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Fête à Sainte-Rose (dans le comté Laval) le 3 septembre 1895 [microforme]

Par lhonorable Gédéon Ouimet, ancien surintendant de lInstruction publique et Conseiller Législatif, à l'adresse qui fut présentée, au nom des citoyens de Sainte-Rose, par le docteur E, Ouimet, maire du village, aux enfants de la paroisse qui résident en dehors,

a leur arrivée à Sainte -Rosc.

Monsieur le Maire et Messieurs :

Je ne n'attendais pas à être appelé à répondre a votre bienveillante adresse, mais, puisque l’on ma honoré de cette préférence, je me rends volontiers à cette demande.

Convié à cette fête de famille, par un des enfants de Sainte-Rose, qui a bien voulu me

LCANCA A

des dire que ‘j'étais le doyen des hommes de Sainte- Rose en âge, en honneur et en dignité ”, et, par cette gracicuseté, me rappeler que je devais accepter cette chaude invitation, je me suis rendu ici pour rev.ir encore une fois, avec vous, ces lieux qui ont fait les délices de nos Jeunes années, et pour remercier ceux qui ont bien voulu penser à nous dans cette cirsonstance,

C'est la fête du souvenir. Oh! qu’il est bon, qu’il est doux de se souvenir, qu’il est intéressant de jeter un regard sur le passé, de revivre quelque peu dans le bas âge, de retremper son âme dans ce qui vous à le plus charmé, le plus consolé et qu'on a le plus aimé. Le lieu, l'endroit, le champ, la côte, la concession, la paroisse qui fut notre berceau conservent toujours leur importance et leur place dans notre cœur et nous pouvons dire avec le poète:

Un jour, il sera bien doux de se souvenir,

Le village de la paroisse à bien changé, depuis que j'ai quitté ces lieux alors si modestes dans leur apparence, et nous contem plonsmaintenant, a sa place, un charmant village qui ravit l'œil par son élégance et par sa coquetterie. Il est devenu un lieu de repos et de confort pour un grand nombre qui laissent le bruit de la ville pour vivre, ici, dans le calme, et jouir de tous les charmes de cette belle nature. L'église, la bonne et pieuse église d'autrefois, a fait place

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ñ un temple aux élégantes proportions. Le vieux cimetière à disparu et, de tout cela, il ne reste, comme souvenir, que le lieu, l'endroit où ils étaient placés. Il y a, cependant, à ma grande satisfaction, un site qui n’a pas changé, et que je retrouve à peu près dans le même état où il était en 1836, lorsque je l’ai quitté pour le collège et que j'ai abandonné définitivement en 1838. Ce lieu, ce site, c’est la Petite Côte... La Petite Côte... Oh! vous n’en connaissez pas tous les charmes, et vous croyez peut-être qu'elle ne me causait point d'émotions? Détrompez-vous, car elle fut le lieu, le nid de ma naissance, C’est là que je baisai avec amour, pour la première fois, ce bon père, cet homme vénérable, ce patriarche qui avait nom Jean Ouñaet, dont la conduite fut aussi droite qu’elle était intègre. Ce laboureur infatisable, ce travailler de tous les jours qui ne connaissait que le chemin du devoir et celui qui conduit à l'église. Et cette mère si courageuse, si aimante, si caressante, dont le sens droit et le Jugement solide conduisaient la maison avec discernement, et avec une autorité aussi douce qu'énergique. Tous, dans cette maison, pére, mère et enfants, y étaient heureux. Chers parents, à tant d’'années de distance, du haut du ciel, dans ce séjour que vous avez su mériter par l’accomplissement de tous vos devoirs, vous savez que mon cœur aimant n’a pas cessé un instant de se rappeler votre bonté, votre patience, votre indulgence et

surtout vos bons exemples qui ont été la force et le soutien de votre nombreuse famille.

la Petite Côte a une longueur de quatre milles environ. Le sol y est de bonne qualité et l’on peut dire que ses habitants y vivent à l'aise. Les maisons sont, à quelques exceptions près, les mêmes qu’elles étaient il y à cinquante ans; pourtant on y voit, aujourd’hui, d'assez jolies résidences. Notre terre, qu'occupe Thomas Ouïmet, mon neveu, na pas subi d'améliorations, et, pourtant, comme je la revois toujours avec plaisir! Que j'ai passé des jours heureux sur ce coin de terre qui me rappelle tant de bons et suaves souvenirs d’un passé sans trouble, sans angoisses et à l'abri de toute inquiétude.

