'une admirable grandeur, delà proclamation de l'oracle. Signalons, p. 55, m. 4, 5. les belles harmonies suivantes :
xr
TF
xr
Le premier accord (fa mineur) est attaqué (f par les bois^ les cors et les trompettes, qui diminuent ensuite dans la mesure ; le second accord [fa dièze mineur) est donné par les quatre trombones et le tuba, qui augmentent, au contraire, jusqu'à la mesure suivante. L'effet est très caractéristique. Même pag<\ m. 8, un trombone solo fait entendre les premières notes du thème des Tempn futurs 21), qui symbolise le nouveau culte né en Orient , la religion d'amour devant laquelle vont s'effacer toutes les vieilles théogonies. L'énoncé de l'oracle, p. 57, • écrit sur les notes du motif de V Origine
rJirino (4).
A remarquer p. <>L m. 8, le pittor* thème de V Appel :
pnj. *m ; jij, h [i i t. i m
■ motif, exposé d'abord par 1<* coi- anj puis repris par la vroix, revêt une saveur toute particulière du mode Hypodorien, en lequel il est écrit. Selon toutes probabilités, M. d'Indj , qui passe l'éfc ma 1 Céveni l'a
emprunté a une inspiration populaire de là-bas.
Àrfagard s'éloign >n dépari est >m pagné par le motif de l'-l/v Le thème
Héroïque ili frémit ;i l'orchestre pendant que Fej vaal commence a revêtir - au moment où il place le casque sur - 1 \r motif «'clait' dans toute sa l \ la \ ue
de l*épée que lui a donnée I ruilhèn, le sou venir de la jeune femme revient au héros et une impression de ti ûsil son âme,
tout a l'heure enflammée des seuls désirs
erriers. Un thème chromatique, que pieu ivnt 1rs altos et les premiers violons sur la quatrième corde, dit, p. 68, m. 6 <ki 7, la Douleur du jeune < !ell
Cn fragment du motif du Regard (G) reparaît aussi, même page, m. 12, L'entrée pétulante de Guilhen est soulignée, p. 69, m. 1 et
suiv., par une joyeuse variation de son motif (5). Cette variation, confiée le plus souvent aux violons, accompagne tout le début de la scène. Guilhen veut savoir la cause de la tristesse de Fervaal, et insiste pour qu'il confie à elle. Nous retrouvons dans ces pages les thèmes de Y Amour (11), de la Don leur (1(5), de Cravann (12), du Regard ((>). Fervaal, sur la demande de la Sarrazine, lui conte son existence. Cet important récit, coupé par de nombreuses alternatives de mouvement, est plein d'intérêt. 11 respire une ardeur juvénile, un courage tranquille et sûr de lui-même. Le début de la première strophe est construit avec le thème Héroïque il). Vient ensuite un Moderato d'un exquis
miment poétique: Là, dans un calme balancement. A remarquer la belle apostrophe a la Joie, par laquelle se termine chaque strophe. Page 77, à l'accompagnement du du second couplet, le thème Héroïque (1) subit une importante transformation. Le motif de la Joie du combat (13) apparaît^p. 78, m. 1 et suiv.. dans la forme sous laquelle il a été donné plus haut.
Fervaal raconte à Guilhen la mort de son père «'i de ses six frères. A ce moment, p. ?(,>.
m. I, nous trouvons, soupiré par le i anglais et la clarinette basse, un motif plein de mélancolie, dont j'ai cité,' au Prolog un curieux dérivé ; c'est celui de l\ I
îM» f fjyr jf LjYr i rHi N^l
Un autre thème est encore à signaler, m. 5 el suiv., exposé par les violons, les altos el la flûte. Il se rapporte aux myst de la forèl - lux cérémonies drui
diques el à leur caractère hiératique, Je le cataloguerai sous l«i nom de motif N dotal :
rr-^n
Le thème de la Joie d( paraît, p. 82, d'abord transformé, m. 10, ensuite sous sa torme principale, m. i I. '. phrase du fl g \rd adoi tblemenl
ramenée par i >lon solo, p, ! el
suh .