Nos voisins étaient alors M. Jean-Baptiste Cousineau qui, je crois, n’a laissé aucun survivant de sa famille sur sa terre; M Valiquette était notre autre voisin, la famille Fleurant, celle des Labelle, de mon oncle Antoine Goyer- Belisle, des MM. Desjardins, de Garçon Meilleur, des Lapierre, des Girouard, des Cloutier, Vaillancourt, Beaupré et quelques autres y ont encore des représentants, je pense.

Les MM. Cloutier étaient des citoyens notables de la Petite Côte; que de fois je suis allé dans ces familles si polies, si aimables. Comme on y était bien accueilli.

Mon oncle Antoine Belisle et son fils aîné étaient des citoyens honorables, et il y a encore

quelques uns des enfants qui leur survivent.

Leur fils Antoine avait épousé la fille du capitaine Poitevin, et leur fils qui leur survit, est bien conuu et très estimé duns la paroisse,

Dans ces temps déjà si reculés, il existait une pratique qui, je l'espère, se continue encore, celle de payer à son curé la dîme du grain, c’est-à-dire le vingt-sixième minot de tou: grains de la récolte de l’année. Or, comme je fus le vingtsixième enfant de mon pere, j'appartenais, paraît-il, au curé de la paroisse par le droit d'assinilation, je suppose?

A cette époque, en juin 1825, c'était le vénérable et vénéré curé Bélair qui dirigeait Ja paroisse et qui m'adopta comme un fruit d'une dîime variant dans la forme, mais non dans la qualité; et je me rappelle que, vers l'âge de six ans, ma mère me conduisit chez ce bon prêtre qui me montra alors la couchette dans laquelle je devais reposer, % car, ditil, quand tu viendras à l’école, cest ici que tu resteras 7, Il paraît que cette invitation ne me plat qu'à demi et que je répondis: ‘ Bien! mais maman viendra aussi! ” Cette proposition, quelque peu insolite, fit rire ce bon prètie. Toutefois, 11 fut décidé que je deviendrais son enfant d'adoption. Que serait-il advenu de cette bienveillance du généreux curé? Je lignore, mais Jaime à croire que c’eût été pour le mieux.

Quelques années plus tard, le curé se cassa une jambe en tombant de voiture, je crois; et Je

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me souviens de l'énoi et de la douleur que causa cet accident, non-sculement dans la Petite Côte, mais aussi dans toute la paroisse, douleur qui ne fut égale que jar l'événement de sa mort arrivée peu de temps après cet accident.

M. Bélair à Russé des regrets bien vifs, et je suis CONvaincu que sa mémoire est encore vénérée. Il appartenait à cette phalange de prêtres qui existaient alors et qui étaient l'ornement du clergé, c’étaient MM. Brunet, de Saint-Martin; Ducharme, de Sainte Thérèse ; Saint Germain, de Saint-Laurent; Pâquin, de Saint. Eustache; Lefebvre, de Sainte Geneviève; Félix, de Saint-Benoît, ete Ces prêtres étaient des savants et plusicurs d’entre eux ont laissé une réputation d’orateurs distingués. C’étaient surtout de bons et vertueux prêtres, ct c’est ainsi que j'en entendais parler dès lors. Que de bons exemples à mettre sous nos yeux!

Dans la Petite Côte, on avait l’habitude, chaque beau jour d’été, de faire une procession qui se recrutait des membres de chaque famille échelonnée sur son parcours; et, arrivée vers le coin de la Montée qui conduit à l’église, la procession s’arrêtait pour réciter le chapelet et y faire la prière du soir.

Vers 1830, on décida de planter une croix à cet endroit, sur la terre de M. Legault.