In ten g< à - m I I îuilhen motif de la jeune fille 5 subit, dan- . compagnement de imp<
transformatio la première - p.
. m. 1 el suii » ; la s an début du ProL sei i de tram<
phonique au char nia ni Animato de la p. 88:
Alors ma seule volupté, d'une allure mélodique si libre et si pittoresque. Mais voici que Guilhen fait l'aveu de son amour en une très belle mélodie, issue, en sa partie principale, du motif du Regard (G) qui apparaît à l'accompagnement avec celui de la Sarrazine (5). Le Lento de la page 93 est d'une intensité d'expression remarquable ; le passage en mineur est une délicieuse trouvaille. Au Moderato de la page 94, le thème d'Amour (11) surgit de nouveau, au milieu de magnifiques et sugges tives harmonies. Fervaal laisse, à son tour, l'aveu brûlant s'échapper de ses lèvres et il entoure Guilhen de ses bras, pendant que l'amoureux motif (11) éclate à l'orchestre, chaud et passionné. Le thème Héroïque (1) reparaît notant la phrase : Sur mon coursier noir au galop fantasque, par laquelle commence le superbe passage où Fervaal demande à Guilhen de le suivre dans les montagnes des Cévennes. Le motif d'Amour (11) revient chanté par Guilhen, en la péné trante tonalité de sol bémol, puis les deux voix s'unissent. Au thème d'Amour (11) se joint celui de la Douleur (lG),car, en même temps que l'amour, la douleur est entrée dans le cœur des amants. Douleur charmante! jow amèrel ainsi que le chantent les deux extasiés, dans un ensemble tout débordant d'une
ardente passion. Tout à coup, dan- le lointain, Arfagard lance le motif de V Appel l Les thèmes du Renoncement de la Mission (3), de la Religion druidique (7), sous une de><'N transformatioj »mmi nt de ^ intérieu rappelenl 1 tl à 1 1 triste i-
liie des eh d'ici-bas. Il veut partir, mais Guilhen ne l'entend pas ainsi. Elle aime et ell- sait aimée. La Sarrazine s'attache au Celte; qu'il attend.' encore, et, -'il l'e bien, elle le suivra dans son froid pays. Elle répète la phrase de Fervaal : Surton cou
noir, et, en passant par sa bouche, le thème revêt une grâ ie particulière. 1*. 11<>. m. 2 et 3, remarquons une nouvelle transformation du motif de Guilhen (5). Fervaal i encore : les thèmes de la M et du
Renoncement (9) reviennent sans i insistant
La jeune femme tit alors plus pi santé. En une nouvelle et délicieuse mélodi encore dér du motif du Regard (6 . elle
tnmeo i surmonter les h< >ns
Fervaal. La pb p. 114 : ( rOfl
au robuste olioier s 'attaci est absolument Elle est éci it • sur un i très Je
mesure à 15 8, dont, à ma conn usa tnce, il a'existe pas d'autre exemple. P 114, m.
8, nous trouvons la premi leitmotic de la M 19) dont le texte sera
donné plus loin, en forme principale.
Attirons aussi l'attention sur l'enveloppante mélodie soupirée par Guilhen à l'oreille de Fervaal : Dans mon chaud pays... Fasciné, le jeune homme ne résiste plus. Les deux amants roulent enlacés sous l'ombrage propice du vieil olivier. Alors, des profondeurs de l'orchestre, s'élève une longue phrase de joie triomphante. Dans un magnifique crescendo, le motif <T Amour (11), transformé, exultant, chante la victoire de la Femme. Peu à peu, les sonorités s'apaisent. Les jeunes gens sont toujours dans les bras l'un de l'autre. Lentes et tristes, les notes de l' Appel (15) retentissent à nouveau. Fervaal tressaille; il se dégage de l'étreinte de Guilhen et s'enfuit, après avoir maudit l'amour, dont il vient de subir laloi fatale. Pages 1*20 et 1*21, on retrouve les thèmes du Renoncement (9) et de Y Origine dicine (4).
La scène du désespoir de Guilhen est éloquemment rendue. Le commentaire symphonique de ces pages, d'une belle vigueur, ( formé par les thèmes d'Amour (11), de la Douleur (16) et de Guilhen (5 . Ce dernier thème subit, p. 12t. m. 21, une transformation qui est à indiquer. Au point de vue vocal, je citerai les passages suivants qui me paraissent les plus dignes d'attention. Page 121, la phrase: Comment de mes mains déchirées ;„. même page, le Moderato: Ma
bouche a goûté te miel de sa < VEe
cation des vents : Fils des embrasés /• enfin, la phrase, p. 129: .h' pleure f me.** Les bandits sarrazins envahissent le in, Guilhen dirige leurs désirs vers le pays de Fervaal et se met à leur tête pour envahir l Cévennes. Cotte scène est presque constamment accompagnée par le motif de 1 tise (2). Celui de Guil) "») reparaît p. 142, ni. 5, 6; 148. m. 1; 153, ni. 1 et 2; celui de Craoann (12), complètement transformé, p. 1 14, m. 11, et p. 1 15, m. 2. L'n épisode de dispute entre deux paysans allon sans aucune né< té. Comme ce ] ge n'a pas. d'un autre côté, un intérêt musical bien prononcé, il alourdit inutilement la marche
de l'action.
si ce premier acte cm long, il est, en vanche, d'une extrême variété. En effet, les
qui le composent sont, chacune, d'un
caractère bien différent; la première, sévère et religieuse; la seconde, débordante de | n ; la troisième, pleine de désespoir et de hain<
Au prélude du second acte, le de
mm 1 12 eut, p. L55, m. ô el suh ..
transformé, aux altos, violoncelles et conû
basses, parmi les batteries des instruments de
bois touinant autour d'une tenue de
deux trompettes sur le ré. Un peu avant le lever du rideau, le thème de V Appel (15) reparaît, développé, dans une mesure alternée
à 7 et à t. Page 101, m. 4 et 5, le thème de La Mort, en sa forme principale,
t'ait son apparition, confié alternativement aux quatre trombones et aux quatre clarinettes. Le motif du Regard (6) souligne les souvenus amoureux de Fervaal. Celui de Y Appel (15) se retrouve plus loin, d'abord à l'orchestre, ensuite à la voix du berger. Superposé à ce dernier motif, celui de la Joie du combat (13) est rappelé p. 165, m. 11, 1*2 et suiv. et p. 166, m. 3. La phrase d'adieu du berger, p. 166, est d'une mélodie originale.
Les apparitions fantastiques, qui se succèdent sur l'autel de pierre, sont accompagnées p. L69, 170, par un important fragment orch'es irai, bâti sur un magistral développement des Harmonies A&V Oracle (M). L'évocation de Kaito, l'originelle divinité, est fort intér< santc «'lie aussi, au double point de vue liar monique et instrumental. Le thèmede Kaito,
[ttissé p. 172, m. l( i donné, sous sa
forme principale, p, 173, m. 2,
Le cliant de la déesse, avec son accomp gnement lointain de voix de femmes, soutenues par des saxophones, ; le une majestueuse grandeur. Le thème Druidiqx
. sous l'une de ses transformations, fait une nouvelle apparition p. 175, dernière mesure, et p. 1?<*>. premère mesure. L'oracle de Kaito, sombre et faroucb r d'un ère
superbe. A l'accompagnement on distingue le motif de la Mort | 19), p. 177, m. 7 »it sun .. et, p. 178, m. I el suiv., celui des '/'■ futurs, emprunté à un thème de plain chant
nnii. dont le comp >s teur i formé a phras ) musicale complète
2i ^iii .1 J u j iJ r i r«>i
Ce motif avait déjà été, on se le : lie,
ement indiqué au premier I m
encore p, 181, m. 1 et suiv., chanté par les
voix des Nué is, quand \ Il son
impuissance à forcer K lito à | n-
le, 1 es motifs du R(
de la Mort 1 19), 'i»1 Vi ,r >nt fi
dramatiquement ramenés à la fin de la scène, quand Fervaal se retire sans avoir encore avoué son secret à Arfagard.