Deslauriers, qu’on connaissait sous le nom de Francet Deslauriers. Ce fut M. le curé Bélair qui vint bénir là croix et présider à son éléva-

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tion sur le terrain qui lui était destiné. Grande fète et bien touchante cérémonie, comme toutes celles que fait l'Église, d’ailleurs: le respect pour cette croix était aussi sincère qu'il était mérité, Cliaque soir, le rendez-vous de la pro: cession se faisait à la croix, où nous nous agenouillions pieusement pour remercier Dieu de ses bontés et appeler ses bénédictions sur nos familles et sur nos terres. Cette privre, comme l’encens qui parfume, montait vers le Dicu de toutes les bontés. Combien nous étions édifiés de voir nos vieux parents et tous ces chefs de famille si recueillis et si pieux! Quels exemples, quelles leçons pour l4 jeunesse!!!

C'était Mme Poitevin qui récitait les prières — car elle savait lire — et il me semble encore l'entendre, et voir le capitaine Poitevin, son mari, qui dominait cette réunion de sa haute stature et l’édifiait par sa tenue respectueuse. Et puis, c’étaient les MM. Desjardins, Bernard, Lerage, Legault, David, Valiquette, Cloutier et autres qui ne manquaient pas de faire partie de la procession,

Depuis nombre d'années, la croix à disparu, et je le mentionne pour exprimer toute la peine que j'ai ressentie de ne plus revoir cette chère croix, que l’on devrait remplacer par une autre, au même endroit ou dans ls environs, Je laisse l'exécution de cette suggestion aux personnes bien disposées de la Petite Côte, qui trouveront une bien grande satisfaction à prier ainsi, en

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commun, et à feuilleter, dans la prière, ce livre du passé si consolant pour nous. Car, comme nous, ils trouveront que les champs seront plus beaux, la nature plus riante, la moisson plus abondante et les infortunes plus supportabies, si on à soin, aux pieds de cette croix, de tout rapporter au Maître de toutes choses. Tout cela est dit sans aucune intention de faire de peine à ui que ce soit.

Pour nous rendre à lécole du village, la seule qu'il y avait alors dans la paroisse, sous la direction de M. Piché, instituteur, il nous fallait traverser toute notre terre et celle de M. Jean-Baptiste Saint-Louis, sur laquelle «se trouvait un petit bois de trois ou quatre arpents de large; et c'était là le grave obstacle, car ina sœur et moi avions unc peur bleue de frar.chir seuls ce malheureux bois, joint à cela probablement le faible désir que nous avions de nous rendre à l’école, et il fallait que notre bonne mère vint nous accompagner jusqu'a la Grande prairie avoisinant le bois, que nous nous mettions à passer en criant à notre mère de temps en temps: “ Maman, êtes-vous-là 7?

et, toujours, la réponse était affirmative. Toutefois, nous étions contents une fois ce grand danger passé. Je ne dois pas oublier non plus que, si le temps était mauvais, le dimanche ou les jours de fête, nous nous rendions à la messe, à pied, à travers champs; nous chaussions, à maison, nos souliers de bœuf et enveloppions

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soigneusement nos souliers français dans nos mouchoirs, afin de conserver leur lustre — ils reluisaient à nos yeux comme des soleils — et, rendus à la grange chez M. Saint-Louis, nous quittions les souliers de bœufs sous la clôture pour les remplacer par nos chaussures des dimanches, nos souliers français. C'était le nec plus ultra de l'élégance et de notre bonheur : et nous nous rendions à l’église.

La Petite Côte a fourni des hommes bien importants. Ainsi, M. Augustin Lemay dit Delorme, qui était un de nos chefs, et un chef habile, était le père de celui qui est devenu le révérend Augustin Lemay, prêtre, décédé, il y 4 un an, curé de Saint-Marc, prôtre vertueux et tout à fait exemplaire. Le révérend M.

Dagenais, aussi de la Petite Côte, à été un prêtre remarquable par sa science et ses vertus; il à été moissonné trop tôt, car c'était un ecclésiastique distingué sous tous les rapports. On me permettra bien de rappeler le nom de mon frère André, admis à la pratique d'avocat en 1835, je crois; il fut une des victimes de 1837- 38 et prit une place marquée au Barreau de Montréal. Il est décédé à l’âge de quarantequatre ans, en 1855. La carrière qu'il avait parcourue jusqu'alors faisait espérer des succès encore plus brillants, mais il a été rappelé trop tôt pour le bonheur de sa famille. Je puis dire que sa mort a été édifiante.