La seconde scène est remplie par l'arrivée successive des chefs et leurs compétitions. En ses moindres détails, elle a été conçue suivant les données qui îlous sont parvenues sur les mœurs guerrières des Celtes. Au point de vue . strictement musical, les organes constitutifs en sont formés par une variation du thème Sacerdotal (18J, paraissant pour la première fois p. 184, m. 6 et suiv., par le thème Druidique (7) transformé, enfin par une formule d'accompagnement dérivée de la mélodie à! Appel (15), p. 186, dernière ligne. Le motif de Cravann (12) et le thème Druidique (7), différemment transformés, reparaissent pendant le discours plein de noblesse, adressé par Arfagard aux chefs. Les leitmotive de l'Origine (4) et du Renoncement (9) sont naturellement rappelés quand le druide fait connaître aux Celtes le prononcé de l'oracle.
Le thème Héroïque (1) éclate majestueux et solennel, proclamé par tout l'orchestre, lors de l'apparition de Fervaal au milieu de l'assemblée. Tous s'inclinent devant le jeune homme et le saluent sur le thème de YOrir/ine divine (4).
Alors commence la cérémonie religieuse.
Elle débute par le thème tn tique
du Sacrifice :
22 ^11 Jjp |jj J J 1 J */*j
chanté, j>. 219, m. l et suiv. par quatre I Ij chœur: Ainsi que Veau sainte...
d'un très beau sentiment. Celui qui con6é aux femme îles est, lui i remarquable. Pendant l<k lant bolocaus qu iii en dehors <i<k 1 ae, une sup
position du thème Sacerdotal flv dit | les hautbois, sur un trille harmonique (U> tr clarinettes, et du thème du N confié aux violons et ail >s i\ • sourd i m lieu à l'orchestre. Au moment où IV i Fen aal, les cuivres lancent, toute sa majesté, le thème de l'Or i . Le thème - ent, p.
1 . ni. 7 et sun .. accompagn un 1< stin ,n ilcr le ti*;\ :i d'orchestre
qui apparaît p. 233, m. 1 <kt suiv., au moment de rentrée du mes r ann nt l'invasion. m revient ensuite plusi 5, m. i et 5, retour du motif <l<> 1 fi, \ .
l .'apostrophe de I
d'une b »lle véhémence. I et
el suiv., réapparition du thème <l<i ( nn
i .i conf< n de Ferva J \ un épisode capital admirablement rendu, i
intéressante superposition des thèmes Druidique (7) et du Renoncement (9) est à citer p. 262, m. 4, 5, (5. Les motifs du Regard (6) e1 de Y Amour (11) sont ramenés, môme page et page suivante, soulignant l'aveu du jeune homme. Le motif de Kaito (20), reparaît p. 265, m. 7 et p. 266, m. 1, immédiatement suivi de ceux des Temps futurs (21) et de la Mort (19), quand Fervaal rappelle la prophétie de la mystérieuse déesse. Page 275, m. 5 et suiv. au moment où le soleil, ayant enfin dissipé les brouillards, paraît dans toute sa splendeur, un thème solennel,
y«i« j.3jjur.m^ju^a
s'élève des profondeurs de la clarinette-basse et des violoncelles sur le flamboiement des cordes en arpèges harmonisés. C'est le motif de Bélen (*). Fervaal entonne alors un chant de guerre d'une entraînante envolée. Ce chant, dérivé du motif de la Joie du combat (13), est repris ensuite, par les chœurs, avec un croissant enthousiasme. Les Celles s'éloignent par bandes. Arfagard reste seul, désespéré.
A l'orchestre, le thème Druidique (7) revient en valeurs augmentées. Le rideau tombe, pendant que, dans le lointain, les
(*) Bélen, dans la r»'li2i<ni celtique, était le dieu du soleil, do la Lumière.
trompettes font retentir les échos des g el des montagnes d'une fanfare isi >tif
de VOrigine divine I .
On peut appliquer à cet acte enl |ue
M. Alfred Bruneau a dit du fragment ex< aux concerts de l'Opéra: c'est une immen fresque sonore. Cette fresque, av< babil
oppositions d'ombre et de lumi est peinte avec une puissance incontestable. S vont. elle est d'un coloris sombre, d'une harmonis tien abrupte, bien appro] la I ne
horreur des forêts druidiques, à lei -nglants mystères, à la t triste atmospfr
<!<> brouillards qui enveloppent, presque constamment, cette scène où les mœurs eel tiques revivent sous dos yeu ■•• une intensité. Les parties guerrières sont trait* avec une énergie sauvage et la musique j impr< • d'une rudesse ]>ri i n i t i \ » * convenant bien à ces hommes qui ne craignaient non, sinon <lo ne pouvoir soutenir le ciel avec leurs piques -'il venait à tomber sur leurs
L'acte I il est | ;<; d'un important lude cb de nous dép de la défaite. Un nouveau leiti celui du
s'y trouve exposé, p. 29G, m. 5, par tous les instruments graves. Il forme la base principale de ce fragment symphonique ainsi que des premières pages de l'acte, alors que de lointaines voix lancent des appels de détresse. Une variation du motif originaire (4) apparaît p. 304, m. 2 et p. 306, m. 2. Le mém<> thème revient, sous une forme définitivement changée et tout empreinte de résignation, p. 307, m. 1 et suiv., au milieu d'harmonies d'une indicible tristesse, à l'accompagnement de la scène muette où Fervaal est sur le point de se frapper avec son glaive. L'une des formes du motif Druidique (7) et le thème de Y Affection (17) soulignent la recherche anxieuse d'Arfagard parmi les cadavres. Le lento de Fervaal, p. 309 : Terrible nuit... est d'une déchirante expression. Le récit du combat est accompagné p. 310, m. 14 et p. 311, 312, par une intéressante amplification du motif du Désespoir (24). Les belles harmonies qui enveloppent le motif de VOrigine (4) au lento de la p. 313 méritent une mention particulière. Le thème des Temps futurs (21) revient p. 314, ni. S. Le chant d'Arfagard, heureux du sacrifice volontaire de Fervaal, est l'un des passages remarquables du dernier acte.
Tout au début de ce fragment, p. 315, les violons ramènent la dérivation du thème de V Affection (17) citée au premier acte, p. 26.
Ce dernier thème reparaît, même page, m. 15 stuiv., chante parles violoncelles, al ue ta clarinette et les flûtes déroul b,
an tendre succédané harmonique du motif. Dans les pages qui suivent, la pin tueuse (17) reparaît fi aiment, ainsi que i thèmes Druidique (7), de VOrigine < I .
du Renoncement à F amour (9). Les Harn nies de VOracle (1-1) se fonl réentendre paj 318, m. 9, lo ; le thème de B mt
p. 319, m. 11, 12, et p. 320. Au moment Àrfagard s'apprête à frap tal de -
large couteau, p. 321, m. 1 <it suiv., ; rorçhestre, une superposition des m< lu
Sacrifice (22) et de la Mort (19). Le thème <i\l///o//r (il) est rappelé p. 322, m. Il, 12, quand la voix de Guilhen ai F
il. IV 23, m. 1 . 2, le thèm ' du s rific< l'ait entendre un rythme heurt/'.
Me transformation reparaît encore qua
Fervaal frappe .\rf . i 'endant l
discussion entre le jeune h unm il
lard, les motifs Druidiq 7), du R
eni (9) et de VA " I 1 1 ) dial al entre eu
Une transformation du thème du l et les premières n hromatiqu lui de
1\ Ymour (11) retentissent à PenI ( îuil-
hen. l'n dernier leil ■ jour, p.
m, 24, aux h tutbois et tu
trait a la Souffrance de la jeune Sarrazine mourant
25 ^ » y r Tf wp^^
thème el ceux de IMmoar (11), du Av //^rc? (6), de la Mort (19), forment le commentaire symphonique de la scène désespér qui aboutit à la mort de Guilhen. Les passages les plus saillants de ce duo suprême sont: le pin animato de Fervaal : Viens sur mon sein /... : la plainte de Guilhen, p. 334 : Ah ! ne dis pas ces douces paroles...; l'exclamation de Fervaal. p. 338. 339: Je ris en songeant aux douces ivresses...; la répétition, par Fervaal, de l'exquise mélodie chantée par la jeune fille au premier acte: Dans ton chaud pa on nait le soleil ; le lento de Guilhen, p. :i ! Plus jamais je n'entendrai ta voix...; enfin. les regrets «le la Sarrazine p. 319 : Libre j'étais, F Amour m'a faite escUwe.., Une transformation du motif de Guilhen (5) est à
-rnaler à l'accompagnement de ce dernier pas
Le désespoir de Fervaal3 devant les cadavres de son père adoptif <it de sa maîtresse, est d'une grandeur véritable. La phrase, p. 356: Fis donnant tous ceux que j'aimais, soutenue par des harmonies tragiques, i ;uperbe.