Je crois qu'un des enfants de mon oncle

Baptiste Ouimet, aussi de la Petite Côte, est mort ecclésiastique.

Ce n’est, certes, pas sans émotion qu" je revois les endroits 0* j'ai joué tant de fois, avec ceux de mon te.1ps, sur notre terre et celle de nos bons voisins.

Et la bénédiction paternelle du Jour de l'An au matin, puis je l'oublier! Non, car ce matinlà était une vraie fête de famille; et, des le petit jour, le premier qui se présentait pour recevoir Ja bénédiction, était mon oncle Baptiste, frère de père de mon père, qui n’a jamais manqué d'accomplir cet acte qu’il considérait comme un de ses plus importants devoirs. Puis venaient les enfants, les petitsenfants, les arrière-petits-enfants que mon père bénissait de tout son cœur, et, quand arrivait le temps de la messe, il y assistait et y communiait.

Les machines aratoires perfectionnées n’exisaient pas encore au temps dont je parle; Île foin était coupé à la faux, et les grains à ja faucille. Je puis bien avouer sans honte, que j'étais un triste coupeur, et que je n'ai jamais pu m’habituer à mener ma planche à bonne fin, ou en même temps que les autres. J'étais d’une paresse qui devait faire le désespoir de mes compagnons et compagnes de travail.

A M. Bélair succéda M. André Labelle, frère des MM. François et Jean-Baptiste Labelle, prêtres distingués sous tous les rap-

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ports. M. Labelle fut pendant quelques années notre curé, et il dut se retirer pour cause de maladie. Il fut remplacé par M. Magloire Turcotte, qui n’a laissé pour souvenir que celui de sa belle voix: il est vrai de dire qu’il avait un gosier de rossignol.

Le notaire de la paroisse était M. Michel Charest, qui, s’il n'était pas un homme tres instruit, était certainement, sous le rapport de la probité, un parfait notaire. Son père était chantre et, sans avoir.le gosier de M. Turcotte, il impressionnait son auditoire, lorsqu'il enton.: nait, de toute la force de ses poumons, le beau cantique: T'ravaillez à votre salut.

Franchement on laimait, lui, et son cantique.

Le marchand de la place était M. Nantel, qui était où lengagé ou l'associé de James Porteous, alors gros négociant de Sainte- Thérèse, le même qui bâtit un pont sur notre rivière, à l'endroit où se trouve aujourd’hui le pont du Pacifique. Avouons que lon n’a rien perdu au change. M. Nantel était un brave homme, possédant la confiance de toute la paroisse et il la méritait. 11 ressemblait à feu Mer Prince, qui était directeur du collège de Saint-Hyacinthe, quand jy suis allé, et je ne fais certes pas injure à Sa Grandeur en rappe- Jant son image, car, véritablement, M. Nantel avait un air de pontife assez marqué. Mme Nantel, sœur de M. François Dutrisac, aidait son mari au magasin, et il lui arrivait de

captiver les acheteurs par la prise de tabac qu'elle leur offrait avec une bonne grâce vraiement attirante.

Et le bon père Chartrand, ainsi que son excellente femme, dont -la maison était la maison de tout le monde, impossible de les oublier. C'était le lieu de réunion de chaque jour et, toujours de bonne humeur, ils accueillaient tous ceux qui se présentaient chez eux. Leur fille (Mifille) était également polie et aimable pour tous. |

Mon oncle Pierre Vézina et ma tante Séraphine étaient certainement du bon monde.

Mon oncle était un homme d'esprit qui passait volontiers plusieurs heures à raconter des historiettes à qui voulait les entendre, et le temps qu'il dérobait ainsi au travail, était loin de rendre ma chère tante de bonne humeur.

Un de ses frères était prêtre.

M. Leclair (garçon Leclair) était charron, et sa boutique était très achalandée; c'était un citoyen honorable, Ses fils ont bien réussi; l’un d'eux, Grégoire, avait été un de mes amis d'enfance. Il épousa une Delle Rousseau, remarquable par sa beauté et son élégance,

Charley Bellehumeur était le forgeron de la paroisse, et cette figure sympathique était bien venue de tous.