Dans la scène d'hallucination quand Fervaal
prend les t iches d g pour le
thème langoureux du Jardin | 1" est ramené, l>. 360, m. .'i et suïv.j par une intention d plus heureuses. Le leitmotiv de Soujfra* !5), en valeurs augnn lui du 1
gard ((5) reviennent p. 361, m. * Mais v«»iei qu'un chant mystérieux, i \ murmure de voix lointain- sur le
thème des Tei %tucri \ trois :
chœur se fait entendre. La trois fois, une adorable phrase chantée par F< vaal, p. 368 : 0 . pà le
tez, lointaines,... >«* déroule sur le br ment plus pi \. Les thèm< la
Mort 1 19) el de l'Amour 1 1 1 j reparaissent en 1 «-1 31 lui de la .
p. p ndant, IV qui
s'apaise subitement Une lueur ote les plus hauts nuages : le 'haut m tne plus distinct. Fei \ aal, illumû v l.' triomphe de la religion d' iui el la mort des an< lieux inl qu'il .
vit, avec son pi ix fai . l< - mmel i
mont rapprochent dr plus
rn plus el I»1 thème d I ,
dévelopj . une magnil dans toute sa beauté, al le 1
pleine voix, lance, sans . un hj mi
Leh( lumière du jour de> ienl de pi i plus cl
Le motif de Bélen (23), déroule, p. 383, 384, 385, son chant majestueux. Celui de YOrigine divine (4) sous une forme consciente et calmée, éclate par deux fois p. 384. Le thème d'Amour (11) formela conclusion de l'œuvre. Il reparaît p. 385 et 388, proclamé, par tout le quatuor et les cors , sur des trilles des instruments de bois traversés par de vives gammes des harpes. Au moment où tout le paysage s'enflamme aux premiers rayons du soleil, le rideau se ferme, sur l'affirmation ultime et triomphante de ce dernier leitmotic.
Fervent admirateur de Wagner, reconnaissant, hautement et sans détours, le grand musicien allemand comme l'un de ses maîtres, — l'autre fut César Franck, — M. Vincent d'Indy a voulu faire et a fait une œuvre wagnérienne.
Wagnérienne, cette partition Test à double titre, comme poème, comme musique.
Dédaignant les titres d'opéra ou de drame lyrique, d'Indy a carrément dénommé Fercaal, action musicale. C'est la traduction d'HANDlung, titre donné par Wagner à Tristan et Yseult et aux drames de la Tétralogie. L'auteur de Wallenstein a choisi un sujet purement légendaire, avec une importante partie
théogoniqiu'. Par quelque sono âges de la nouvelle oeuvre offrent analogies avec des héros \\ >onn
Parsifal et Fervaal ont des points de i :nblance; ils diffèrent pourtant d'une façon c pitale. Tous les deux doivent réa à la
femme pour accomplir une œuvre de rédemp tion et de salut ; mais Parsifal, seul, >pur. Fervaal succombe et, dans sa chute, il entraîne son pays. Au point de vuescénique, on peut comparer aussi Kàito à Erda, Arfagard a < rurnemanz et à Wotan.
s )iis le rapport exclusivement musical. l'œuvre, basée, comme je viens de le démontrer, sur l'emploi constant et i tné des leitm . est, dans l'ensemble, d'un style trè gnérien. Les thèmes conducteui - M. d'Indy sont développés, transformés a\ une habileté consommée, une ais ie,
Ils forment une trame symphonique des pi
OUI rée par la main d'un mus
dont la technique ne peut être Au point de vue harmonique, la partition de Femaal est d'un Intérêt puissant ; elle parfois des audaoes curieuses, des étrau toujours sauvées par la malt laquelle
eih ni amenées, J'ai eu le plaisir de lire 1 1 partition d'orchestre. L'instrumentation i qu'on pouvait attendre du id mu n qui igné ces œu d'un coloi it,
d'une si admirable polyphonie, qui ont nom le V liant de la Cloche, Wallenstein, la Forêt enchantée, Sauge fleurie (1).