Je me rappelle de l'émotion causée dans le village à l’occasion de l’arrivée de Faustin Limoges, qui venait s'établir à Sainte Rose,

comme marchand, et où il réussit, pendant plusieurs années, à faire un assez fructueux négoce.

M. Labelle, père de Mgr Labelle, était aussi un citoyen intègre et chacun a gardé le souvenir de son fils, ce prêtre si justement populaire.

M. Paul Filiatrault, devenu prêtre, était le fils de Politaine Fi'iatrault. Ce prètre, vraiement exemplaire, est mort assez jeune.

M. Jean Debien, du bas de Sainte-Rose, n’était pas moins un citoyen respectable, de même que son fils et leur descendant, épicier à Montréal, qui fait honneur au nom.

Le capitaine Jean-Baptiste Kaint- Louis Filiatrault, ainsi que son fils, de même que les MM. Labelle, Chapleau, Cadieux et Augustin T'assé, un des chefs de la paroisse avec Augustin Delorme, tous deux amis dévoués de feu sir L.-H. LaFontaine, comptaient parmi les premiers citoyens de la paroisse; Misaanc Seers et son fils, les MM. Ouimet, aussi connus sous Île nom de Bastien, dont l’un, le père de l'honorable J.-A. Ouïmet, qui fait tant d’honnçur à sa famille, à son comté et à la province, tous ces citoyens étaient haut placés dans Pestime de la paroisse.

Je ne dois pas oublier de mentionner MM.

Basile et Jean Bélair, frères de feu le curé Bélair, dont j'ai parlé, non plus que mes frères Jean, Joseph, Amable, François et Casimir Ouïmet, qui ont toujours possédé la confiance de

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leurs co-paroissiens. I/un d'eux, François, était le grand'père du révérend Samuel Ouïmet, prêtre, curé de Saint-Jovite, et de Treflé Ouimet, aussi prêtre, curé de la paroisse de Sainte-Marie, dans la ville de Chicago. Leur père était connu sous le nom du Grand Ouiïmet, en raison de sa haute taille.

Je dois arrêter ici mes souvenirs, car je crains d’abuser de votre patience. S'il m'était permis de revenir un peu sur des temps plus rapprochés, j'aurais de bien bonnes choses à dire de plusieurs autres familles qui mériteraient une mention spéciale, et, cependant, j'ose espérer qu'il y à encore quelques contemporains qui éprouveraient de l'émotion en les leur rappelant; mais je ne dois pas oublier le regretté curé Brunet, qui à laissé une mémoire bien enviable, dans cette paroisse qu’il a dirigée avec tant de dévouement et un si grand discernement, 11 me faudrait parler aussi de mon ami le docteur McMahon, qui à joui de l'estime universelle de ses contemporains; des MM. Léonard, père et fils, hommes bien doués sous tous les rapports. Je ne puis certainement pas oublier le curé Bélair, décédé dans la

aroisse des Cèdres, y laissant un nom vénéré et dont les aptitudes administratives lui ont acquis la reconnaissance de ses paroissiens.

Le curé actuel de Sainte-Rosa, qui s’est prêté de si bonne grâce au déploiement de cette belle fête, mérite tous nos remerciements, eù il fait,

j'en suis certain, le bonheur de ses paroissiens,

L'idée de réunir dans yne fête commune tous les enfants de Sainte-Rose et d'y ériger, en même temps, une belle statue à la patronne, sur le portail de cette église, à été une heureuse idée, et j'en félicite les organisateurs. On tenait, surtout, je crois, à revoir ceux qui y étaient nés et que les circonstances avaient obligés d'aller vivre ailleurs. Il serait trés intéressant d'écrire l'histoire de cette paroisse déjà ancienne et qui à été proclamée comme municipalité vers 1845.

Que de belles choses à dire, dont plusieurs seraient palpitantes d'intérêt, car je suis certain que l’on aimerait à connaître ce qui s’y est passé, et c'est une curiosité bien naturelle de chercher à savoir ce qui à été fait, avant nous, dans les lieux que nous habitons, et cette curiosité croît avec l’âge et le temps, comme l'a dit un poète:

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