Après l'exécution d'un fragment du second acte aux concerts de l'Opéra, plusieurs critiques ont accusé Fervaal de manquer de personnalité. Pour être très franchement wagné rienne, l'œuvre pourtant ne me semble pas mériter un pareil reproche ; elle a, en effet. >s côtés bien à elle. Les nombreuses mélodies confiées,, tour à tour, notamment au Prologue et au premier acte, à Fervaal et à Guilhen, ont toutes une physionomie originale, un charme bien personnel: elles ne doivent rien à Wagner. C'est ce que la connais sance approfondie de la partition prouve d'une façon évidente à tous les esprits non prévenus.
Une légende, habilement répandue, d'ailleurs, par certains confrères impuissants et jaloux, veut que d'Indy soit un impassible.
(1) M. d'Indy a employé dans Fervaal un orchestre très complet. On trouvera peut-être intéressant d'en connaître l'exacte composition. La voici :
Instruments à bouche
et à anche
4 flûtes OU petites Hùles.
•*) hautbois.
1 cor anglai
\ clarinettes, dont La clà:
ri nette )>;iss.' jouera
aussi la partie de clarinette contrebas*
\ bassons.
4 saxophones (sur la ne).
un artiste aux aspirations èh L'une
ience incontestable, mais d'une ins] on froide, sèche et incapable de jamais rendre \<>< ardeurs de la passion. Après Feroual^ il est difficile à cette légende d'avoir cours plus longtemps. La brûlante scène d'amour du premier acte, où la Chair finit par triompher de l'Esprit, est une victorieuse ivpnn-r du musicien a -><'- détracteurs.
Fervaal, œuvre sincère, a été compo dehors de toute préoccupation autre que celle de la st ri<-t< ' réalisation de l'Idéal poursuivi. D'Indy, en écrivant son « action musicale n'a nullement pensé au théâtre qui la jouerait, au public qui serait appelé a l'apprécier. À sujet, je veux citer un fragment d'une lettre qu'il m'écrivit au lendemain du concert • l'Opéra, ru réponse à un moi do blâme, qu'<
Instruments " eml
ï cors en fa*
î trompettes en ut,
bugles on saxhorns î trombom 1 tuba.
l bombardon.
\ cornet à bouquin.
Battei 1 paire de timbal< s
Triangle, cyml ng, 9 tam-tam.
s harpes.
l<» ait
10 violoncell
toute franchisa, je lui avais envoyé touchant .son consentement à une exécution fragmentaire de Fervaal, sans le prestige de la scène :
« Si j'ai laissé donner un fragment FOpéra, c'estque... comment expliquer cela?., je n'ai pas la coquetterie de la présentation de mon œuvre au public. Je crois que le principal et le vrai rôle de l'artiste est d*> faire l'œuvre, et, une fois qu'elle est faite, terminée, que l'œuvre soit peinte, sculptée ou gravée, en un mot} du moment que l'œuvre existe, l'artiste peut se désintéresser absolument de ce qui arrivera ensuite. Si l'œuvre est bonne et belle, elle vivra complète, ma/r/ré les mutilations et les outrages des marchands d'art ; si elle est mauvaise, ce ne seront point des soins méticuleux de présentation, de vêtefnents riches qui la sauveront de l'oubli.
Ces belles lignes, que Vincent d'Indy ne m'en voudra pas, je l'espère, de divulguer, peignent bien son caractère de probe et \wv artiste.
Quelque soit l'accueil réservé par le public a. Feroaal, l'œuvre, comme conception, comme inspiration, comme exécution, n'en restera pas moins haute et noble.
Nantes. — \n\\. !•'. Salièr du Calvaire, 10.